Régions

Fès: El Azami en campagne dans les arrondissements

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5389 Le 09/11/2018 | Partager
Le maire veut rassurer les habitants
Projets, délégataires, emplois… au menu
Le PJD craint-il des élections précoces?
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Une véritable offensive est menée par le PJD à Fès. Tête de file de cette «campagne», Driss El Azami El Idrissi défend ses réalisations à Fès. «Nous n’avons pas réussi à 100%, mais nous n’avons pas échoué non plus à 100%», dit-il (Ph. YSA)

Driss El Azami El Idrissi veut reconquérir Fès. Le président du conseil national PJD est en tournée pour défendre son bilan à la tête de la capitale spirituelle. Depuis mercredi dernier, l’élu tient des rencontres dans les six arrondissements de la ville.

Organisées dans le cadre de la 5e édition des portes ouvertes du parti de la lampe, ces rencontres, aux allures d’une campagne électorale, sont l’occasion de présenter les «réalisations du maire à mi-mandat». L’Economiste renvient sur les points débattus lors de la première étape de ces journées portes ouvertes.

■ Construction démocratique et perturbateurs
Le PJD se préparerait-il à des élections anticipées? C’est la grande question que se pose l’opinion publique. Surtout après l’offensive que mènent les élus du parti islamiste à Fès. Dans ce qui ressemble à une campagne électorale, la formation politique a convié, mercredi dernier, les représentants de la presse pour vanter «les grandes réalisations» du maire PJD à Fès. Bizarrement, l’intervenant qui défend le bilan du maire n’est pas membre du bureau de ce dernier au conseil communal. Il est en revanche secrétaire du parti à Fès. Dans son réquisitoire, Mohamed Lakbiri parle des «perturbateurs» qui freinent parfois la construction démocratique et d’autres slogans habituels dans le discours PJD. Ceux qui espéraient des réalisations chiffrées devaient attendre l’intervention du maire, prévue une heure plus tard dans l’arrondissement Al Mariniyyine.

■ El Azami évoque les «limites» de sa gouvernance
D’emblée, le maire PJD évoque les dettes de son conseil communal. Celles-ci s’élèveraient à plus d’un milliard de DH. «Nous payons annuellement 150 millions d’arriérés. En plus, nous n’avons pas la chance qu’avaient nos prédécesseurs en mobilisant le foncier des champs de courses (630 millions de DH) et celui d’oued Fès 1 et 2 (70 millions de DH)», dit El Azami. Selon lui, les arriérés et dettes limitent le champ d’intervention de l’actuel bureau. Toutefois, argue-t-il, «l’efficacité réside dans la rigueur et le respect des lois». A ce niveau, l’action de l’actuel bureau est «irréprochable». Quoi qu’aucun grand chantier d’aménagement urbain n’est encore sorti de terre.

■ «Vous n’avez qu’à ne pas m’élire!»
Le ton ferme, El Azami souligne que son bureau a fait de grands efforts pour sortir la ville de sa léthargie et son marasme économique et social. «Certes, nous n’avons pas réussi à 100%, mais nous n’avons pas échoué non plus à 100%», affirme-t-il. En outre, comme tout responsable d’une ville, son rôle est de dire que «Fès va bien… pour attirer des investisseurs et créer de l’emploi. Comme c’est le cas pour le tourisme et l’offshoring». A ses détracteurs, il répond que ce sont les habitants de la ville qui ont voté pour lui. «Les insatisfaits n’ont qu’à ne pas m’élire lors des prochaines échéances», poursuit-il. A ceux qui cherchent à faire le buzz à travers des photos et vidéos postées sur les réseaux sociaux, il inflige: «Le développement des pays ne se fait pas de cette manière. Il est amorcé par le travail rigoureux et le sérieux». «Vous ne racontez que des histoires. Depuis 2 ans, je demande à être inséré dans l’Entraide nationale, mais vous n’êtes pas capable de répondre à cette petite doléance. Qu’en est-il de ce que vivent les Fassis? Un véritable calvaire!», rétorque un quadragénaire mécontent. Il est rapidement poussé vers la sortie par les hommes d’El Azami. 

■ Un bilan basé sur des projets royaux
En outre, El Azami a annoncé que plusieurs projets d’équipements sont sur le point d’être lancés. Le maire a rappelé qu’un budget de 500 millions de DH ira à la mise à niveau des quartiers sous-équipés. Une enveloppe similaire est destinée à l’aménagement des grandes avenues. Par ailleurs, 583 millions de DH sont réservés au programme de valorisation de la médina et 400 millions de DH pour l’aménagement des accès de l’ancienne cité. Faut-il noter qu’il s’agit là de projets royaux et dont la commune ne participera qu’à hauteur de 10%. El Azami en est conscient et a tenu à remercier le Roi pour ses multiples initiatives envers la capitale spirituelle.

■ Baliser le terrain pour El Othmani
C’est Saâdeddine El Othmani, tête de file du parti, qui viendra clôturer les portes ouvertes du PJD à Fès. Attendu ce samedi au complexe Al Houriya, le chef du gouvernement vient en appui au maire Driss El Azami. Vivement critiqué sur son bilan d’action à mi-mandat, l’élu souligne que ses partenaires pour les SDL de l’éclairage public et la gestion du stationnement amélioreraient la gouvernance de ces secteurs. Encore faudrait-il qu’ils soient approuvés par l’Intérieur. Enfin, pour ce qui est du transport public, le maire note qu’il essaye de surmonter les difficultés avec le délégataire sur la base de nouvelles règles. Car, la rupture du contrat lui coûterait entre 130 et 200 millions de DH. «Elle a aussi un coût social que je ne pourrais assumer», conclut le maire.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

 

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