Politique

Congrès MP: Qui succédera à Laenser?

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5337 Le 27/08/2018 | Partager
Plusieurs candidats en lice pour le poste de SG
Ouzzine représente la continuité, Hassad, la rupture
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Les apparatchiks du MP sont intrigués par l’énigme Mohamed Hassad qui pourrait présenter sa candidature pour la succession de Mohand Laenser. Avant même de la rendre publique, les hostilités ont démarré (Ph. Bziouat)

Le Mouvement populaire (MP) à la croisée des chemins. Son 13e congrès, prévu du 28 au 30 septembre à Rabat, devra marquer un tournant dans la vie de cette formation dominée par Mohand Laenser depuis 32 ans.

La commission préparatoire, présidée par l’ancien ministre de Transport Essaid Ameskane, a terminé son travail. Le rapport, élaboré par les 5 commissions, a été envoyé aux 2.500 congressistes. Selon le règlement intérieur, ce sont les congressistes qui élisent le secrétaire général, par vote secret.

Mine de rien, dans ce congrès ordinaire du MP, se joue une partition hautement stratégique pour le devenir du parti fondé par Mahjoubi Aherdane. Il s’agit de la succession du secrétaire général sortant Mohand Laenser qui avait exprimé à maintes reprises sa décision de remettre son tablier. Il l’a réitéré il y a quelques mois, lors d’une émission de télévision.

Une occasion en or pour que ce parti rompe avec l’étiquette de la ruralité pour aller à la conquête des villes. Pour se moderniser et rajeunir ses membres, il est acculé à miser sur des élites urbaines et pas seulement sur les notables ruraux. C’est l’un des enjeux majeurs du MP, qui fait du surplace.

Aujourd’hui, plusieurs cadres ne se reconnaissent plus dans les anciens schémas. Ils considèrent que le parti, s’il veut se développer et aller de l’avant, doit s’engager sur la voie du changement. Ce n’est pas pour rien que la commission préparatoire a amendé les statuts du parti, qui exigeaient d’un candidat au secrétariat général d’avoir exercé, au moins, un mandat au bureau politique du MP.

L’objectif est de donner la possibilité à chacun de se lancer dans la bataille de la succession, souligne Essaid Ameskane. Aujourd’hui, «tout membre du Conseil national dispose du droit de concourir s’il le souhaite. L’introduction de cette nouveauté n’a pas été une mission facile», dit-il.

Ce verrou, qui barrait la route à plusieurs candidats dont notamment l’ancien ministre Mohamed Hassad, a sauté. Le nom de l’ancien ministre de l’Intérieur et de l’Education nationale est de plus en plus cité pour prendre les commandes du navire MP. Il avait d’ailleurs intégré le gouvernement de Saâdeddine El Othmani sous l’étiquette de cette formation.

Selon l’ancienne réglementation, il était disqualifié. En tout cas, Essaid Ameskane est formel: pour l’heure, personne ne s’est déclaré candidat à la succession de Mohand Laenser. Le règlement intérieur accorde au candidat un délai qui court jusqu’à la veille du congrès. Les candidats potentiels ont donc plus d’un mois pour se décider et s’organiser en conséquence. Officiellement, Mohamed Hassad, ne s’étant pas manifesté ni par écrit ni oralement, n’est pas sur les radars.

«Tout ce qui est avancé ici ou là n’est que pure supputation», note le président. Lui-même se dit non concerné par le poste. D’autres pourraient, à la dernière minute, concourir, ne serait-ce que pour garantir une place au sein du prochain bureau politique ou à la présidence du Conseil national. C’est le cas de l’ancien ministre et maire de Fkih Bensaleh, Mohamed Moubdiî.

Attention, l’amendement du statut du parti n’exclut pas Mohand Laenser de la course. Il a le doit de se représenter s’il le souhaite, affirme Assaid Ameskane. Car, la restriction du 3e mandat du règlement intérieur a été supprimée. Mais comme le président de la région Fès-Meknès est un fin politique, il a certainement saisi au quart de tour les messages du dernier discours royal qui appelle au renouvellement des élites politiques. Il y a de fortes chances qu’il réfléchisse plus d’une fois avant de décider de rempiler.

Et cela malgré la forte pression exercée par ses fidèles et des responsables qui gravitent dans sa galaxie. Ces derniers savent que son départ signifie la perte de leurs rentes de situation et le début de leur marginalisation.

Même si l’ancien ministre Hassad n’a pas encore fait part de son intention de briguer le poste de secrétaire général, les hostilités ont déjà démarré. Car, en avançant ses pions, il joue les trouble-fêtes et casse les calculs des partisans de Laenser qui ont préempté le poste à l’instar de Mohamed Ouzzine.

D’ailleurs, si le SG sortant ne se représente pas pour sa propre succession, Ouzzine pourrait compter sur son appui. L’ancien ministre de la Jeunesse et Sports aura aussi le soutien de certains apparatchiks du parti comme notamment Halima Assali, sa marraine politique.

Les ministres maudits du parti

Plusieurs ministres du parti de Mohand Laenser ont quitté le gouvernement suite à des scandales. L’exemple de Abdeladim Guerrouj avec l’affaire du chocolat, Mohamed Ouzzine limogé suite à l’état catastrophique du stade Moulay Abdallah de Rabat, rénové quelques mois avant le Mondialito. D’autres ministres MP ont été remerciés suite au rapport d’enquête sur l’état d’avancement des projets d’Al Hoceïma comme notamment Mohamed Hassad, Larbi Bencheikh. D’autres ont été bannis des missions publiques comme Hakima El Haiti ou encore Mohamed Sekkouri. Lahcen Haddad, ancien ministre du Tourisme, était également dans la charrette. Mais entre temps, il avait migré vers l’Istiqlal pour obtenir l’accréditation pour les élections législatives de 2016.

 

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