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    Economie

    Management de risque: Guérir plutôt que prévenir!

    Par Nadia DREF | Edition N°:5511 Le 08/05/2019 | Partager
    La prévention n’est pas intégrée dans la culture des opérateurs
    Défaillances dans le BTP, l’industrie et le transport
    La réglementation encore inachevée
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    Les conséquences d’un incendie, tel celui de Rosamor, sont dramatiques. La prévention est un investissement qui augmente la rentabilité et l’efficacité des entreprises (Ph. L’Economiste)

    Incendie, séisme, effondrement, sécurité routière, malveillance, accidents de travail, environnement… La maîtrise des risques donne encore du fil à retordre aux assurances et aux acteurs de la gestion des sinistres et de la prévention.

    Tout au long des 20 dernières années, plusieurs incidents graves ont été enregistrés dont l’incendie de Rosamor (55 morts) et l’explosion à la Samir qui ont le plus choqué l’opinion. Aux pertes humaines, le coût financier de ces sinistres a été colossal… Et les dégêts énormes.

    Les tremblements de terre coûteraient chaque année environ 1,5 milliard de DH. S’y ajoutent les 1,3 milliard de DH déboursés pour les inondations. C’est ce qui ressort des estimations avancées par le Global Assessment Report publié par le bureau des Nations unies pour la réduction des risques liés aux catastrophes naturelles. D’autres nouvelles menaces émergent, notamment les cyberattaques, les boycotts, les nanotechnologies, le mauvais usage de l’intelligence artificielle…

    Le management de risques peut aider les entreprises à se prémunir contre ces aléas tout en continuant à produire de la richesse. D’où la nécessité de la promotion de la culture de prévention auprès des industriels mais également auprès des collectivités locales.

    «Les dégâts causés par les catastrophes naturelles doivent être adressés par des solutions de protection, et c’est là justement l’un des rôles des assureurs en appui des pouvoirs publics», estime Othman Khalil El Alamy, secrétaire général de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévention sociale (Acaps)(1).

    Le projet de loi sur les couvertures de catastrophes naturelles n’a pas encore été publié. Il reste à affiner les modalités et les clés de répartition de la prise en charge des sinistres par les pouvoirs publics.

    Les secteurs les plus exposés sont le bâtiment, le transport et l’industrie. Concernant le risque routier, ce sont surtout les multinationales qui sont à la pointe dans la prévention. «Il existe des entreprises qui ont mis en place un dispositif de prévention basé sur la formation, l’incitation, la gratification et la sanction. Leurs résultats mesurables sont de loin meilleurs que ceux d’autres sociétés n’ayant pas mis en place ce système», souligne Younès Saih, président d’Agrepi Maroc.

    L’effondrement des constructions anciennes et même neuves ainsi que les accidents sur les chantiers se multiplient. Excepté des cas particuliers qui en font d’ailleurs un argument de marketing. La gestion de ces risques n’est pas encore intégrée dans la culture des promoteurs ou maîtres d’ouvrage qui continuent à construire à l’ancienne. Les dérogations urbanistiques causent également beaucoup de dégâts. Le manque de formation des intervenants dans les chantiers favorise aussi l’augmentation d’accidents. Autre couac, le Maroc a promulgué la loi 59-13, mais, malheureusement, le décret d’application n’a pas encore vu le jour», note Mohamed Jamal Bennouna, expert et consultant.

    Cette loi oblige les intervenants et maîtres d’ouvrage à souscrire trois polices. Il s’agit des TRC et RC travaux pendant la phase de réalisation de l’ouvrage en plus de la RC décennale à compter de la réception des travaux.

    Dans l’industrie, la gestion des risques chimiques laisse à désirer. «Les plus grandes entreprises chimiques produisent et stockent de l’ammoniac, de l’acide nitrique et du nitrate d’ammonium. Bien que ces entreprises soient soumises à autorisation, plusieurs bâtiments qui stockent ces matières ne seraient probablement pas concernés par les multitudes certifications ou études de dangers», explique Jalal B. Bennani, président du Conseil des experts industriels et automobile du Maroc (CEIAM). Une vraie bombe à retardement.

                                                                                    

    Système intégré de gestion des risques

    La loi 110-14, visant la mise en place d’un système intégré de gestion des risques, a été adoptée mais les décrets d’applications sont encore en cours de mise en place. «Il faudra attendre 2020 pour l’application de cette loi», tient à préciser Chafai Abderrahim, directeur général du groupe Vidal Assurances.

    Cette loi couvre deux types de catastrophes: celles d’origine naturelle (inondations, tremblements de terre et tsunami) et celles causées par l’homme (terrorisme, émeutes et mouvements populaires). Ce régime de couverture de risques catastrophiques comporte deux volets.

    Le premier concerne l’assurance. Il est obligatoire pour tous les détenteurs de contrats d’assurance garantissant les dommages aux biens, tous les contrats d’assurance comprenant la garantie responsabilité civile automobile et tous les contrats d’assurance comprenant une garantie couvrant la responsabilité civile en raison des dommages corporels causés aux tiers.

    Le deuxième volet cible les non-assurés. A cet effet, la loi a insaturé le Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques pour l’indemnisation des parties non assurées pour dommage affectant la résidence principale et les dommages corporels.

    La loi a également institué la mise en place d’un registre national de recensement des victimes en vue de cerner l’ampleur d’une catastrophe ainsi que les victimes indemnisables. Un dispositif qui servira pour la mise en place de toute politique de prévention des risques liés aux catastrophes.

    Nadia DREF

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    (1) Lors des Journées Agrepi Maroc sous le thème: «20 ans de gestion des risques» organisées à Casalanca.

     

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