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    International

    Exclusif/OCDE: Un effet d'entraînement positif sur le Maroc

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5284 Le 31/05/2018 | Partager
    Il émanera de ses principaux partenaires
    Il faut éviter une escalade des tensions commerciales
    Attention aux niveaux élevés d’endettement public et privé
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    Dynamisme de l’investissement et du commerce mondial, baisse du chômage sont autant de bonnes nouvelles qui confirment la relance de la croissance. Néanmoins, il faut être vigilant face aux nombreux risques à leur tête une escalade des tensions commerciales, l’envolée récente des cours du pétrole ou encore les niveaux élevés d’endettement public et privé… Explications avec Dorothée Rouzet, économiste principale au bureau du Chef économiste de l’OCDE (Ph. OCDE)

    - L’Economiste: La croissance mondiale est sur la bonne trajectoire, mais pas sans risque?

    - Dorothée Rouzet: L’économie mondiale devrait croître à un rythme avoisinant les 4% cette année et en 2019. Il s’agit d’une amélioration bienvenue par rapport aux années précédentes et d’un retour aux taux de croissance qui étaient réalisés en moyenne dans les décennies d’avant-crise. Le dynamisme de l’investissement et du commerce mondial et la diminution continue du chômage (qui devrait, au niveau de l’OCDE, atteindre l’année prochaine son plus bas niveau depuis 1980) sont autant de bonnes nouvelles.
    Néanmoins, il faut être vigilant face aux nombreux risques qui pèsent sur cette bonne dynamique. Tout d’abord, une escalade des tensions commerciales pourrait mettre en péril l’expansion actuelle, d’autant que l’économie mondiale est beaucoup plus intégrée aujourd’hui que par le passé. Ceci aurait des répercussions importantes sur la confiance des entreprises, les investissements et la création d’emplois. Un autre risque important est lié à l’envolée récente des cours du pétrole, qui ont crû de plus de 50% au cours de l’année écoulée et pourraient alimenter les tensions inflationnistes. Enfin, il existe des risques importants liés aux marchés financiers. Dans un contexte où les taux d’intérêt commencent à remonter, les niveaux élevés d’endettement public et privé pourraient mettre en difficulté entreprises, ménages et gouvernements dans un certain nombre de pays.

    - Faut-il s’attendre à un impact positif sur l'économie marocaine à travers la reprise chez les principaux partenaires commerciaux?
    - La reprise dans les grandes économies mondiales, notamment en Europe, s’est traduite par un redressement marqué du commerce international, qui était resté largement atone depuis l’éclatement de la crise financière. La croissance des échanges mondiaux a atteint 5% l’année dernière et nous prévoyons qu’elle se maintiendra à un rythme soutenu au cours des deux prochaines années. Ceci devrait avoir un effet positif sur les pays intégrés au commerce international, qui bénéficieront d’un effet d’entraînement grâce à l’amélioration de la croissance de leurs principaux partenaires. C’est le cas du Maroc.

    - Une guerre commerciale mondiale est-elle inévitable?
    - Il est essentiel d’éviter une escalade des tensions commerciales qui serait coûteuse pour tous les pays concernés en termes d’activité et d’emploi. Il ne faut pas oublier que le commerce international a été source de gains considérables pour les consommateurs et les entreprises du monde entier et a contribué à sortir des millions de personnes de la pauvreté. Le protectionnisme, en revanche, ne fait que des perdants. Bien sûr, il y a des progrès à faire pour que l’intégration commerciale bénéficie plus fortement et plus largement à tous, y compris les plus vulnérables, et le multilatéralisme est un chantier qui n’est jamais achevé. Mais améliorer la coopération au niveau international pour instaurer des règles du jeu plus justes est pourtant bien la solution. Le Forum mondial sur les surcapacités sidérurgiques, facilité par l’OCDE, est un exemple parmi d’autres de dialogue multilatéral pour s’atteler ensemble à ces questions.

    - Il y aurait un grand risque sur les investissements étrangers?
    - Commerce international, investissements directs étrangers et investissement en général vont de pair. Les travaux de l’OCDE sur l’activité des multinationales et les chaînes de valeur mondiales le montrent bien. Les économies actuelles sont fortement interconnectées par des flux de biens, services, capitaux qui contribuent à des chaînes de productions de plus en plus complexes et fragmentées entre pays. Il est trop tôt pour parler de risque sur les investissements étrangers. L’important est de préserver la bonne dynamique de croissance mondiale et l’ouverture des marchés, qui sous-tendent les flux d’investissements productifs et leurs retombées sur les économies concernées.

    - Quels sont les impacts possibles de la réforme fiscale américaine?
    - Il faut tout d’abord noter que même si la réforme fiscale américaine est celle qui a le plus d’ampleur, de nombreux pays de l’OCDE ont entrepris des mesures d’assouplissement budgétaire qui viennent en soutien de la croissance actuelle. Aux Etats-Unis, l’adoption du US Tax Cuts and Jobs Act, et la décision du Congrès de relever les plafonds de dépenses, vont entraîner une relance budgétaire considérable qui devrait représenter environ 1% du PIB américain en 2018 et en 2019. A court terme, cela donnera un coup de pouce à la croissance des Etats-Unis, avec des retombées positives sur leurs principaux partenaires commerciaux. L’impulsion budgétaire devrait cependant contribuer au creusement du déficit courant et inciter la Réserve fédérale à resserrer plus rapidement la politique monétaire. A moyen terme, les effets sont plus incertains, mais l’augmentation de la dette publique en proportion du PIB pourrait notamment pousser à la hausse les taux d’intérêt sur la dette américaine.

    Propos recueillis par Fatim-Zahra TOHRY

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