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    Régions

    Fès-Eclairage public/L’attributaire de la SDL choisi, mais…

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5326 Le 01/08/2018 | Partager
    Le dernier mot revient au département de Laftit…
    L’Intérieur connaît bien la capacité de la mairie et la Radeef
    El Azami veut engager 365 millions de DH sur 15 ans
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    Le 25 juillet dernier, la mairie de Fès révélait son partenaire dans la Société de développement local (SDL) en charge du secteur de l’éclairage public. «Il s’agit du groupement de sociétés marocaines «Citelum/Nabilum», affilié à EDF», indique Driss El Azami El Idrissi, maire de la ville.

    Pour rappel, sur les 4 sociétés en lice, le choix s’est porté sur ce groupement «suite à une étude approfondie des offres déposées et une évaluation objective et transparente, par la commission mixte d’évaluation désignée à cet effet, sur la base des critères d’évaluation fixés et communiqués dans les conditions de consultation», précise la mairie. Cette SDL aura pour objet de réduire la facture énergétique de la ville d’au moins 60%.

    A sa charge également, la rénovation, l’extension, la maintenance, et l’exploitation des installations du réseau de l’éclairage public de Fès, dont le parc est constitué d’environ 68.000 points lumineux pour une facture énergétique s’élevant à environ 51,2 millions de DH.

    ■ La Commune promet une ville «lumière»...
    La nouvelle SDL sera constituée par la Commune de Fès à hauteur de 51% et l’opérateur privé à hauteur de 49%. Elle aura pour performance d’assurer un taux de disponibilité d’environ 97% et une baisse de la consommation annuelle d’environ 60%.
    Le contrat stipule une durée de 15 ans, et des investissements de l’ordre de 365,7 millions de DH, dont seuls 85 millions de DH (32%) seront pris en charge par l’attributaire privé. Ces fonds devront financer la reconstruction du réseau en LED (66.312 luminaires Shreider), l’acquisition de 8.090 candélabres, et la mise à niveau de 35.000 mètres linéaires du réseau aérien, et 92.000 mètres linéaires du réseau souterrain. En outre, le coût d’exploitation sur la durée du contrat s’élèvera à quelque 216,6 millions de DH. Notons que les engagements et les niveaux de services contractuels tablent sur un taux de disponibilité lumière de 97%.

    ■ La ville a-t-elle les moyens d’atteindre ses ambitions?
    Pas sûr. En tout cas, le ministère de l’Intérieur connaît bien les capacités financières des collectivités locales. Particulièrement, celles du conseil communal de Fès qui a eu du mal à tenir ses engagements avec la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité (Radeef) en matière d’éclairage public. Il a fallu l’intervention du département d’Abdelouafi Laftit, ainsi que le ministère des Finances pour éponger une dette de 220 millions de DH et la convertir en investissements.

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    Selon le cahier des charges, la SDL choisie aura pour performance d’assurer un taux de disponibilité d’au moins 97% et une baisse de la consommation de 60%. Notons que cette société sera constituée par la Commune de Fès à hauteur de 51% au minimum et l’opérateur (un expert en éclairage public dont le choix est l’objet de cette consultation) à hauteur de 49% au maximum. Une répartition des titres qui permettra à la ville de garder le contrôle, dessiner les objectifs et «assurer la qualité du réseau au profit de la population»

    ■ Quel sort pour la Régie?
    Que deviendra la Régie en cas de création d’une SDL qui se chargera d’au moins 30% de son activité? La future SDL, si elle est créée, réduirait la facture annuelle de l’éclairage public de 60% (30 millions de DH). Ce qui n’est pas le cas actuellement avec la régie, dont les factures sont démesurées. Pourtant, attestant d’une grande expérience, elle est l’une des rares régies qui fait des résultats positifs. Et la mairie de Fès le sait. Elle souligne que l’aboutissement du processus de création de la SDL «reste lié à l’approbation de la convention par le Conseil de la Commune de Fès et son visa par le ministère de l’Intérieur et ce conformément à la loi organique relative aux communes».

    ■ 650 millions d’arriérés communaux
    En l’absence de moyens efficaces pour mesurer sa «réelle» consommation, la Commune s’acquittait d’une enveloppe «forfaitaire». Le tout régi par une relation de confiance entre la Régie et la Commune. Mais, face à l’insolvabilité de certaines communes, la Radeef a comptabilisé plus de 650 millions d’arriérés communaux. Driss El Azami El Idrissi s’est engagé à payer plus de 220 millions de DH d’arriérés, assisté en cela par la tutelle et les Finances.

    ■ Fès éclairée par ses déchets…le rêve se dissipe
    Depuis juin 2015, une partie de la ville de Fès est éclairée par le biogaz des déchets ménagers. Ceci, grâce à une centrale bioélectrique construite au niveau de la décharge contrôlée. Laquelle produit actuellement plus d’un mégawatt (1.128 kW) de puissance électrique, soit l’équivalent de 30% des besoins de Fès en énergie destinée à l’éclairage public.
    A noter que la centrale de biogaz devait produire à terme 5 mégawatts (par module d’un mégawatt), alors que les besoins en éclairage public de la ville de Fès sont de l’ordre de 3,5 mégawatts. Ainsi, une bonne partie du réseau de l’éclairage public de Fès devait être alimentée à partir de la centrale bioélectrique. Mais, les informations sur la future SDL ne mentionnent pas quelle serait la relation avec la société «Ecomed de gestion des déchets» qui transforme le biogaz en énergie propre. Et le rêve d’éclairer Fès par ses déchets se dissipe.

     

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