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    Analyse

    Une administration toujours budgétivore

    Par L'Economiste | Edition N°:5395 Le 19/11/2018 | Partager
    12% du PIB et 70% des recettes fiscales engloutis
    7.749 DH net par mois de salaire moyen
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    administration_budgetivore_095.jpg, par hlafriqi

    La masse salariale dans la fonction publique  atteindra 112,15 milliards de DH en 2019 contre 108,8 milliards cette année, soit une progression en hausse de 3,3 milliards de DH. Ces chiffres ne reflètent que partiellement la réalité des dépenses du personnel.

    La contribution à l'assurance maladie obligatoire, les cotisations retraites, les salaires des entreprises  et établissements publics à caractère administratif et social, ainsi que les salaires des employés des collectivités locales n'y sont pas inclus. Cet exercice devrait s'effectuer à partir de janvier 2020 avec l'application de l'article 15 de la loi organique des Finances.

    En tenant compte de tous ces éléments, la masse salariale dépasse largement 140 milliards de DH! C'est 25% de plus que le montant porté dans le projet de loi de finances.

    Selon le ministère des Finances, les salaires et les charges sociales de l'Etat absorberaient  70% des recettes fiscales en 2019! Plus de la moitié (52,4%) des dépenses du personnel sont concentrées dans l'Education nationale,  la formation professionnelle et l'Enseignement supérieur.

    Cette masse salariale caracole ainsi au-dessus de 12% du PIB, bien loin de l'objectif de 10% ( en dessous) et des performances des pays de la région Mena. En 2017, elle se situait à 12,7% du PIB, selon la Cour des comptes.

    Le poids de la masse salariale provient davantage du niveau des rémunérations que des effectifs: Le Maroc compte 16 fonctionnaires pour 1.000 habitants et 47 pour 1.000 habitants actifs avec d'importantes disparités régionales. Globalement, le salaire moyen dans la fonction publique est à 7.749 DH net par mois contre 5.650 DH en 2008 et 5.285 DH dans le secteur privé! La moyenne a évolué de 32,44% en dix ans sous l' effet des révisions successives et de l’amélioration du système de promotion même si le dialogue social est quasi bloqué depuis quelques années.

    Le système de rémunération dans la fonction publique est inéquitable et ne tient pas compte de la productivité ou de l'effort fourni: grades, échelles et les régimes indemnitaires… un fonctionnaire peut changer de grade ou d'échelle sans changer de fonction! En tout cas, 69% de la masse salariale globale est absorbée par les cadres et cadres supérieurs (échelle 10 et plus) en raison notamment de l'accélération du rythme des avancements.

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    En 2017 et 2018, l'on constate une baisse des effectifs. En réalité, cette période correspond à la mise en place du système de contrats. Ainsi 55.000 personnes ont été recrutées au régime de contractuels dans les Académies régionales de l'éducation et de la formation

    La ventilation du salaire moyen par groupes d'échelle relève des inégalités importantes (le rapport sur les ressources humaines qui accompagne la loi de Finances ne donne plus la ventilation par échelle comme ce fut le cas auparavant mais par groupe):  4.223 DH net pour les échelles inférieures ou égales à 6, 5.216 DH pour l'échelle 7 et 8 alors que la moyenne des salaires est de 9.332 DH pour les hors échelle 10 et plus.

    L'enseignement supérieur reste le département qui compte le salaire mensuel moyen (net) le plus élevé: 14.278 DH contre 11.060 à la Justice et 9.447 DH au niveau de la Santé. Bizarrement, le ministère de l'Economie et des Finances où des primes sont attribuées est à un salaire mensuel moyen net de 7.544 DH, soit un peu moins que le ministère de l'Education nationale.

    Sur la période 2008-2018, 231.552 emplois à durée indéterminée ont été créés dans la fonction publique. Un chiffre auquel s'ajoute 55.000 postes sous contrats au niveau des Académies régionales de l'éducation et de la formation. Ces postes ont surtout bénéficié aux départements sociaux et de sécurité: plus de 7 sur 10 ont été affectés aux départements de l'Education, de l'Enseignement supérieur, de l'Intérieur, de la Santé et de la Justice.

    Dans le détail, l'éducation nationale a eu droit à 74.425 postes, ce qui représente 32% des postes budgétaires sans compter les contractuels. Le ministère de l'Intérieur a vu ses effectifs augmenter dans les mêmes proportions alors que 10% ont été affectés à la Santé. Les recrutements se sont surtout concentrés sur l'échelle 10 et plus, soit 46% de la totalité des créations. Le reste est partagé entre le personnel de maîtrise (échelles 7 à 9) et le personnel d'exécution (échelles inférieures ou égales à 6). 

    L'essentiel de ces recrutements se sont effectués sur concours qui  sont devenus obligatoires depuis 2012. Jusqu'au 1er semestre 2018, 1.562 concours pour 103.932 postes ont été tenus, soit 67 postes ouverts par concours. Ces opérations ont généré des coûts importants poussant ainsi le gouvernement à opter pour des concours communs pour le recrutement des cadres interministériels. Une décision qui a fait l'objet d'un décret.

    Khadija MASMOUDI

     

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