Régions

Fès-Meknès: Riche rentrée politique pour les élus de la région

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5358 Le 26/09/2018 | Partager
Plus de 720 millions de DH pour la région et 740 millions pour la mairie
Education, transport scolaire, voiries…des projets prioritaires
Le «bilan» d’El Azami basé sur des projets pas encore réalisés
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Driss El Azami El Idrissi, le maire de Fès, au sujet des «militants» qui réclament son départ : «Je connais bien ceux qui les mobilisent. Les anciennes pratiques ne sont plus d’usage. Ni corruption, ni extorsion…tout se fait selon les règles de la bonne gouvernance» (Ph. YSA)

Bientôt ce sera la rentrée politique pour les collectivités territoriales de la région Fès-Meknès. Mohand Laenser réunira, le 1eroctobre, ses conseillers régionaux pour débattre du budget 2019. Et c’est autour du même sujet que Driss El Azami El Idrissi rassemblera, le 3 octobre, les élus communaux de Fès.

En effet, les deux assemblées auront certes un menu chargé mais pas indigeste pour les élus qui devront tracer leurs priorités autour de projets sociaux d’envergure. D’autant que l’actuel exercice coïncide avec le lancement de la 3e phase de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et les orientations royales mettant la jeunesse et l’éducation au cœur de la politique de l’Etat.

Pour la région Fès-Meknès, il est notamment question de lutter contre la déperdition scolaire aux niveaux des provinces de Moulay Yacoub et Boulemane. En ce sens, l’appui du transport scolaire ainsi que la construction d’établissements scolaires et de cantines, est de mise. «Nous allons appuyer les projets proposés par la population qui connaît bien ses besoins», déclare à la presse, Mohamed Dardouri, wali-coordinateur de l’INDH.

Selon lui, «la 3e phase de l’INDH vise essentiellement à réaliser un développement humain et social durable garantissant les valeurs de la dignité, d'équité et de solidarité et porteur d'espoir, notamment auprès des générations montantes grâce à des programmes ambitieux». Rappelons que le financement du plan d’actions de l'INDH 2019-2023 nécessitera une enveloppe estimée à 18 milliards de DH.

Ces fonds iront notamment à la résorption du déficit enregistré en matière d’infrastructures et de services de base dans les zones les moins équipées, l'accompagnement des personnes en situation de précarité, l'amélioration des revenus et d'intégration économique des jeunes et le programme d’appui pour le développement humain des générations montantes.

A cet égard, la région Fès-Meknès ambitionne de bénéficier de ces différents programmes afin de hisser le niveau de vie de ses 4 millions d’habitants, et surtout ceux vivant dans la précarité.

En outre, le Conseil régional devra adopter son partenariat avec la compagnie Air Arabia et le Conseil régional du Souss, pour la création d’une liaison aérienne entre Fès et Agadir. Mais le point le plus important de la session sera celui relatif au budget de 2019, estimé à plus de 720 millions de DH. Un montant qui reste toutefois dérisoire pour une région cruellement touchée par le chômage et la pauvreté.

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Pour ne citer que les chiffres du HCP, Fès-Meknès figure en queue de peloton, devant les régions de Beni Mellal-Khénifra, Safi-Marrakech et Drâa-Tafilalet. En matière de PIB, Fès-Meknès affiche un taux de -0,5%. Ce qui est à la fois très alarmant et très significatif. Naguère une ville attractive à l’investissement industriel (textile, agroalimentaire, mécanique et électrique), Fès, chef-lieu de la région, se cherche une nouvelle identité.

Déjà en matière de textile, la ville a perdu plus de la moitié des emplois. Ceux-ci sont actuellement estimés à 16.000 postes, alors qu’ils frôlaient les 35.000 il y a encore quelques années. Souffrant d’un chômage galopant, une mauvaise presse (délinquance) et d’un manque de projets, Fès doit d’abord sauvegarder l’existant, valoriser son patrimoine et améliorer son image.

En attendant, la mairie de Fès devra adopter les 43 points à l’ordre du jour de la session du mois d’octobre, dont principalement celui relatif au budget de 2019, estimé à plus de 740 millions de DH. Une enveloppe dont les recettes proviennent des taxes transférées avec 31,2%, les taxes locales avec 36,69% et la TVA avec 34,84%.

Côté dépenses, le gros du budget ira aux salaires des fonctionnaires (193 millions de DH), le remboursement des dettes (BM et FEC) et le paiement des services délégués (éclairage public, ramassage des ordures, décharge publique…). A noter que les engagements de la commune dans ces rubriques représentent quelque 81,81% du budget communal. Ce qui ne laisse pas une grande marge de manœuvre pour la partie équipement.

«Mais, il ne faut pas s’inquiéter. Car, nous avons plusieurs projets d’équipements qui sont sur le point d’être lancés», martelait il y a quelques jours le maire Driss El Azami El Idrissi. Et de poursuivre: «un budget 500 millions de DH ira à la mise à niveau des quartiers sous-équipés, une enveloppe similaire est destinée à l’aménagement des grandes avenues, et enfin 583 millions de DH sont réservés au programme de valorisation de la médina». A noter enfin que tous ces projets seront réalisés dans le cadre d’une maîtrise d’ouvrage déléguée avec la société Al Omrane Fès et l’Ader.

El Azami défend son bilan

Driss El Azami El Idrissi, le maire de Fès, affirme avoir établi une bonne gouvernance de la chose publique et résolu plusieurs problèmes (contrats de gestion déléguée du ramassage des ordures, transport public, gestion de stationnement, éclairage public…). Vivement critiqué sur son bilan d’action à mi-mandat, l’élu se bat contre tous ceux qui veulent détruire l'image de Fès, «une ville d’envergure», pour lui. «Tout va bien et rien ne pourrait réduire notre action à néant», ajoute le maire. Ses proches ne nient pas que le conseil de la ville a eu des contraintes car il a voulu d’abord éponger les dettes. «C’est un choix certes. Mais, de grands projets sont annoncés pour cette rentrée», soulignent-ils. A rappeler enfin que la mairie a dévoilé récemment ses partenaires pour les SDL de l’éclairage public et la gestion du stationnement.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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