Analyse

La demande intérieure se dégrade

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5434 Le 18/01/2019 | Partager
Le léger recul des besoins en financement impacte peu la dette publique
La contribution du commerce extérieur toujours négative
demandes_interieur_034.jpg

Le secteur agricole aurait réalisé pour la deuxième année consécutive des résultats satisfaisants. Cependant, la hausse de la production agricole, notamment des cultures fruitières et maraîchères, n’aurait pas été accompagnée par une performance de l’industrie agroalimentaire

La croissance continue d’être soutenue par la demande intérieure. Avec toutefois un rythme modéré et qui s’érode d’année en année. Sa progression en 2019 devrait s’établir à 3,4% contre 3,6% l’année passée. Ceci, sous l’effet d’une légère hausse de la formation brute de capital  fixe à 3,2% et d’une faible progression  de la consommation finale des ménages se situant à  3,5%. En revanche, la consommation publique afficherait un accroissement de 2,9% en 2019, après 2,2% en 2018.

La contribution de la demande extérieure à la croissance du PIB resterait, cependant, négative, passant d’un point en 2018 à -0,8 point en 2019. Faute d’une offre exportable à forte valeur ajoutée. Une situation avérée depuis de nombreuses années, mais que les politiques publiques peinent à redresser.

Faut-il pour autant remettre en cause le modèle économique?  Pour le HCP, qui a soulevé la question dès 2012, «l’essoufflement du modèle n’est pas lié à son origine structurelle, mais plutôt à son financement».

La bonne nouvelle réside dans le léger retrait du besoin de financement. Ce dernier serait allégé de 0,2 point en 2019 à 4,5%, mais que le pays doit couvrir par le recours à l’endettement. Dans ces conditions, la dette publique devrait s’établir à 82,5% du PIB contre 82% en 2017.

L’analyse sur une longue période fait ressortir la dégradation de la croissance de la demande intérieure.  Entre 2000-2012 et 2013-2017, cette croissance, en volume, est passée respectivement de 5% à 3,1%, les dépenses de consommation finale de 4,3% à 2,9% et la formation brute du capital fixe de 6% à 1,2%. Au même moment, la valeur ajoutée créée par l’économie baissait de 4,6% à 2,6% et le PIB de 4,6% à 3,4%. D’où un besoin croissant du financement de l’économie nationale passant de -1,2% du PIB à -4,8% entre les deux périodes.

Le constat qui se dégage, c’est l’urgence de l’augmentation de l’épargne nationale. Pour le HCP, «c’est une question économique, sociale et institutionnelle» qui mérite d’être entourée par un large débat. Comment sortir d’un modèle de croissance qualifié «d’équilibre bas» où cette dernière avoisine les 4% avec une bonne année agricole et baisse en dessous de 3% dans le cas contraire.

Dans ce cadre, les études menées par le HCP montrent que le Maroc dispose d’un grand nombre d’opportunités de diversification de la structure actuelle de production nationale. Des produits bénéficiant d’un grand potentiel de compétitivité. Il s’agit des filières à base de céréales, de fruits et légumes et de textile industriel, de chimie, de fabrication de machines et d’équipement. L’estimation porterait sur 3.500 nouveaux produits. C’est un champ ouvert pour les petites entreprises. A la condition d’être appuyées par l’encadrement, le financement et l’encouragement nécessaires.

En attendant, l’investissement commence à marquer un essoufflement. Sa moyenne annuelle s’inscrit dans une tendance baissière, passant à près de 32,2% entre 2018 et 2019, après avoir été de l’ordre de 33,5% pendant la période 2010-2017. Le gap entre l’épargne intérieure et le taux d’investissement resterait, cependant, élevé, enregistrant une moyenne de 10% du PIB entre 2018 et 2019 contre 11,8% en moyenne durant la période 2010-2017.

Baisse tendancielle de l’épargne

En prenant en considération les revenus nets en provenance du reste du monde, qui devraient représenter 5,5% du PIB, l’épargne nationale se situerait à 27,7% du produit intérieur brut. Ce qui confirme la tendance baissière durant les dernières années. De son côté, l’investissement brut baisserait à 32% du PIB au lieu de 32,4% en 2018. Le compte Epargne-Investissement dégagerait, en conséquence, un besoin de financement en allégement, qui devrait se situer à 4,3% du PIB en 2019 contre 4,5% en 2018.

A.G

                                                                                 

Principaux indicateurs de l'économie

En 2019, la croissance serait essentiellement tirée par la demande intérieure. Celle-ci affiche une tendance baissière sur les dernières années. Le grand défi tient au besoin de financement qui ne cesse de s'aggraver.

indicateurs_economiques_034.jpg

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc