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    Tribune

    «Qu’est-ce qui tue le plus? Un mauvais gouvernement!»

    Par Pr. Ali BENMAKHLOUF | Edition N°:5580 Le 28/08/2019 | Partager

    Le philosophe Ali Benmakhlouf, spécialiste de la logique et la pensée arabe, ici lors d’une causerie religieuse de Ramadan devant SM le Roi Mohammed VI. Benmakhlouf enseigne à l’Université de Paris-Est Créteil à l’académie de pharmacie, etc. Il est membre de l’Institut universitaire de France qui regroupe un ensemble d’enseignants-chercheurs sélectionnés par un jury international pour la qualité exceptionnelle de leurs recherches. Le présent texte est appuyé sur la participation à l’Université d’été de la CGEM  

    Où mettre la limite entre les droits politiques de base, et les droits économiques et sociaux, comme, par exemple, le droit d’accéder aux meilleurs soins possibles?

    «Parmi les maladies qui tuent les pauvres, aucune n’est aussi mortelle que les mauvais gouvernements», déclarait en 2002, lors de la conférence de Barcelone, le président de la société internationale du sida. Les discriminations sociales et le non-respect des droits fondamentaux de l’homme sont directement liés aux causes de mortalité et de morbidité.

    Inégalités cumulatives

    L’inégalité d’accès aux soins est cumulative: il y a les déterminants sociaux comme le revenu, l’éducation, le travail, l’environnement, le mode de vie, l’accès au soin, et des déterminants de santé comme les infections de l’enfance, la nutrition, les vaccinations.

    Très vite il apparaît qu’une frontière nette ne peut être tracée entre ces deux types de déterminants. En complexifiant un peu plus ce modèle, notons qu’il y a non seulement des «inégalités par omission», «liées à l’inertie d’un système de santé qui méconnaît les inégalités et n’a aucun projet de rattrapage», mais aussi des inégalités par construction, liées à «l’absence de prise en compte des inégalités de santé dans l’élaboration de certains programmes institutionnels ou recommandations de pratique médicale», souligne Pierre Lombrial dans son étude sur le système de soins et les inégalités sociales de santé.

    Ajoutons encore un facteur de complexité: on parle de différentiel d’exposition dans le cas d’un état de santé comparativement dégradé (notamment dû à la pollution environnementale) et d’un différentiel de vulnérabilité dans celui d’un moindre accès au soin (populations défavorisées). Comme le dit Sérerine Deguen, ce sont les plus défavorisés qui ont la plus grande exposition aux dégradations environnementales.

    N.B. Ces analyses ont été développées dans un rapport du Pr. Benmakhlouf, remis au CNDH (juste avant d’en devenir membre). Le rapport est intitulé «bio-éthique et droits humains». Il est le résultat d’un travail mené dans le bureau international de l’Unesco et lors de rencontres répétées avec les comités locaux d’éthique des établissements publics de santé (Casablanca, Marrakech, Oujda, Fès, Rabat, Agadir).

    La bioéthique se rapporte aux questions éthiques liées à l’interface entre les technologies et le vivant: le domaine médical et les innovations biotechnologiques restent son champ de prédilection.

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    Qu’appelle-t-on «droits de seconde génération»?

    La Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) de 1948 parle dans son article 25 du «droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires». S’y ajoute le Pacte des droits économiques et sociaux de 1966, en son article 12. Il dit que les États parties reconnaissant «le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’elle soit capable d’atteindre».

    La force de la DUDH est sa capacité d’élargir les droits. Y sont mentionnés non seulement les droits politiques de base, mais aussi le droit au travail, à l’éducation, la lutte contre la pauvreté, le chômage.

    Ces droits sont dits «droits de seconde génération», welfare rights ou droit aux allocations.

    La critique formulée sur la faisabilité des droits sociaux peut être retournée. «La non-concrétisation ne fait pas d’un droit un non-droit. Elle motive la poursuite de l’action sociale» exige le prix Nobel Amartya Sen dans son livre «L’idée de justice».
    Il s’agit de donner à des droits comme l’accès aux soins et à la prévention un statut de «biens publics globaux», soustraits aux lois du marché.

     

     

     

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