Entreprises

Alliances tente de rassurer sur ses perspectives

Par Franck FAGNON | Edition N°:5347 Le 10/09/2018 | Partager
Des résultats en hausse au 1er semestre, anticipe le management
La dette bancaire ramenée à 750 millions de DH en fin d’année
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Ahmed Ammor, directeur général d’Alliances, «la situation de chaque opérateur devrait être appréhendée séparément eu égard à son positionnement, aux segments investis et aux produits proposés, etc. Le groupe Alliances s’est adapté à la nouvelle donne du marché en changeant de business model» (Ph. L’Economiste)

Troisième capitalisation du secteur immobilier, Alliances a vu son cours chuter de 57% depuis le début de l’année contre 50% pour l’indice sectoriel et 9% pour le Masi. L’ampleur de la baisse surprend. L’effet psychologique prend le dessus sur les autres facteurs, notamment les fondamentaux de l’entreprise, sous-entend le top management.

Pour Ahmed Ammor, directeur général d’Alliances, «le groupe  est en train de subir la mauvaise image véhiculée sur le secteur immobilier, alors que les intervenants du secteur doivent être traités de manière différenciée. Il y a des segments qui continuent aujourd’hui d’être très porteurs».

L’entreprise anticipe une hausse des résultats à fin juin. Avec le portefeuille de projets en cours et ceux à l’étude, le business plan présente de bonnes perspectives sur les cinq prochaines années, veut rassurer le groupe.

- L’Economiste: Comment Alliances compte croître sur un marché immobilier en baisse?
- Ahmed Ammor:
L’immobilier restera un secteur incontournable du tissu économique national, le déficit en logement demeure très important et le potentiel intrinsèque du secteur existe donc bel et bien. Cependant, le marché vit une profonde mutation, la nature de la demande change, les opérateurs doivent s’adapter.
Néanmoins, la situation de chaque opérateur devrait être appréhendée séparément eu égard à son positionnement, aux segments investis et aux produits proposés, etc. Alliances s’est adapté à cette nouvelle donne du marché en changeant de business model. Le groupe qui est le seul acteur disposant d’une entité dédiée à la maîtrise d’ouvrage déléguée, parvient à réaliser de bonnes performances en termes de commercialisation notamment dans des villes comme Marrakech, Casablanca, Rabat et Kénitra.

- Que faut-il attendre des résultats du 1er semestre?
- Nos résultats au 30 juin 2018 s’annoncent en croissance par rapport à 2017 et sont en ligne avec nos prévisions. Nous communiquerons en détail sur nos résultats après la tenue du conseil d’administration arrêtant les comptes ce mois de septembre.

- Quelles sont vos perspectives?
- Le groupe fort de la réussite de sa restructuration financière est dans une nouvelle dynamique. En plus des 24 projets en cours d’une consistance restante de 8.900 unités qui généreront un chiffre d’affaires de l’ordre de 9,5 milliards de DH, le groupe a déjà lancé 3 nouveaux projets d’une consistance de 3.500 unités. Douze autres projets sont en phase avancée d’études. En outre, Alliances fait de son développement en Afrique un axe majeur de sa stratégie. En effet, le chiffre d’affaires au 31 décembre 2017 est constitué à hauteur de 25% de nos projets à l’international. Nous sommes le premier promoteur immobilier marocain à avoir livré des logements en Côte d’Ivoire. Nous sommes en train d’étudier d’autres opportunités en Côte d’Ivoire et au Cameroun mais aussi dans d’autres pays du continent. Sur l’activité «maîtrise d’ouvrage déléguée» qui est le socle historique du groupe, «Alliances services» possède une expérience reconnue (réalisation d’une trentaine d’hôtels, des zones franches et plus d’une quarantaine de projets touristiques et immobiliers). Aujourd’hui, plusieurs projets sont en cours (Taghazoutbay, Sindibad, parkHyat, des hôpitaux au Cameroun…) et d’autres sont à l’étude. Ce que je peux dire d’ores et déjà, c’est qu’avec l’ensemble de ces projets, le business plan présente de bonnes perspectives sur les 5 prochaines années.

- Où en est la restructuration de la dette?
- Nous avons réduit de manière drastique l’endettement. La dette bancaire est passée de 4 milliards de DH à fin 2014 à 1,2 milliard de DH au 31 décembre 2017. Elle devrait revenir à 750 millions de DH en fin d’année. La dette privée est passée de 4,5 milliards à fin décembre 2014 pour s’établir à 1,9 milliard de DH. Ce reliquat fait l’objet d’une opération de reprofilage qui est en cours de mise en place. La réduction de la dette permettra de diminuer sensiblement les frais financiers qui s’établiraient autour de 100 millions de DH à fin 2018.

- L’augmentation de capital est-elle toujours d’actualité?
- L’actionnaire de référence Alami Lazraq avait annoncé son engagement de réaliser une augmentation de capital de 300 millions de DH par conversion de compte courant. Les démarches pour la réalisation effective de cette opération ont été lancées par le conseil d’administration de la société réuni en date du 9 août 2018.

- Comment jugez-vous la méfiance de la Bourse envers Alliances?
- Il faut d’abord noter que la place casablancaise connaît un mouvement baissier global (le Masi enregistre une baisse de 8% depuis le début de l’année) caractérisé par des volumes relativement bas.
Par ailleurs, nous sommes en train de subir la mauvaise image véhiculée sur le secteur immobilier, alors que les intervenants du secteur doivent être traités de manière différenciée. Nous reconfirmons, comme déjà expliqué, que des segments continuent aujourd’hui d’être très porteurs.
La baisse du titre Alliances est difficile à cerner tant elle intervient dans un contexte où le groupe a réalisé les objectifs de sa restructuration et renoue avec des fondamentaux solides lui permettant d’envisager sereinement son avenir. De notre côté, nous continuerons à communiquer sur les avancées majeures déjà réalisées et exposer la pertinence de nos choix stratégiques.o

Propos recueillis par Franck FAGNON

 

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