Entreprises

Affaire CDG-CGI: Le verdict en décembre?

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5390 Le 12/11/2018 | Partager
Le juge a terminé les auditions individuelles le 7 novembre
Les délibérations et l’annonce du jugement… très attendues

Dernière igne droite pour le procès de Madinat Badis d’Al Hoceïma. L’affaire, qui traîne depuis plus de 4 ans devant la Cour d’appel de Fès, est sur le point d’être jugée. C’est ce qu’on pourrait déduire de l’annonce faite par Mohamed Lahya, juge principal, lors de l’audience du 7 novembre. «La prochaine séance serait l’occasion de clôturer ce dossier», dit-il.

Ordonnance est donnée à Anas Alami et Mohamed Ali Ghannam, respectivement ex-DG de la CDG et de la CGI, ainsi que les 25 autres accusés, pour le 4 décembre. A cette date, les délibérations et l’annonce du jugement seraient très suivies. En attendant, lors de l’audience de mercredi dernier, qui a duré près de 4 heures, un accusé a brillé par son absence. Il en est de même pour tous les témoins (14) dans cette affaire. Mais ceci n’a pas perturbé le déroulement des auditions. Le 7 novembre, plus de 20 accusés ont été appelés à la barre.

Le juge a évoqué les poursuites engagées à leur encontre: «Constitution de bande criminelle, faux et usage de faux, et dilapidation des deniers publics (ou participation)». Se référant aux PV établis par la BNPJ, Lahya a noté que «les travaux menés par les différentes entreprises, objet de poursuites, sont invalides d’après le rapport du Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE)». Chose que la majorité des accusés a rejeté en bloc.

Pis encore, certains ont affirmé «qu’ils n’ont aucun lien avec ces travaux et qu’ils n’étaient pas chargés du suivi des opérations». C’est le cas par exemple de Omar Ben Aïcha, travaillant pour une entreprise de BTP, qui atteste «qu’il n’est pas habilité à contrôler les chantiers et n’avoir jamais établi ou signé aucun PV de chantier concernant le projet de Madinat Badis».

Il en est de même pour Mohamed Hafid, responsable de la société qui a livré des cuisines équipées pour les 122 appartements du projet. «Mes cuisines sont conformes au projet et au cahier des charges signé avec CGI. Elles ont été importées et ont passé le test de la douane, du fait qu’elles sont aux normes internationales», argue-t-il. Du côté du responsable de la société de la toiture, les reproches du LPEE concernent la pose non conforme du «Karmoud».

Toutefois, Abdelhak Hanane, son dirigeant, souligne que «cette toiture est garantie 35 ans». En plus, un autre tribunal lui aurait déjà «donné gain de cause dans un contentieux relatif au même projet en 2014». Le rapport du LPEE a également épinglé les sociétés ayant réalisé les branchements électriques, la peinture, les fenêtres et la boiserie.

En revanche, chacun des responsables de ces entreprises a affirmé avoir travaillé selon les conditions établies dans le CPS, par l’ordonnateur du projet (CGI), ou selon les avenants. Pour ce dernier volet, la société de la boiserie a vu le budget relatif à la pose des fenêtres se rétrécir à la demande de CGI (de 8 à 5 millions de DH).

Ainsi, au lieu du cèdre, elle a été contrainte de poser un autre bois, jugé pas conforme par LPEE. En tout cas, la plupart des accusés affirment que leurs travaux de construction, peinture, boiserie, toiture... étaient aux normes. Par ailleurs, ils souhaitent la présence des responsables du Laboratoire public ainsi que ceux de l’ONEE, en lien direct avec cette affaire.

4 ans de va-et-vient

Pour rappel, c’est suite au travail de la commission mixte Intérieur-Finances, la BNPJ, l’IGF (Inspection générale des finances) et l’IGAT (Inspection générale de l’administration territoriale) et après deux années d’enquête que le juge d’instruction a lancé des poursuites contre 27 individus. Le procès s'est ouvert il y a 4 ans.

Youness SAAD ALAMI

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