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    Régions

    Sidi Ifni/Cactus: Alerte à la cochenille

    Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:5337 Le 27/08/2018 | Partager
    Le rongeur de cactus déclaré au douar Ifyoul dans la localité de Sbouya
    La nature accidentée du site ne facilite pas les prospections
    Danger pour la plante, mais aucun impact sur la santé humaine ou animale
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    La province de Sidi Ifni, qui relève de la région Guelmime-Oued Noun, est connue pour sa grande production de figues de Barbarie de qualité. Ce fruit couvre une superficie de plus de 45.000 ha dont 80% concentrée essentiellement dans les deux communes territoriales de Sbouya et de Mesti. Longtemps préservée des attaques de la cochenille, cette province est aujourd’hui touchée, des foyers ayant été détectés au douar Ifyoul dans la commune de Sbouya

    Longtemps à l’abri des attaques de la cochenille, la province de Sidi Ifni voit aujourd’hui débarquer ce rongeur de cactus, si redouté par les producteurs. En effet, un premier foyer primaire de 100 m2 a été récemment détecté dans une dépression au douar Ifyoul dans la commune de Sbouya.

    Des prospections renforcées ont aussitôt été menées pour arrêter l’étendue de l’infestation et éradiquer le mal. La superficie de la zone contaminée et de la zone tampon (ou zone intermédiaire) a été estimée à 4,5 ha.

    «Nous avons traité tous les environs de la zone identifiée comme contaminée afin d’avoir une marge de sécurité pour contenir la dissémination des larves», explique Salah Ritoune, cadre à l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) dépêché de Rabat pour mener les opérations à Sidi Ifni.

    «Pour le moment, près de 4 ha de plantations ont déjà été traités, arrachés et enfouis», a-t-il ajouté. Et l’opération se poursuit. Il est vrai que la propagation de la cochenille est facilitée par des moyens naturels, notamment le vent. Mais aussi par d’autres facteurs mécaniques qu’on appelle des facteurs à risques.

    Pour exemple, de la paille infestée importée de régions contaminées, les caisses d’apiculture ou de commerces (surtout celles en bois) et qui ont circulé dans des zones infestées. Le bétail transhumant venu de régions comme Rhamna… permet aussi la propagation du parasite qui se niche dans la laine des bêtes.

    «Dans le cas du foyer de douar Ifyoul, le facteur n’est pas naturel, mais plutôt mécanique, étant donné que nous avons trouvé 26 caisses d’apiculture installées tout au fond des plantations dans une dépression où le vent n’a pas prise», précise Ritouni. Ainsi, la cochenille aurait atterri à la commune Sbouya à travers 26 ruchers contaminés aussitôt détruits après détection. Le propriétaire-apiculteur a toutefois maintenu que ses caisses n’avaient pas bougé de leur place depuis au moins deux ans. Un argument qui ne semble avoir convaincu personne.

    Paradoxalement, la consommation de fruits ou raquettes infestés n’a aucun effet néfaste sur la santé humaine ou animale. Preuve en est, le responsable des opérations qui a consommé un fruit infesté devant tout le monde. Toutefois, le parasite est dangereux pour la plante dont il peut causer le dépérissement  par déshydratation

    . D’un autre côté, la cochenille est un insecte spécifique au cactus et ne présente pas de risque pour les autres cultures. Il faut préciser que le produit chimique utilisé pour le traitement est homologué par les laboratoires de l’Onssa. Après son utilisation par mesure de sécurité sur les plantes des zones intermédiaires non destinées à l’arrachage, le délai de récolte est de sept jours. Le produit pouvant être consommé sans risque après cette échéance car il ne contient plus de résidus, rappelle S. Ritoune.

    Extrême vigilance

    Traitement, arrachage puis enfouissement des cactus infestés sont les différentes étapes entreprises en plus de la désinfection du matériel ayant été utilisé ou suspecté d’être infesté. L’Onssa, la direction régionale de l’agriculture, l’ONCA… et les autres services concernés continuent, en mode vigilance extrême, de conjuguer leurs efforts afin d’acheminer le produit vers les points les plus éloignés pour contenir la cochenille et éviter sa propagation. Une opération rendue difficile par la nature accidentée du terrain, l’isolement et les pistes sur des dizaines de kilomètres, nous explique-t-on. En plus des moyens humains déployés, un unimog est aussi utilisé pour la pulvérisation. «Le producteur, directement concerné, doit être aussi vigilant que les structures de l’Etat, dans ce sens, nous menons une grande campagne de sensibilisation sur les différentes mesures à prendre pour éviter la contamination», explique Hajji El Haj, inspecteur à l’Onssa de Guelmine.

    L’or vert de Sidi Ifni

    Sidi Ifni, qui relève de la région Guelmime-Oued Noun, est la première zone de production au niveau national de figues de Barbarie de qualité. Ce fruit couvre dans cette province une superficie de plus de 45.000 ha dont 80% concentrée essentiellement dans les deux communes territoriales de Sbouya et Mesti. Les deux tiers des peuplements de cactus sont représentés par la variété précoce Aissa (à partir du mois de juillet). La variété tardive Moussa (jusqu’au mois de janvier), vient en seconde position avec 30%. Véritable pilier de l’économie locale, la filière emploie 2.800 producteurs dont l’activité est aujourd’hui menacée. Et ce, d’autant plus qu’avec leurs familles, ils sont près de 13.500 personnes. L’abondance de la matière première dans la région ouvre le champ pour une industrialisation et ceci par la valorisation des raquettes de cactus et fruits en plusieurs produits dérivés. Rappelons que le Groupement d’intérêt économique «Cactus Aït Baâmrane» a décroché l’Indication géographique protégée (IGP) «Sobbar Aït Baâmrane» en avril 2011 au Siam.

    Moussem Aknari

    La 5e édition du Moussem Aknari à Sidi Ifni a été l’occasion pour les responsables de sensibiliser les producteurs sur les différentes mesures à prendre pour éviter la contamination et la propagation de la cochenille, nous indique-t-on. Pour l’Association «Ifni Initiatives», organisatrice de l’événement, le Moussem a de même permis de valoriser les autres produits du terroir (miel, huile d’argane…) et de booster l’économie sociale et solidaire. «Cette manifestation a également permis aux membres de la communauté scientifique d’échanger autour des travaux effectués sur le cactus», précise Hassan El Frane, directeur provincial de l’agriculture. L’idée est de tracer les grandes lignes d’un plan d’action visant un meilleur développement de la filière. Ainsi que la valorisation du fruit à travers son industrialisation.

    De notre correspondante, permanente, Fatiha NAKHLI

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