Economie

Energies renouvelables, une carte à jouer pour l’Afrique

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5394 Le 16/11/2018 | Partager
Le continent s’ouvrirait des opportunités et ferait d’une pierre deux coups
Réduire les émissions de gaz à effet de serre et favoriser les énergies locales
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Le continent gaspille des ressources pour produire de l’énergie alors qu’il détient à titre d’exemple 8% des réserves mondiales du gaz naturel, sans parler de son potentiel solaire et éolien (Ph. L’Economiste)

D’abord des chiffres: 600 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité. Et si les tendances actuelles se poursuivent, il faudra attendre 2080 pour que tous les Africains aient accès à l’électricité. Autre chiffre tout aussi important, les énergies fossiles continuent à dominer et représentent 85% du mix énergétique.

Or, le pétrole, le charbon sont en baisse et le continent n’a pas le choix que de se diriger vers une transition de son système énergétique. Ce constat a été de nouveau tiré lors de l’Energy Week Morocco. Un forum organisé à Marrakech et dédié aux opportunités d’investissement dans le secteur gazier et les énergies renouvelables en Afrique du Nord et de l’Ouest.

«L’Afrique peut relever ce défi énergétique, grâce à ses atouts, et particulièrement son immense potentiel en énergies nouvelles et renouvelables souvent inexploitées», estime Aziz Rabbah, ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable. Amina Benkhadra, directeur de l’Office national des hydrocarbures et des mines, va encore plus dans les détails.

Pour elle, le continent gaspille des ressources limitées pour produire de l’énergie alors qu’il a un potentiel considérable en matière d’énergies propres. Il détient à titre d’exemple 8% des réserves mondiales du gaz naturel, sans parler de son potentiel en solaire ou en éolien. Pour des raisons climatiques assez évidentes, les pays d’Afrique du Nord ont un fort potentiel d’énergie solaire, tandis que l’Afrique centrale dispose de grandes capacités hydroélectriques.

Par ailleurs, avec les capacités de géothermie et de biomasse, l’Afrique dispose d’un bouquet énergétique très complet. En choisissant les énergies renouvelables de manière massive, le continent s’ouvrirait des opportunités et ferait ainsi d’une pierre deux coups: il participerait à la réduction mondiale des émissions de gaz à effet de serre et favoriserait des énergies locales. A condition d’adopter des politiques cohérentes et à même de surmonter les obstacles.

Parmi ces derniers, les législations pour asseoir un cadre propice au développement accéléré des énergies renouvelables, le transfert des technologies avec des partenariats énergétiques régionaux et les ressources financières. Le Maroc est en mesure de jouer un rôle central dans la coopération énergétique régionale.

«Celle-ci peut prendre plusieurs formes: bilatérale, triangulaire ou multilatérale, en associant notamment les institutions africaines et internationales et bailleurs de fonds régionaux internationaux», indique le ministre de l’Energie. Un des exemples de cette coopération est le gazoduc Maroc/Nigeria, rappelle Benkhadra.

«Il s’agit d’un projet intégré et structurant qui permettra d’accélérer les projets d’électrification dans toute la région, la création d’un marché régional compétitif de l’électricité et le développement de pôles industriels régionaux intégrés.

B. B.

 

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