Competences & rh

Système d’enseignement/Elèves du public: De bien faibles acquis

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5292 Le 12/06/2018 | Partager
Au primaire, ils réalisent des scores très inférieurs à ceux du privé
En milieu rural, les résultats sont plus préoccupants
Les conclusions d’une enquête de l’ONDH
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Les élèves du rural sont les principales victimes de la défaillance de l’école publique. Ils enregistrent les plus faibles scores en langues, maths et raisonnement non verbal

On le sait, le rendement de l’école publique n’a cessé de se dégrader ces dernières années. Une énième enquête vient le démontrer, celle de l’Observatoire national du développement humain (ONDH), réalisée auprès d’un échantillon de 2.908 élèves de 4e année du primaire. Présentée en octobre dernier, cette enquête révèle un niveau bien faible des écoliers, mais surtout un gap considérable entre les performances des élèves du public avec ceux du privé.

En français, pas exemple, les élèves du public n’ont obtenu que 41,6 points sur 100, tandis que leurs camarades du privé ont réalisé un score de 88,8 points. La différence entre les deux est ainsi de 47 points. Les écoliers du privé gardent l’avantage en arabe (76,8 contre 64,4) et en mathématiques (79 contre 53,6) aussi, avec des écarts respectifs de 12 et de 25 points. Les plus faibles résultats ont été réalisés au niveau des écoles rurales, dont les élèves arrivent en dernier sur les trois matières (voir illustration).

La quasi-totalité des enfants arrive à identifier les lettres en français. Ceux du privé réalisent presque un sans faute, avec une note de 99,3/100. En matière d’identification de mots simples, ils obtiennent une note de 98,3 sur 100, loin devant ceux du public, urbain (76,8) et rural (68,5).

Quand on passe au vocabulaire, à la lecture et à la compréhension, l’écart se creuse de plus en plus. Les écoliers du privé y décrochent des notes allant de 74 à 90 sur 100, tandis que ceux du public enregistrent des scores souvent inférieurs à la moyenne.

Les élèves du public urbain ont obtenu une note de 34,5 en vocabulaire, de 53,5 en lecture d’une phrase, 45,7 en lecture d’un paragraphe et de 34,1 en compréhension des textes qui leur ont été soumis. Ils traînent ainsi de sérieuses lacunes. Leurs camarades du rural ont encore plus de mal à s’en sortir avec ces exercices. Leur pire note a été celle du vocabulaire, avec 22,6 sur 100, suivie de celle de la compréhension, 26,4.

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Même s’ils sont en 4e année du primaire, les enfants du public ont beaucoup de mal avec la lecture et la compréhension du français, contrairement à leurs camarades du privé. En introduisant l’apprentissage du français dès la 1re année du primaire cette année (au lieu de la 3e), le ministère espère redresser la barre

Ces résultats corroborent le constat du ministère de l’Education nationale, qui avait avancé il y a deux ans que les trois quarts des élèves de quatrième année du primaire du public sont illettrés. C’est-à-dire qu’ils arrivent à lire, mais qu’ils ne comprennent pas pour autant ce qu’ils lisent.     

En langue arabe, les performances sont meilleures. Là encore les enfants du privé se distinguent, avec des moyennes excellentes en reconnaissance de lettres et de mots, en vocabulaire et en compréhension. En matière de lecture, leur note dépasse 72 sur 100. Ceux du public s’en sortent haut la main avec les lettres et les mots.

Sur les autres exercices, leurs scores sont moyens à assez bons, allant de 57 à 70. Mais c’est en mathématiques qu’ils réalisent leurs résultats les plus catastrophiques. Paradoxal, puisque c’est en mathématiques que leurs enseignants excellent le plus (voir article page suivante).

Ils n’arrivent pas à atteindre la moyenne dans toutes les opérations (multiplication à un à trois chiffres, division à un et deux chiffres, tâche de division et tâche de multiplication). Au niveau des multiplications à deux chiffres, par exemple, les enfants des écoles publiques urbaines ont obtenu la note de 20 sur 100, contre 12 pour ceux du rural.

Les élèves du privé, pour leur part, n’excellent que dans les multiplications et divisions à un chiffre. Pour le reste des opérations, leur score varie entre 47 et 60/100. 

Le ministère de l’Education nationale vient d’introduire de nouvelles approches d’apprentissage de l’arabe et des maths, et de démarrer l’enseignement du français dès la 1re année du primaire. Il faudra attendre plusieurs années avant d’apprécier les résultats de ces mesures. Toutefois, ce n’est pas qu’une question d’approche ou de contenu des cours. Les enseignants doivent aussi être capables d’assumer leur mission en bonne et due forme. Pour l’heure, c’est loin d’être le cas.

 

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