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    Dossier Spécial

    Ingénierie, informatique, finance... Les filières qui ont le «vent en poupe»

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5498 Le 18/04/2019 | Partager
    Des compétences qui se raréfient
    Des besoins en progression au sein des entreprises marocaines
    Les métiers de demain se dessinent
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    Etre armé de compétences techniques c’est bien... toutefois, les soft skills sont tout aussi indispensables pour pouvoir décrocher un job. Les employeurs sont désormais à la recherche de collaborateurs capables de s’intégrer dans leur environnement, de s’adapter au contexte dont les caractéristiques varient continuellement, et qui maîtrisent les langues. (Ph. privée)

    Le passage à l’intelligence numérique cognitive est en train de bouleverser la donne. Dell et l’Institut pour le futur, le centre de recherche de l’université d’Oxford, se sont amusés à dessiner l’avenir des emplois en 2030.

    Une vingtaine d’experts du numérique a travaillé de concert pour imaginer les changements à venir au sein des entreprises et dans le monde du travail en général. Une analyse, qui a fait les choux gras des médias, puisqu’il en ressort que 85% des emplois pour l’horizon 2030 n’existent pas aujourd’hui.

    Tout est donc à inventer. Apprentissage automatique ou profond (machine learning ou deep learning), algorithmes, plus il y a d’avancées, plus les métiers se peaufinent, se réinventent ou s’apprêtent à disparaître. Et ce sont tous les secteurs d’activités qui sont concernés, de l’industrie au commerce, en passant par la santé, les transports, l’éducation, la cybersécurité, ou la gestion des ressources humaines, entre autres.

    Face à cette montée en puissance mondiale de l’Intelligence artificielle, de nombreux pays cherchent à combler retards et lacunes, quand d’autres attirent les meilleurs profils où qu’ils se trouvent. Le Maroc, lui, fait face à une sorte de «hotte aspirante» de ses talents.

    «Les diplômés, récents et anciens, nous annoncent régulièrement leur départ à l’étranger. Entre 600 et 700 ingénieurs et informaticiens quittent le pays chaque année, poussés par l’envie de monter en compétence car ils ne trouvent pas toujours ce qu’ils recherchent au Maroc», explique Khalid Benzakour, directeur général de l’ISGA, spécialisée dans la formation des cadres polyvalents dans les domaines du management et de l’ingénierie.

    L’informatique est d’ailleurs la fonction la plus recherchée en 2018, selon le cabinet ReKrute.com. Elle a capté les ¾ des demandes de l’année, en hausse de 14% par rapport à 2017. Les employeurs peinent à trouver ces profils qui choisissent de s’expatrier de plus en plus, dont le nombre est de surcroit déjà très faible sur le marché.

    En effet, seulement 8.000 ingénieurs et assimilés (ce chiffre englobe également les informaticiens bac+3) arrivent sur le marché chaque année, alors que la demande dépasse largement ce nombre. «La filière informatique est très clairement parmi les plus porteuses d’une manière générale, et plus particulièrement ce qui touche au Big Data» confirme-t-il.

    «La demande de profils experts dans le digital tels que les chief data officer, les data scientists/data analysts et les community managers… connait une évolution impressionnante», indique pour sa part, Abdelaziz Bennis, président de l’Association marocaine du conseil en recrutement (AMCR) et DG de IBB Executive Search.

    Même dominante au sein de l’EMSI, l’école marocaine des sciences de l’ingénieur. «La filière génie informatique et réseaux représente 33% de nos effectifs» confie le président directeur général, Kamal Daissaoui. Pour lui, il s’agit à la fois de «suppléer aux informaticiens marocains qui partent à l’étranger, tout en répondant à la demande croissante des sociétés marocaines sur ce créneau». Alors entre les besoins du pays et ceux des autres, le spectre est large.

    En manque de ressources humaines, les entreprises se sont mises à recruter des profils bac+3 afin de pallier ce déficit. Ainsi, les offres d’emploi concernant la fonction informatique a gagné 10 points en 2018, avec 11% des annonces qui sont dédiées à ces profils.

    Depuis longtemps, la filière finance connaît elle aussi son petit succès. «S’agissant de la formation audit et contrôle, la demande est importante mais absorbe peu car très sélective, le marché n’est pas énorme. Le tissu économique a plus besoin de financiers que d’auditeurs et contrôleurs», explique Hassan Sayegh, directeur général de l’école supérieure de commerce, gestion, management, ingénierie et informatique, HEM.

    Même avec seulement 2% des offres d’emploi qui lui sont destinées en 2018, la fonction finance et comptabilité a pu décrocher la quatrième position dans le classement des métiers les plus sollicités du jobboard ReKrute.com.

    Par ailleurs, Hassan Sayegh estime que la spécialité management international & logistique qui s’est développée ces dernières années, «commence à stager mais à un niveau élevé. Le marché est demandeur».

    En effet, la pratique d’un management adapté au contexte de la mondialisation suppose une réelle capacité à utiliser les techniques appropriées et à appréhender toutes les dimensions de l’environnement international (culturelle, humaine, juridique, institutionnelle et technologique), tout comme la logistique est devenue l’un des enjeux stratégiques majeurs pour de nombreuses organisations nationales et internationales.

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    Depuis plus de trois ans, la pénurie des profils d’ingénieurs et d’informaticiens s’accentue. La rareté de ces profils les hisse en haut du podium des compétences les plus recherchées. Entre 2017 et 2018, la demande a augmenté de 14 points pour les bac+4 et plus.

    «La demande dans les métiers de la logistique, du transport et de la distribution externalisée augmente pour plusieurs raisons, à savoir: nouvelle route-to-market, développement des infrastructures sur le plan national, arrivées de plateformes de ventes digitales exigeant une logistique optimisée, nécessité de se rapprocher du client notamment dans le rural, régionalisation du pays…», explique le président de l’Association marocaine du conseil en recrutement.

    S’agissant des fintech, HEM vient d’organiser une table-ronde, animée par des professionnels du secteur, pour expliquer aux étudiants les perspectives de cette nouvelle orientation. «Elle va demander de nouvelles compétences aux futurs lauréats financiers, comme les IT» ajoute Sayegh.

    De quoi assouvir des besoins qui se profilent au sein des entreprises, notamment le secteur bancaire, l’un des gros employeurs au Maroc. «Face à l’augmentation des risques de toute nature, les profils des fonctions audit, risque, juridique et cybersécurité sont davantage plébiscités afin de protéger l’entreprise et son écosystème, d’incidents qui peuvent avoir de lourdes conséquences, comme c’est le cas pour les campagnes de boycott par exemple», souligne Abdelaziz Bennis.

    Pour finir, le spécialiste du recrutement souligne l’importance des softskills. «Les entreprises attendent aujourd’hui des dirigeants et des cadres qui développent des compétences en ligne avec les exigences du marché tels que: l’agilité, la flexibilité, l’adaptabilité, la mobilité, le leadership, l’ouverture d’esprit, l’engagement, ou encore l’innovation, l’esprit d’initiative, et la maitrise des langues étrangères».

    L’informatique toujours en tête du podium

    Au Maroc, différentes publications mettent en lumière les profils les plus recherchés par les entreprises. S’agissant de l’étude de veille sur l’emploi initiée par l’Anapec, l’automobile et l’aéronautique, l’offshoring / NTIC et les services étaient les secteurs les plus recruteurs au Maroc en 2018. L’analyse annuelle réalisée par le portail de l’emploi ReKrute.com  sur la base des offres postées sur le site met en avant le secteur informatique qui était, encore l’année dernière, le grand dominant avec une demande en perpétuel développement de la part des employeurs nationaux et étrangers. Un secteur qui a l’avantage d’offrir aux postulants de motivantes perspectives d’évolution professionnelle au niveau national et international.

    Entrepreneuriat, entre ambition et peur de l’échec 

    L’entrepreneuriat est une filière porteuse et créatrice d’emploi. Elle semble être de plus en plus présente chez les jeunes diplômés puisque 9 sur 10 souhaitent lancer leur propre business, et près de la moitié de façon très certaine. Toutefois, la peur de l’échec l’emporte sur les ambitions de ces jeunes. A peine 1% réussissent à créer leur entreprise. Ce faible taux est dû, entre autres, à la défaillance du dispositif d’accompagnement. S’ajoute à cela le faible développement de l’enseignement de l’entrepreneuriat. Le pays est classé 53e/54 pays pour la formation à l’entrepreneuriat aux niveaux primaire et secondaire. Aujourd’hui, plusieurs établissements ont mis en place ou projettent d’ouvrir des cursus dédiés. Toulouse Business School (TBS), pour sa part, lancera un parcours international appelé «Entrepreneurship & Innovation in Emerging Market», en janvier prochain.

    Joséphine ADAM & Tilila EL GHOUARI

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