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    Economie

    Modèle de développement: Puiser dans l’héritage de Bouabid

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5604 Le 01/10/2019 | Partager
    60 ans après, les enjeux restent les mêmes
    Objectif: aboutir à une refondation du contrat social
    L’implication des bases dans l’élaboration du nouveau modèle est décisive
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    «Industrie, agriculture, enseignement, emploi,… 60 ans après, ce sont les mêmes thématiques qui sont d’actualité. Mais ce qui avait marqué cette période et qui manque aujourd’hui réside dans l’enthousiasme de la vision politique», a souligné Ali Bouabid (Ph. L'Economiste)

    Au moment où le Maroc se penche sur la refonte du modèle de développement, la Fondation Abderrahim Bouabid a puisé dans les idées défendues et les décisions prises par ce dirigeant socialiste il y a déjà 60 ans. Mais celles-ci gardent toujours leur pertinence. A l’époque, ces pères fondateurs s’étaient attelés à la création des grands établissements publics, avec la première expérience dans la construction de l’Etat moderne.

    Abderrahim Bouabid était alors ministre de l’Economie nationale et des Finances du gouvernement Abdallah Ibrahim alors président du conseil. Au cours de cette rencontre, organisée vendredi dernier à la CDG par la Fondation et animée par Ali Bouabid, le dirigeant de l’UNFP a été quelque peu évacué pour se concentrer sur les apports du fondateur de l’USFP. Ce sont 60 ans d’écart avec une période fondatrice marquée par des initiatives phares comme la création de la Banque du Maroc, la Samir, la BNDE, la BMCE,…

    Pour des intervenants, le contexte de l’époque exigeait le retour de la souveraineté économique et financière après l’indépendance politique recouvrée. Les dirigeants politiques voulaient construire un modèle de développement économique pour sortir le pays du sous-développement. La planification, perçue comme une construction solidaire pour un pacte social, a été incontournable, dit l’un d’entre eux.

    D’ailleurs, la Fondation a ressorti de ses archives l’exposé de Abderrahim Bouabid devant le Conseil supérieur du plan et son discours devant le Roi Mohammed V à l’occasion de la création de la Banque du Maroc (voir encadré). Les thématiques centrales de l’époque portaient sur le développement de l’industrie, de l’agriculture, l’artisanat, l’enseignement, l’emploi,… 60 ans après, ce sont les mêmes centres d’intérêts qui reviennent sur la table.

    Mais ce qui avait marqué cette période et qui manque aujourd’hui réside dans l’enthousiasme de la vision politique. L’un d’entre eux a rappelé que le modèle de développement n’était pas une technique mais un dispositif en mesure de faire revenir l’espoir. Profitant de cette situation, il a rappelé la nécessité de mettre à plat le système de gouvernance qui souffre de manque de cohérence.

    Replaçant le débat dans son actualité, Ali Bouabid a souligné que le Souverain a voulu placer la réflexion autour de «la refondation d’un nouveau contrat social. Le modèle d’aujourd’hui ne fait plus société». Le format du débat était original dans la mesure où la Fondation a choisi des jeunes et des moins jeunes pour intervenir à deux reprises différentes. C’est ainsi que l’assistance a été marquée par la pertinence des propos de Hassan Chami, ancien ministre et ancien président de la CGEM.

    Celui-ci a appelé à la nécessité d’une démarche participative sous forme d’implication des bases dans les débats pour l’élaboration du nouveau modèle de développement. «Quand les initiatives, confectionnées par les cabinets étrangers, viennent d’en haut pour qu’elles soient approuvées par la base, cela ne marche pas», dit-il en substance.

    Selon lui, le document de Abderrahim Bouabid reflète l’organisation politique du Maroc. A l’époque, le pouvoir était partagé entre la monarchie et le mouvement national. La problématique agraire avec la dualité entre l’agriculture moderne et traditionnelle est identique à la période où les grands propriétaires terriens étaient des étrangers, indique-t-il. Hassan Chami a également épinglé les structures administratives qui n’ont pas évolué.

    «Le dogme, je décide, vous exécutez, même si les choses ne marchent pas, est toujours en cours», dit-il. Pour convaincre, il cite l’exemple des documents exigés et qui différent d’une conservation foncière à une autre, entre Casablanca, Rabat, Fès,… «Tant qu’on ne s’est pas investi dans la réforme des structures administratives au profit des citoyens au lieu de l’Etat, on n’arrivera pas à grand-chose». Il est impératif de «résoudre ce problème qui pénalise les entreprises qui doivent remonter toujours à Rabat».

    Par ailleurs, Fathallah Oualalou était intervenu à deux reprises, avant lui. Ali Bouabid n’a pas dissimulé sa déception de constater qu’il a oublié qu’il était ministre de l’Economie et des Finances. Même remarque qui vaut pour Mohamed Al Achâari, en charge de la Culture. Dans leurs interventions, les deux ministres n’ont pas abordé leurs expériences. «Ils se taisent, sans prendre position sur telle ou telle question.

    En se taisant, ils ont des chances de redevenir ministres», a-t-il noté. Le délégué général de la Fondation saisit cette opportunité pour relever trois traits fondamentaux de son père. Selon lui, Abderrahim avait une éthique d’un engagement désintéressé. «En politique, on attend de vous la sincérité et non la vérité. Ils croient ce qu’ils disent».

    Le deuxième trait est une sorte d’éthique mystique de l’intérêt général. Il était habité par la fonction et l’amour du pays. Dernier trait, l’autorité est connectée à la responsabilité.

    La monnaie au cœur de la politique

    La création de la Banque du Maroc a été l’un des moments fondateurs du Maroc indépendant. Dans son discours devant le Roi feu Mohammed V, Abderrahim Bouabid alors ministre de l’Economie nationale et des Finances, n’avait pas dissimulé sa fierté de contribuer à sa création et de réaliser «le vœu de tout le peuple marocain». Pour lui, «la création d’un institut d’émission de la monnaie est un acte décisif dans la vie d’une nation. Elle est tout d’abord l’expression élémentaire de l’indépendance politique et économique d’un Etat moderne. Elle est un attribut indispensable de la souveraineté, une composante essentielle de la notion même d’Etat. Depuis des siècles, depuis des millénaires, le droit de battre monnaie est le droit régalien par excellence». Selon lui, «la monnaie est au centre de la politique. La reprise du pouvoir monétaire devenait dès lors notre premier objectif. Il pouvait intervenir dans une situation assainie et stabilisée. La nécessité désormais urgente d’une politique monétaire au service de l’équilibre social et de l’expansion économique rendait impérative la solution de ce problème».

    M.C.

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