International

Airbus parie sur la transformation digitale

Par Omar KETTANI | Edition N°:5284 Le 31/05/2018 | Partager
Une stratégie visant une meilleure efficacité en matière de production
Diffusion d’information: vers un renforcement des relations avec les partenaires
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Avec sa nouvelle politique, Airbus entend voler sur le nuage du digital (Ph. AFP)

La révolution numérique est enclenchée et le secteur aéronautique n’en est pas moins concerné. Récemment, le constructeur aéronautique français Airbus a développé une nouvelle stratégie visant à partager l’information entre les différents départements du groupe.

Objectifs: produire de nouvelles unités aériennes plus rapidement, tout en réduisant les coûts de production et la durée de développement d’un appareil Airbus. A cet effet, la transformation digitale est en passe de devenir un élément majeur pour faire face à la concurrence américaine et chinoise.

Pour Marc Fontaine, digital officer d’Airbus. «l’entreprise a conclu que la donnée est le ciment des technologies, faisant d’elle un pilier de la transformation digitale».

Dans son processus, Airbus a scellé un accord avec la société US Palantir spécialisée dans le big data, et a lancé une plateforme baptisée Skywise par le biais de laquelle il projette de diffuser aussi bien chez les usines que chez les compagnies les données nécessaires afin de consolider ses relations avec ses partenaires. Avec sa nouvelle plateforme, l’avionneur gère près de 3.000 avions appartenant à une vingtaine de compagnies.

Parmi les bénéficiaires de cette plateforme, on distingue, entre autres, EasyJet et Emirates. Autre élément de taille, celui de la sécurité en matière d’hébergement des données. Comme le témoigne Fontaine, «Skywise utilise des logiciels d’Airbus et de Palantir fondés sur une infrastructure de stockage cryptée fournie par Amazon».

Dans le même ordre d’idée, cela permettra à la firme française de renforcer son industrie en anticipant les pannes émanant des appareils, et la performance des avions au niveau de leur fiabilité. A ce propos, Marc Fontaine soutient qu’«un bon avion atteint une fiabilité de 99%. Le reste du temps, il a un problème qui le cloue au sol, ce qui n’est plus acceptable». Pour pouvoir anticiper les éventuelles anomalies, un suivi de chaque appareil est nécessaire.

Selon Fontaine, «à l’ère de l’A320, Airbus collecte et décortique plus de 400 paramètres. Or, à l’heure actuelle, avec l’arrivée de l’A350, c’est plus de 800.000 données qui sont analysées quotidiennement». Sur le sol marocain, Airbus opère avec des sous-traitants pour la fabrication des pièces destinées à ses avions.

Plus globalement, le secteur de l’aéronautique au Maroc a réalisé une forte croissance  en 2017. Il a enregistré une hausse du chiffre d’affaires à l’export de 18,4%, et l’implantation de 130 entreprises. La filière emploie par ailleurs plus de 15.000 salariés et inscrit un taux d’intégration de 29%.

A rappeler que le Maroc s’est doté de six écosystèmes aéronautiques, notamment en matière de câblage, d’assemblage, d’ingénierie, de maintenance ou encore de moteurs (cf. L’Economiste 5228 du 13 mars 2018).

 

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