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    Culture

    Photographie: Plongée dans une mémoire subjective

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5288 Le 06/06/2018 | Partager
    Une exposition à la galerie Banque Populaire
    4 artistes, 4 visions différentes
    Jusqu’au 15 septembre à Rabat
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    Le photographe Jaâfar Akil nous offre dans sa série «Réminiscence d’un deuil familial» des compositions aiguisées de fragments de vies qui tendent par moment à exprimer l’absence comme trace de la mémoire visuelle (Ph. Abo)

    Dans le sillage des «Rencontres photographiques de Rabat», une autre exposition vient élire domicile à la galerie de la Banque Populaire. «Résidus de mémoires» réunit 4 photographes confirmés, qui exposent leurs travaux jusqu’au 15 septembre.

    Il s’agit de Jaâfar Akil, Abderrahmane Marzoug, Miloud Stira et Jamal Benabdesslam, à qui il a été demandé d’écrire un récit photographique sur le thème de la mémoire. Une manière totalement subjective d’interpeller le spectateur sur la place qu’occupent les questions mémorielles, qu’elles soient liées aux histoires individuelle, familiale, collective… qu’elles soient celles de lieux privés ou d’espaces publics.

    A mi-chemin entre la photographie documentaire, comme un témoignage de ce passé récent encore ancré dans nos souvenirs, et une démarche complètement plastique qui tends vers l’abstraction, l’exposition nous interpelle quant à la question suivante: de quoi la photographie est-elle la mémoire? Pour l’artiste Jaafar Akil, «elle revisite l’album familial avec un regard troublant pour récrire ses histoires, ses souvenirs et soulever les questionnements.

    C’est une écriture fragmentaire axée sur les petits détails et attirée vers l’abstraction. Une démarche qui souhaite exprimer la notion de l’absence comme une trace de sa mémoire, de celle de sa famille ou d’autres personnes». L’artiste nous offre dans sa série «Réminiscence d’un deuil familial» des compositions aiguisées de fragments de vies d'individus dans une (ré)écriture fragmentée qui tend par moment à exprimer l’absence comme trace de la mémoire visuelle.

    Moments intimes du quotidien dans certains lieux tels que hammams, cafés populaires, écoles coraniques, espaces publics dédiés aux jeux… les photographies de Jamal Benabdessalam nous dévoilent les mémoires des lieux, à travers des situations d’engagement des Marocains qui les habitent.

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    Jamal Benabdesslam dévoile, avec une approche documentaire non dénuée de sens artistique, les mémoires des lieux, à travers des situations d’engagement des Marocains qui les habitent (Ph. Abo)

    Avec une approche documentaire non dénuée de sens artistique, il nous présente des instants de joie, de grande émotion et de sensations fortes, mais aussi de peines et de déceptions. C’est le cas de certaines photos de Jamal qui incarnent la passion et l’adoration qu’ont les Marocains pour le football. Des œuvres qu’on contemple à la manière d’un film qui nous renvoie des sensations et des souvenirs enfouis.

    Des fictions dont on retrouve les décors dans le travail de Miloud Stira qui nous propose un travail inhabituel dans le répertoire photographique marocain en présentant des images prises dans les vestiges des lieux de tournage du film américain «Les yeux de la colline» au sud du Maroc.

    Une manière de s’interroger sur les aspects intellectuels, idéologiques et esthétiques des restes d’une mémoire visuelle qui diffère culturellement de la nôtre, par ses symboles et ses icônes à travers les vestiges d’une mémoire filmique. Abderrahman Marzoug, quant à lui, a choisi de nous proposer des photographies en noir et blanc d’un sujet habituellement présenté en couleur.

    Son approche se focalise essentiellement sur la mémoire de nos émotions envers la nature et les paysages. Une approche qui juxtapose deux rythmes: le premier plein de mouvement et de bruit, le second nous rappelle la sérénité et la lenteur. C’est ce dernier que le photographe glorifie et place comme finalité. Le travail de Abderrahman est un voyage au fond des mémoires qui se présentent comme de beaux souvenirs à travers une célébration des couleurs, des matières et des formes.

     

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