×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Alerte sur la croissance

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5549 Le 04/07/2019 | Partager
    2,4% au troisième trimestre, selon le Haut commissariat au plan
    Le PIB subit les contrecoups du repli de la valeur ajoutée agricole
    Petite hausse de la demande adressée au Maroc
    croissance_investissement_5549.jpg
    La formation brute de capital a augmenté de 2,8% au deuxième trimestre 2019, au lieu de +2,6% un trimestre auparavant. Sa contribution au PIB a atteint 1 point contre 0,8 point à la même période de l’année dernière. Cette évolution est attribuée en particulier à la hausse de l’investissement en produits industriels. L’investissement en travaux publics reste sur une tendance haussière. Dans l’immobilier, il pâtit de la faiblesse de la demande adressée au logement résidentiel

    A moins d'un miracle, la croissance ne risque pas de décoller au troisième trimestre. Les prévisions du Haut commissariat au plan (HCP) pourraient encore une fois susciter de vifs débats. La croissance du PIB ne dépassera pas 2,4% contre 3% à la même période de l'année dernière. Dans ces conditions, il ne faudrait pas s'attendre à une création importante d'emplois ou à une amélioration du taux d'emploi. Découragée par les offres sur le marché, une frange importante  de la population active pourrait encore une fois se retirer du marché de travail.  
    Au troisième trimestre, la croissance économique sera impactée par le repli de 2,5% de la valeur ajoutée agricole. Les agriculteurs risquent de se retrouver dans une situation financière délicate puisqu'ils devraient composer avec la hausse des charges induite par l'augmentation du prix des aliments destinés au bétail, notamment l'orge et la paille. Car les disponibilités en affouragement de l’orge local se seraient sensiblement repliées en raison de la chute de sa production de 57,4% au terme de la campagne agricole 2018/2019. 
    L'activité hors secteur agricole reste néanmoins dynamique: Une croissance de 3,2% au troisième trimestre contre 3,3% l'année dernière. Elle était de 3,8% au premier trimestre de l'année avant de ralentir à 3,4% trois mois plus tard sous l'effet d'une décélération de la valeur ajoutée du secteur secondaire. 
    Le PIB non agricole profiterait de la demande mondiale adressée au Maroc qui devrait progresser de 2,9% en raison notamment des mesures mises en place dans la zone euro avec le relèvement des salaires et des allocations familiales ainsi que les baisses d'impôts. Cette hausse de la demande adressée au Maroc va bénéficier en particulier au secteur secondaire dont la croissance s’établirait à 3,1% et celle du secteur tertiaires à 3,2% contribuant ainsi pour 1,6 point à la croissance globale du PIB. 
    Au deuxième trimestre,  la demande étrangère adressée au Maroc avait également bénéficié de la hausse des importations des pays de la zone euro. Elle a pris 3,2% durant cette période. Hors phosphates, les exportations de biens ont progressé de 11,3% au deuxième trimestre 2019. L'aéronautique et l'électronique ont contribué pour plus du tiers à l'amélioration des exportations, suivies des produits agricoles et agro-alimentaires. Le secteur automobile, en revanche, n'a pas enregistré une forte progression de ses ventes à l'étranger. Il est marqué par une baisse de cadence pour le segment construction alors que le segment câblage est en hausse en raison de l'évolution favorable de la demande extérieure qui lui est adressée. Les phosphates ont également connu une évolution contrastée: hausse des ventes de l’acide phosphorique, repli des  phosphates bruts et quasi-stagnation pour les engrais.  
    Malgré la légère amélioration enregistrée à l'export,  ce secteur souffre de faiblesses qui doivent être rapidement traitées. Aujourd'hui, 80% des exportations sont réalisées

    croissance_pib_agricole_5549.jpg
    La valeur ajoutée non agricole augmenterait à 3,2% au troisième trimestre contre 3,4% au deuxième trimestre et 3,8% un trimestre plus tôt. La croissance globale est impactée par la baisse de la valeur ajoutée agricole

    par 5% des entreprises. Et près de 5.000 opérateurs s’activent à l’import contre 1.500 exportateurs. La contribution des échanges à la croissance reste marginale, avec un effet négatif sur l’emploi. Car, pour la plupart des 4.000 produits qu’exporte le Maroc, la valeur ajoutée s’opère à l’extérieur. «C’est pour ces raisons que le pays doit s’engager, plus que jamais, dans un effort  d’industrialisation», avait relevé Habib El Malki,  président du Centre marocain de conjoncture, lors  de la journée dédiée au modèle d’exportation à l’horizon 2025 (cf. L'Economiste N°5545 du 28/06/2019).
    De leur côté, les importations ont progressé de 9,1%, soutenues par l'accroissement de la demande intérieure. Elles sont marquées par les achats des biens d’équipement, les produits alimentaires et les produits bruts.  La hausse des cours des produits énergétiques sur le marché mondial (avril et mai) a renchéri la facture énergétique, laquelle a contribué pour près du tiers à l’augmentation des importations totales. Elle a ainsi pesé sur la balance commerciale dont le déficit s'est creusé de près de 6%. 

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc