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    Entreprises

    Les ardoises de la SNTL devant la justice

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5443 Le 31/01/2019 | Partager
    Des transporteurs réclament le paiement de leurs créances
    Les bilans de la société toujours pas certifiés pour la troisième année consécutive
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    La SNTL a succédé à l’ex-Office national des transports après la libéralisation du fret routier en 2003 (Ph. L’Economiste)

    Des ennuis judiciaires pour la SNTL. L’opérateur public de la logistique est poursuivi en justice par une quinzaine de transporteurs pour des impayés dont certains remontent à plus d’un an. Les sociétés en question, membres de la Fédération transport et logistique, sont liées à la SNTL par des contrats de sous-traitance étant donné qu’elle ne dispose pas d’une flotte suffisante pour honorer toutes ses commandes.

    Les transporteurs s’attendaient à être remboursés au terme du dernier conseil d’administration tenu en décembre dernier. N’ayant pas reçu leur paiement, ils ont décidé de s’en remettre à la justice. Interrogé par L’Economiste, Aziz Alami Gourfti, nouveau DG, reconnaît «qu’il y a un passif cumulé que la société est en train de traiter. Les payements s’effectuent au fur et à mesure du traitement des factures. Des montants importants ont même été débloqués».

    Questionné sur les impayés, le directeur général en place depuis l’été 2018 se dédouane de cette responsabilité en affirmant «être en train d’assainir la situation et de mener un plan de redressement en profondeur comme il n’y en a jamais eu dans aucun établissement public».

    Depuis quelques mois, la SNTL fait l’objet d’un audit de la Cour des comptes sous la houlette de Samir Damou, président de section. Cette enquête intervient après celle de l’Inspection générale des finances (IGF). C’est la deuxième enquête après celle dont les conclusions ont été publiées en version française en février 2018.

    «L’ensemble des clients des filiales auraient déjà été payés à 100%» selon le directeur général. Pour le reste des factures, «il y aurait un litige». Les créanciers ne sont pas de cet avis puisqu’ils affirment ne pas avoir été avisés officiellement de ce différend. D’autant qu’ils disposent de tous les justificatifs. Certains ont récemment reçu une notification (dont L’Economiste détient copie) leur demandant de refaire les factures de 2016 à 2017 au nom de la SNTL Supply Chain au lieu de la SNTL. Or, «le commanditaire est la maison mère et non la filiale».

    Les transporteurs qui poursuivent en justice la SNTL sont convaincus que l’établissement a des problèmes de trésorerie. Au moment où le management propose de former des commissions pour étudier les dossiers au cas par cas, les créanciers parlent de manœuvres dilatoires.

    «Pour certains clients, la société est en train de payer les mois de novembre et de décembre. Au niveau central, nous sommes en train de rattraper le retard. A cause du cumul, les fournisseurs ont effectivement attendu longtemps. Nous sommes en train de liquider les dossiers».

    Sur la question de l’instruction judiciaire, le directeur général déclare: «Nous sommes dans un Etat de droit. Quiconque s’estime lésé a le droit d’aller en justice. Chacun fera valoir ses arguments».

    Sur un autre registre, les bilans de la SNTL et de sa filiale SNTL Supply Chain n’ont pas été certifiés depuis trois ans. Après consultation du portail de l’Ompic, il s’avère que les états de synthèse et le rapport du commissaire aux comptes n’ont pas été déposés au titre des exercices 2016-2017 et 2018. Les derniers remontant à 2015.  Lors du conseil d’administration de décembre dernier, le commissaire aux comptes a réitéré son refus de certifier les comptes du groupe. Le directeur général confirme que les comptes seront bientôt assainis.

    La mission de la Cour des comptes devra déterminer l’origine des anomalies pointées par le conseil et identifier éventuellement les responsabilités en cas de mauvaise gouvernance comme elle l’a déjà fait dans ses derniers arrêts.

    La situation de la SNTL n’est pas un mystère pour le conseil d’administration, dont la présidence est revenue successivement à Aziz Rabbah et Abdelkader Amara, en leur qualité de ministres de l’Equipement. Pourtant, aucune mesure n’a été prise pour redresser la barre. Les problèmes de gouvernance n’ont jamais donné lieu à des sanctions. Cela s’appelle la reddition des comptes.

    Retrait de Damco: Quelle facture?

    Outre la SNTL Supply Chain, le groupe SNTL est composé d’une filiale assurance et d’une autre spécialisée dans la gestion des gares routières. La société SNTL Supply Chain a été créée sous forme de joint-venture avec Damco, filiale de Maersk. Celle-ci s’est retirée du capital en raison des pertes cumulées. La Cour des comptes devrait s’intéresser aux conditions de retrait de Damco, notamment les prix d’entrée et de sortie. Les magistrats devraient  également vérifier la conformité du capital de la filiale SNTL avec les dispositions de la loi sur les sociétés anonymes. Là encore, le directeur général se veut rassurant. «La filiale fait elle aussi l’objet d’un plan de redressement avec la mise en place de process au même titre que le groupe. Aujourd’hui, elle est en règle avec ses transporteurs», affirme le directeur général. Rendez-vous dans quelques mois avec la publication des conclusions de la Cour des comptes.

    Hassan EL ARIF

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