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    Analyse

    Commerce: Le secteur asphyxié par le laisser-aller

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5533 Le 12/06/2019 | Partager
    Informel, contrebande, trafics, iniquité fiscale…
    A quand un traitement de choc?
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    La moitié des centres de production informels sont à caractère commercial, suivi par le secteur des services

    Le commerce informel prolifère dans toutes les villes du Royaume! La concurrence déloyale de l’informel et de la contrebande a pris beaucoup d’ampleur au cours des dernières années. En 2018, plus de 772.000 articles contrefaits ont été saisis par l'Administration des douanes. Les considérations sociales ont jusque-là été avancées pour justifier le laisser-aller face à cette gangrène. «Jusqu'à quand va-t-on continuer à fermer les yeux?» s'interroge un opérateur.

    Le commerce est un secteur dont les ministres de tutelle successifs ne se sont pas suffisamment occupés à l'inverse de l’industrie ou du digital. S'y ajoute le manque d’équité fiscale, l’absence de dispositif de veille et de statistiques favorisant la transparence du secteur, des procédures administratives complexes, ou encore une absence de cadre organisant les métiers et activités commerciales, la faiblesse logistique…

    Au lendemain des assises du commerce, qui ont donné lieu à des recommandations prises en compte dans l'élaboration de la stratégie de développement du secteur, en cours de préparation. Rappelons que le secteur du commerce a déjà une stratégie: Rawaj, vision 2020, dont les résultats sont peu visibles, d’où la nouvelle feuille de route en cours de préparation par le ministère de tutelle.

    Stratégie de développement du secteur en cours

    L'enjeu est de mettre en œuvre plus d’équité fiscale vis-à-vis des commerçants structurés, installer un commerce équitable et établir les mêmes droits et obligations, en matière de libre concurrence... L’objectif étant d’augmenter la contribution de la valeur ajoutée au PIB. Le secteur du commerce et de la distribution emploie actuellement 1,5 million de personnes, soit 13,8% de la population active, et contribue au PIB à hauteur de 8% avec une valeur ajoutée de 84 milliards de DH.

    Dominé par l’informel, peu diversifié et caractérisé par son atomicité, le secteur est essentiellement constitué de micro-entreprises. La majorité des commerçants indépendants exercent dans le secteur informel, «avec 2, voire 3 employés parfois pas déclarés, à part le patron».

    Près de 80% de la distribution dans le Royaume est assurée par le commerce dit traditionnel: grossistes, détaillants (environ 120.000), souks hebdomadaires (environ 800). Ce qui montre que le détaillant marocain fait preuve de résistance et de capacité d’adaptation tant au niveau du prix que du service… face au commerce moderne (grandes et moyennes surfaces, centres commerciaux, franchises…) qui n’a jamais dépassé 20% du marché. Toutefois, il faut moderniser le commerce de proximité, améliorer le niveau de vie des commerçants, structurer leur activité, pousser les commerçants de gros vers la transparence…

    Les ventes du secteur traditionnel devraient baisser de 1,5% par an en moyenne entre 2017 et 2022, contre une progression de 1,9% prévue sur la même période pour la distribution moderne. Cependant, l’évolution des habitudes de consommation et l’expansion des grandes surfaces risquent de précariser davantage les détaillants.

    D'où la nécessité de prendre en compte la dimension sociale du commerce traditionnel (épicerie), qui joue un rôle clé dans la stabilité sociale et améliore la vie de centaines de ménages. En effet, un hypermarché qui ouvre peut conduire à la fermeture de 300 détaillants.

    En dépit de la pénétration de la distribution moderne, des obstacles continuent d’entraver son développement. Ceux-ci sont liés à l’indisponibilité de personnel qualifié, due au manque de filières de formation adaptées aux besoins de la distribution moderne.

    La difficulté d’approvisionnement en produits frais (boucherie, fruits et légumes, poissons, etc.). Cet obstacle est lié au manque d’organisation des filières dans ce domaine et à l’obligation d’approvisionnement auprès des marchés communaux. Autre obstacle: la faiblesse du système logistique et de transport, qui conduit à la multiplication des intermédiaires, ou encore le déficit et la cherté de l’immobilier commercial et du foncier.

    M.Ko.

     

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