International

Démission de Nikki Haley: L’anti-palestinienne quitte la scène

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5369 Le 11/10/2018 | Partager
Elle avait porté le dossier du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem
Elle avait bloqué les résolutions onusiennes condamnant la politique d’Israël
Depuis la nomination de Mike Pompeo, un politique proche de Trump, elle est en retrait
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Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, qui a été nommée quatre jours après l’investiture du président, s’était distinguée en portant une ligne dure dans des dossiers notamment contre la Corée du Nord et l’Iran, les deux principaux dossiers de politique étrangère de la Maison-Blanche (Ph. AFP)

La démission de Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, a eu un retentissement international. Cette ancienne gouverneure de la Caroline du Sud, la première femme nommée par l’administration de Donald Trump en janvier 2017, a préféré jeter l’éponge.

Le président des Etats-Unis a confirmé cette démission qui doit être effective à la fin de l’année. Son remplaçant au poste d’ambassadeur devant les Nations unies sera désigné prochainement. En attendant, Nikki Haley s’est entretenue avec le président dans le bureau ovale de la Maison-Blanche d’où elle a démenti les rumeurs persistantes sur son départ inopiné, expliqué par sa volonté de se préparer pour les prochaines présidentielles américaines en 2020.

Une information qu’elle a niée en bloc. En tout cas, elle a saisi l’opportunité d’être avec le président pour affirmer qu’elle ne serait pas candidate mais soutiendrait la campagne de Donald Trump pour sa réélection. Nikki Haley avait exploité un vide autour du président nouvellement élu pour se mettre en orbite.

L’effacement médiatique du secrétaire d’Etat de l’époque, Rex Tillerson, l’avait très bien servie. Cependant, depuis la nomination à la tête du département d’Etat de Mike Pompeo, un responsable politique très proche de Donald Trump, son étoile a cessé de briller au point de paraître très en retrait.

Haley, qui a été nommée quatre jours après l’investiture du président, s’était distinguée en portant une ligne dure dans des dossiers notamment contre la Corée du Nord et l’Iran, les deux principaux dossiers de politique étrangère de la Maison-Blanche. Mais c’est dans le conflit israélo-palestinien qu’elle s’est fortement illustrée en favorisant la logique de Benyamin Nétanyahou et les faucons de la droite au détriment d’un président Mahmoud Abbès isolé.

Devant les Nations unies, elle s’est engagée, corps et âme, sur le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, sans parvenir à obtenir un soutien suffisant au sein des Nations unies. L’une des images fortes de son passage aux Nations unies restera son départ du Conseil de sécurité au moment où l’ambassadeur palestinien, Riyad Mansour, prenait la parole pour appeler à une aide internationale pour son peuple, le 15 mai 2018.

Les Etats-Unis ont bloqué à plusieurs reprises, ces derniers mois, des résolutions condamnant la politique israélienne vis-à-vis des territoires palestiniens. Ils ont procédé à des coupes budgétaires qui ont réduit de façon drastique la participation financière à l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens.

Haley souhaitait la suppression pure et simple des 364 millions de dollars attribués chaque année à l’Agence onusienne, tant qu’elle n’aurait pas mis en œuvre les réformes nécessaires à son bon fonctionnement et à sa transparence. Mais le secrétaire d’État aux affaires étrangères, Rex Tillerson, s’est contenté de réduire de moitié la première tranche d’aide, originellement fixée à 125 millions de dollars.

Dans cette affaire, Haley a traduit la volonté de Donald Trump d’arrêter de financer toute agence et organisation internationale qui ne contribuerait pas directement aux intérêts américains. Il s’agit d’un virage à 180 degrés des USA dans le conflit israélo-arabe depuis que la nouvelle administration s’est engagée à ne pas refaire les mêmes erreurs que les gouvernements précédents. L’ambassadrice a également supervisé la sortie des Etats-Unis du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, en juin 2018.

 

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