Entreprises

Exploration pétrolière et gazière: Le potentiel se confirme

Par Nadia DREF | Edition N°:5393 Le 15/11/2018 | Partager
Les découvertes de Sound Energy à Tendrara ravivent l’espoir
Le groupe a investi près de 115 millions de dollars et table sur 10 milliards de m3 en 10 ans
L’Onhym multiplie les missions de promotion à travers le monde
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Amina Benkhadra mise sur la promotion du potentiel pétrolier et gazier pour attirer les majors de l’exploration (Ph. Bziouat)

Le Maroc n’arrive toujours pas à attirer les grands groupes pétroliers en matière d’exploration gazière et pétrolière. Ce sont surtout les compagnies juniors qui prospectent. Les majors surveillent de près le niveau des gisements découverts sans pour autant s’aventurer. Pour l’heure, ces mastodontes restent concentrés dans les pays à fort potentiel.

«Le Maroc a un grand potentiel pétrolier et gazier qui est sous-exploité. Nécessitant des investissements lourds et risqués, ce secteur stratégique n’arrive toujours pas à attirer les grandes compagnies pétrolières. Mais le tour du Maroc viendra», fait valoir Amina Benkhadra, DG de l’Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym), lors d’une conférence-débat organisée le 13 novembre par la Chambre de commerce britannique au Maroc (Britcham).

L’ex-ministre de l’Energie a dressé avec brio un diagnostic du potentiel des sols marocains. Le nombre total de puits forés à fin juin 2017 s’élève à 340, dont 43 en offshore, soit une densité moyenne de 0,01 puits/100 km² contre 10/100 km² à l’échelle mondiale. Durant la période 2000-2017, les investissements dans  ce secteur ont atteint 27,5 milliards de DH dont plus de 90% couverts par les entreprises étrangères. 10 concessions d’exploitation sont octroyées

. Dans l’exploration pétrolière, l’Onhym compte 15 partenaires bénéficiant de 86 permis de recherche. Pour 2018, les investissements prévisionnels sont de l’ordre de 1,46 milliard de DH pour les partenaires et 51 millions de DH pour l’Onhym. Ils visent un programme d’acquisitions sismiques (2.230 km 2D et 10.595 km 3D) ainsi que le forage de 6 puits dont 1 offshore.

Côté potentiel, Benkhadra a cité des zones sous-explorées au Sud qui sont Boudnib et Zag. «Le Maroc reste une zone à découvertes potentielles sachant qu’ailleurs, certaines zones sont arrivées à saturation», tient à préciser Amina Benkhadra. Au niveau du Gharb onshore, 5 sur 8 puits ont démontré l’existence de gaz et de pétrole. Des études en cours, qui seront bouclées en 2019, donneront plus de détails sur le réservoir existant. Les résultats permettront de bien penser le modèle des bassins existants.

Pour l’heure, l’Onhym mise sur les découvertes réalisées par la firme britannique Sound Energy au niveau de Tendrara (Oriental). Selon Mohamed Seghiri, DG de la filiale Maroc, les volumes commercialisables sont estimés à 10 milliards de m3 en 10 ans, soit 1 milliard de m3 par an qui pourraient alimenter les centrales électriques de Ain Béni Mathar et Tahaddart. Un potentiel qui pourrait grimper à 20 milliards de m3 à terme. Le management est actuellement en train de négocier des contrats de vente avec des opérateurs nationaux et espagnols. L’exportation est prévue via le Gazoduc Maghreb-Europe (GME).

Les investissements réalisés par Sound Energy s’élèvent à 115 millions de dollars, couvrant la prospection dans les zones de Tendrara et Sidi Mokhtar, à proximité d’Essaouira. En 2018, Sound Energy a réalisé deux découvertes qui pourraient marquer un tournant dans l’exploration pétrolière et gazière du Maroc. La première annonce a été faite en juillet dernier. Elle concerne un gisement pétrolier potentiellement important à Anoual, dans l’est du pays.

En août dernier, la firme britannique a signé un accord d’une durée de 8 ans dans les zones de Tendrara et Matarka couvrant une superficie globale de 14.500 km² dans l’Oriental. Une région géologiquement difficile à explorer en raison des reliefs de l’Atlas. En septembre, la compagnie de prospection a annoncé l’obtention d’un accord d’exploitation du gaz découvert sur le site de Tendrara.

Quant à la firme britannique SDX Energy, elle a annoncé plus ou moins des gisements modestes au niveau du Gharb et continue ses prospections. Pour leur part, les mastodontes Shell et Repsol font leur come-back. Ils ont signé en juillet dernier un accord de prospection avec l’Onhym couvrant la zone onshore de Tanfit. Ce qui augure d’une relance de l’exploration pétrolière qui doit être davantage intensifiée.

Pour y arriver, l’Onhym mène tout au long de l’année des campagnes de promotion à travers le monde dont la dernière en date est celle organisée à Houston où quelques investisseurs ont confirmé leur intérêt pour l’exploration pétrolière, précise Benkhadra. Le Maroc miroite l’attractivité du code des hydrocarbures dont les avantages fiscaux visant à attirer des opérateurs juniors et majors (part étatique de 25%, exonération de l’IS et des droits de douane pour les équipements…).

Valorisation des gaz

Clarke Energy, autre firme britannique présente au Maroc, a montré son savoir-faire. Elle vise à limiter et valoriser l’impact environnemental de la prospection pétrolière. A l’heure où le Maroc est lancé dans la transition énergétique, la valorisation des gaz torchés peut constituer une option.  D’après Didier Lartigue, DG France & Afrique de Clarke Energy: «Ces gaz, très polluants, relâchés lors d’exploration ou d’exploitation pétrolière sont aujourd’hui récupérés dans des unités productrices d’électricité que nous mettons à disposition des entreprises». Clarke Energy a déjà équipé en moteurs biogaz les décharges d’Oujda et de Fès (pour l’éclairage public) ainsi que les stations d’épuration de Fès, Marrakech et récemment celle de Kénitra.

Nadia DREF

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