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Elections Afem Laasri plaide pour une structure forte et influente

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5285 Le 01/06/2018 | Partager
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Entrepreneure depuis 1980, Aicha Amrani Laasri a été la deuxième femme à obtenir un agrément d’assurances au Maroc. Elle est membre fondatrice de l’Afem et a accompagné toutes ses phases d’évolution (Ph. AA)

Aicha Amrani Laasri, candidate à la présidence de l’Afem (Association de femmes chefs d’entreprises), réagit à la polémique autour du mode de déroulement de la campagne électorale. Elle ne présente pas sa candidature en binôme, comme le lui reproche sa concurrente Andaloussi, mais avec une équipe de jeunes qui composera son bureau une fois élue, précise-t-elle.

- L’Economiste: On reproche à votre candidature de ne pas être conforme aux statuts de l’Afem. Que répondez-vous?
- Aicha Amrani Laasri:
J’aurais souhaité que la campagne pour les élections à la présidence de l’Afem soit tournée vers un débat de fond et non pas de forme. Ceci dit, ma candidature est en parfaite conformité avec les statuts de l’association. Elle a été déposée dans les délais et validée par le conseil d’administration. Je suis donc candidate légitime à la présidence, et il ne s’agit pas d’une candidature en binôme. J’ai choisi de mettre en avant et faire campagne avec une équipe de jeunes entrepreneures pour afficher ma volonté de donner à l’Afem une nouvelle image, celle d’une association inclusive et engagée dans une démarche participative. Les statuts de l’Afem n’interdisent en aucun cas à la candidate à la présidence de mener campagne avec son équipe. Cette équipe constituera le socle de mon bureau une fois élue.

- Vous promettez de réinventer l’association. Comment comptez-vous procéder?
- D’abord par l’approche. J’ai choisi de mener cette campagne de manière sérieuse, transparente et de proximité avec les membres de l’Afem dans toutes les régions concernées. Je ne suis pas à la recherche du buzz ou la mise en avant de ma propre personne. Avec mon équipe, nous avons préparé un programme réaliste avec des KPIs (ndlr: key performance indicators) clairs. Nous nous sommes inscrites dans la construction du futur de l’Afem. Ensuite par la démarche. Avant de présenter notre programme, nous avons mené une étude qualitative auprès des membres de l’association pour mieux comprendre leurs besoins et appréhender leurs attentes. Une démarche participative qui a donné la parole aux membres et les a mises au cœur de la construction de notre programme, pour en faire un plan d’actions pertinent capable de répondre à leurs attentes. Et enfin par le programme. Le nôtre est fort riche en mesures concrètes et actions à fort impact. Il met les membres et la croissance de leurs entreprises au cœur de l’action. Ma vision est de réinventer l’Afem à travers une politique participative et inclusive pour la positionner en tant qu’acteur fort et incontournable dans le paysage économique marocain, qui porte les voix de toutes ses membres.
 
- Vous souhaitez mettre en place un guichet unique de mise en relation des membres avec les parties prenantes de l’écosystème entrepreneurial. Quels enjeux derrière cette initiative?
-  L’expérience a montré que parmi les freins au développement des entreprises féminines, il y a l’accès à l’information et aux réseaux. Le guichet unique est une plateforme physique et virtuelle qui répond à ces deux freins. L’idée est de mettre à la disposition des membres de l’Afem un dispositif d’information et de mise en relation pour servir leurs intérêts. Si une membre de l’Afem a besoin d’un fournisseur, d’une introduction auprès d’une institution ou de participer à une mission à l’international, son réflexe devrait être de se tourner vers l’Afem pour lui fournir l’information ou l’orientation nécessaire.

- Quelles autres mesures préconisez-vous au cas où vous êtes élue?
- Notre programme s’articule autour de 6 axes et 40 mesures. Pour n’en citer que quelques-unes, je parlerai tout d’abord du développement des incubateurs pour permettre à l’Afem de jouer son rôle d’accélérateur de l’entrepreneuriat féminin. Mon ambition est d’incuber 100 projets à l’horizon 2021 et de lancer un fonds d’investissement Afem pour financer les projets les plus innovants. Nous avons prévu aussi la mise en place de la charte de la préférence, qui engagera l’Afem  à consulter et collaborer en priorité avec ses membres. Enfin, la création du think tank «Think Women» qui sera en charge de la réalisation d’études et analyses pour faire de l’Afem une source d’information crédible et une force de propositions capable d’influencer la prise de décision économique dans notre pays.

- Quelle est votre analyse aujourd’hui du statut de la femme entrepreneure?
-  Le nombre de femmes entrepreneures au Maroc a régressé durant les 10 dernières années. Il se situe aujourd’hui à 4,5%, selon une étude publiée récemment par L’Economiste. Notre plan d’actions a aussi pour objectif d’agir positivement sur cette donne et de participer à ramener ce taux à sa valeur d’il y a 10 ans, c’est-à-dire 12%. Des actions sont également prévues pour la mise en avant des femmes entrepreneures et leur positionnement comme «role models» afin d’inspirer les autres et leur donner envie et confiance à entreprendre. Je suis convaincue que les femmes marocaines représentent un très grand potentiel entrepreneurial. Les barrières sociales et psychologiques les ont longtemps confinées dans des rôles traditionnels, elles sont prêtes à changer la donne et ont déjà commencé à le faire. L’Afem se doit d’accompagner ce mouvement et lui permettre de s’amplifier.

Propos recueillis par Aziza EL AFFAS

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