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    Formation de leaders: L’UM6P veut inventer de nouveaux modèles de travail

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5547 Le 02/07/2019 | Partager
    L’université lance la 1re Ecole de l’intelligence collective
    Objectif, former une génération qui ose aller plus loin dans les projets de transformation
    Un master en partenariat avec le MIT, le premier de son genre, dès 2020
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    L’Ecole est à la recherche des profils atypiques, hybrides et hétérogènes qui viennent de partout: des villages, des villes, des quartiers populaires…, insiste Lex Paulson, directeur de l’Ecole de l’intelligence collective (Ph UM6P)

    C’est au sein du campus de Benguerir de l’Université Mohammed VI polytechnique que la 1re Ecole de l’intelligence collective dans le monde va voir le jour. Elle aspire à produire une nouvelle génération de leaders et de professionnels, capable de mener des projets de transformation dans un contexte où les complexités ne cessent de s’accélérer et repenser des modèles plus inclusifs et adaptés aux enjeux mondiaux. Entretien avec son directeur, Lex Paulson.
     
    - L’Economiste: Pourquoi une école d’intelligence collective? Et pourquoi à l’UM6P?
    - Lex Paulson:
    Il y a 100 ans, alors qu’il n’y avait pas d’école d’urbanisme et là où la demande était forte, la complexité des villes a forcé économistes, architectes et urbanistes à se rassembler pour créer des écoles. Aujourd’hui, l’on traverse les mêmes moments avec l’intelligence collective. Les modèles de gouvernance dans le secteur privé et les politiques publiques qui ont hérité d’un siècle de gestion exclusive n’arrivent plus à faire face aux complexités économiques et sociales. Et on expérimente aujourd’hui dans le monde entier comment inclure les collaborateurs, les ouvriers, les citoyens dans l’analyse pour mieux comprendre les enjeux et imaginer ensemble des solutions inclusives et efficaces. L’Ecole va justement proposer une formation exclusive pour une nouvelle génération de professionnels, capable de mener des projets de transformations. Et on a l’avantage à l’UM6P de penser la discipline, ses recherches et surtout aller vers la pratique. 
     
    - Concrètement, quelles seront les disciplines enseignées et à qui va s’adresser cette formation? 
    - Nous avons rassemblé des chercheurs en sciences cognitives, des philosophes, des experts dans la démocratie, les chercheurs en sciences prévisionnelles pour imaginer ensemble ces nouvelles disciplines. Les enseignements vont s’inscrire autour de trois axes: les sciences cognitives pour comprendre l’intelligence humaine, le design des systèmes d’organisation et la facilitation. Il s’agit là d’une discipline portée sur l’intelligence émotionnelle, la gestion de crise et l’exploitation de la créativité au sein d’un groupe de travail. 

    - Vous avez déjà noué des partenariats avec le MIT pour l’Ecole?
    - Effectivement, nous lancerons avec le MIT- qui est partenaire de l’UM6P- un master 2 dédié à l’enseignement en intelligence collective, le premier dans son genre dans le monde et ce en 2020 avec une promotion qui ne dépassera pas les 100 étudiants. Par la suite, nous irons vers un programme de doctorat sur 5 ans avec des opportunités de recherche et puis un master exécutif et un incubateur entrepreneurial. Nous allons monter des programmes de recherche et donner des opportunités aux étudiants marocains d’aller étudier à Paris, à Boston, à New-York pour échanger avec des chercheurs et ramener les meilleures bonnes pratiques. Mais en attendant, l’Ecole va proposer des Masterclass en été et en hiver et on a déjà commencé avec des cadres de l’OCP. Nous allons poursuivre progressivement cette voie pour installer une formation continue en parallèle à la formation initiale avec des offres de plusieurs niveaux pour les exécutifs, pour les chercheurs et même pour les citoyens lambda. 

    - Quelles seront les conditions d’éligibilité pour les Masters?
    - Il y aura bien sûr des conditions d’accès à définir, mais les principaux critères d’éligibilité seront la curiosité intellectuelle et l’ouverture d’esprit pour aller plus loin et oser. On cherche des profils atypiques, hybrides et hétérogènes qui viennent de partout. Des villages, des villes, des quartiers populaires…. Notre objectif est d’avoir un mix avec 30% d’étudiants marocains et les deux autres tiers de l’Afrique et du monde, de façon à faire rayonner l’expertise de l’UM6P à l’international et en faire un centre d’innovation.
     
    - Sur un autre registre, que pensez-vous des nouvelles générations d’hommes politiques, vous qui avez conseillé des présidents comme Obama, Macron dans leurs campagnes?
    - Pour moi, le plus grand enjeu est la nouvelle génération de leaders. Aura-t-on encore des hommes politiques qui répètent les erreurs du passé avec des modèles élitistes…? Où est ce qu’on va innover dans notre manière de collaborer et offrir les conditions pour que les meilleures idées puissent se libérer de tous les endroits (entreprise, administration, ministère….). C’est ça le futur enjeu.
     
    - Justement avec tout ce qui se passe en France, regrettez-vous d’avoir conseillé le président français?
    - Non pas du tout. 

    Parcours inédit

    Professeur et maître de conférences en rhétorique et pensée politique, Lex Paulson est aujourd’hui le directeur de la 1re Ecole de l’intelligence collective à Benguerir, à l’Université Mohammed VI Polytechnique. Formé à la théorie politique à l’Université de Yale, de Cambridge et à la Sorbonne, Paulson a travaillé comme avocat, professeur, écrivain et organisateur politique, y compris dans des missions pour l’Unicef, le département d’État américain et le National Democratic Institute. Il a été aussi un ancien président des jeunes démocrates dans le Connecticut et vécu plusieurs dizaines de batailles électorales locales aux Etats-Unis. En 2008, il participe à la campagne de Barack Obama pour la Maison Blanche. Durant son parcours professionnel, il a sillonné l’Afrique, du Sénégal au Burundi en passant par la Côte d’Ivoire. En 2017, il participe à une autre campagne. Celle d’Emmanuel Macron. En formant et en préparant les volontaires d’En marche, des nouveaux venus en politique.

     

     

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