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    Economie

    L’intégration des immigrés progresse, mais…

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5409 Le 11/12/2018 | Partager
    Ils réussissent mieux à l’école et s’attachent à leur pays d’accueil
    Occupent plus souvent un emploi peu qualifié et à temps partiel
    Les femmes trop souvent à la traîne
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    L’OCDE compte 128 millions d’immigrés et l’UE 58 millions, ce qui représente 10% environ de la population. Au cours de la dernière décennie, leur nombre a augmenté de 28% dans l’Union européenne, où deux-tiers des immigrés viennent de pays hors Union (Ph. AFP)

    Même s’il reste encore du chemin à parcourir, l’intégration des immigrés et de leurs enfants sur le marché du travail s’est améliorée dans de nombreux pays ainsi que leurs conditions de vie. La part de ceux ayant un niveau d’éducation élevé a progressé dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE et de l’UE, gagnant 7 points de pourcentage ces dix dernières années dans les deux zones.

    Dans le même temps, dans l’ensemble des pays, la plupart des immigrés expriment leur attachement à leur pays d’accueil (plus de 80% déclarent se sentir proches, voire très proches de ce pays). C’est ce qui ressort du nouveau rapport conjoint OCDE-UE «Trouver ses marques 2018: Les indicateurs de l’intégration des immigrés», publié en marge de la Conférence intergouvernementale pour l’adoption du Pacte mondial sur les migrations qui se tient les 10 et 11 décembre à Marrakech.

    «Les pays ont beaucoup amélioré les politiques visant à promouvoir l’intégration des immigrés et de leurs enfants dans l’éducation, sur le marché du travail et dans la vie sociale», indique Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE. «Il reste néanmoins beaucoup à faire pour aider l’ensemble des immigrés à participer économiquement et socialement aux sociétés d’accueil», dit-il.

    Le niveau d’études et les résultats scolaires des jeunes descendants d’immigrés ont également progressé dans la plupart des pays. Ceci à la fois en termes absolus et par rapport aux jeunes descendants de parents nés dans le pays. Cela se manifeste par de meilleurs résultats scolaires et une plus grande résilience à l’âge de 15 ans, par des taux plus faibles de décrochage scolaire et par un niveau d’études plus élevé.

    Toutefois, les enfants d’immigrés continuent d’accuser un certain retard par rapport aux enfants de parents nés dans le pays, notamment en Europe. L’inverse est vrai dans quelques pays seulement, par exemple au Canada.

    «L’intégration des immigrés est absolument vitale pour nos économies et nos sociétés dans leur ensemble», souligne pour sa part Dimitris Avramopoulos, Commissaire européen chargé de la Migration, des Affaires intérieures et de la Citoyenneté (voir aussi notre édition N° 5408 du lundi 10 décembre 2018).

    «Nous devons veiller à ce que tous ceux qui ont le droit de rester et de vivre dans nos sociétés puissent y participer pleinement et équitablement. Non seulement sur le papier, mais aussi dans la réalité», poursuit-il.

    Dans l’ensemble de l’OCDE, les hommes immigrés affichent un taux d’emploi supérieur de 3 points de pourcentage à celui des hommes nés dans le pays. En revanche, les femmes immigrées enregistrent un taux d’emploi inférieur de 1 point de pourcentage à celui des femmes nées dans le pays, l’écart s’établissant à pas moins de 6 points en Europe.

    L’écart entre les femmes immigrées et les femmes nées dans le pays est particulièrement important en Belgique et en France, où il atteint 14 points de pourcentage, et aux Pays-Bas, avec près de 17 points. Par ailleurs, les immigrées qui sont en emploi occupent plus souvent un emploi peu qualifié et à temps partiel, notamment dans l’Europe du Sud (sauf au Portugal).

    C’est le cas aussi au Chili, en Corée et en Slovénie, où plus de 30% des immigrées qui travaillent occupent des emplois peu qualifiés. La part des femmes dans la population immigrée a globalement augmenté ces dix dernières années. Elles sont aujourd’hui plus nombreuses que les hommes immigrés vivant dans un pays de l’OCDE ou de l’UE.

    Le rapport indique aussi que l’inactivité et l’emploi à temps partiel, qui sont fréquents chez les femmes immigrées, sont souvent subis plus souvent que chez les femmes nées dans le pays.

    Les freins

    Malgré les améliorations, les immigrés ne parviennent pas souvent à traduire des niveaux d’études globalement plus élevés que ceux de la population née dans le pays en de meilleurs résultats sur le marché du travail. La pauvreté relative des immigrés est également plus répandue aujourd’hui qu’il y a dix ans, creusant ainsi davantage l’écart avec les personnes nées dans le pays. Dans l’UE, 14% environ des personnes nées à l’étranger déclarent appartenir à un groupe victime de discrimination fondée sur l’origine ethnique ou la nationalité. Près d’un tiers des immigrés non originaires de l’UE qui appartiennent aux plus grands groupes issus de l’immigration dans leurs pays respectifs en Europe indiquent être de la même origine ethnique que la plupart des habitants de leur quartier.

    Fatim-Zahra TOHRY

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