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    Economie

    Dialogue social El Othmani impuissant

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5283 Le 30/05/2018 | Partager
    Le chef du gouvernement n’arrive pas à trouver la bonne formule
    Devant les députés, il reconnaît l’existence de divergences avec les partenaires sociaux
    L’opposition le tacle et lui reproche un «double discours»
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    Saâdeddine El Othmani a concédé que lors des dernières réunions avec les partenaires sociaux, «il s’est avéré qu’une différence notable des avis sur les modalités de la tenue du dialogue social et ses perspectives persiste» (Ph. Bziouat)

    Face à un contexte social tendu, Saâdeddine El Othmani a fait profil bas, lors de son passage devant les députés, lundi dernier. Le chef du gouvernement a été interpellé sur l’échec du dialogue social, au cours de la séance mensuelle des questions des politiques publiques.

    Au moment où le gouvernement El Othmani continue d’être attaqué par les meneurs de la campagne de boycott, ce dernier a d’abord essayé de montrer patte blanche, en avançant que son équipe «comprend les jeunes de Facebook». Il a ensuite encaissé les attaques des groupes parlementaires de l’opposition, particulièrement ceux du PAM et de l’Istiqlal. El Othmani a été malmené par les députés de ces deux formations.

    Pour eux, «le gouvernement s’est désengagé du domaine social, mettant les citoyens face à face avec les spéculateurs». Les députés de l’opposition n’ont pas hésité à accuser l’équipe d’El Othmani «d’accentuer la tension sociale». Pour plusieurs d’entre eux, le chef du gouvernement s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur, «en tenant un double discours». C’est ce qui conduit à «la perte de confiance des citoyens», selon différents parlementaires.

    Face à l’absence de résultats concrets après les dernières rencontres tripartites, des députés, dont certains sont actifs au niveau des centrales syndicales, ont pointé la responsabilité du gouvernement dans le blocage du dialogue social. «Il a été vidé de son sens», s’accordaient à dire les parlementaires de l’opposition. Ces derniers ont critiqué particulièrement l’incapacité du gouvernement à institutionnaliser ce dialogue entre les partenaires sociaux.

    Ce diagnostic alarmiste n’est pas partagé par El Othmani. Pour lui, «il n’y a pas eu d’échec du dialogue social». Il a jeté la balle dans le camp des syndicats, assurant que ce sont les centrales qui ont demandé la poursuite des négociations après le 1er mai. «Malgré sa réactivité, le gouvernement a été surpris par la demande de report des négociations et de la signature de l’accord», a-t-il dit.

    En dépit de l’ambiance électrique, le chef du gouvernement a tenté d’éviter de se mettre à dos les syndicats. Il a opté pour un discours plutôt conciliant. Pour lui, «s’il est vrai qu’aucun accord n’a été signé, il n’en reste pas moins vrai que la reprise du dialogue s’est faite dans une atmosphère positive».

    Cette attitude cache mal les difficultés auxquelles El Othmani devra faire face. Lors des dernières rencontres, «il s’est avéré qu’une différence notable des avis sur les modalités de la tenue du dialogue social et ses perspectives persiste», a-t-il reconnu.

    Le chef du gouvernement a également précisé que l’offre présentée est toujours valable. Elle nécessitera une enveloppe estimée à 6 milliards de DH. Elle concerne notamment l’augmentation des salaires des fonctionnaires, échelle 10, de 300 DH par mois, sur 3 ans, à partir du 1er juillet prochain. Idem pour la hausse des allocations familiales de 100 DH par enfant, dans la limite de 6 enfants par famille, à partir de la même date.

    Cette mesure devra concerner les secteurs public et privé. S’y ajoute la création d’un nouveau rang d’avancement pour les fonctionnaires des échelles 8 et 9. L’augmentation de l’allocation de naissance, de 150 DH actuellement à 1.000 DH à partir du 1er juillet prochain, est également au menu. Idem pour l’indemnité du travail en zone éloignée, fixée à 700 DH par mois.

    Loi organique sur la grève

    Très attendues depuis plusieurs années, les lois organiques sur les syndicats et sur l’exercice du droit de grève n’ont pas encore été introduites dans le circuit législatif. Interpellé sur ce sujet, Saâdeddine El Othmani s’est contenté de dire que son équipe «est engagée à mettre en place ces textes bientôt». Le chef du gouvernement a promis de «mener des concertations avec les centrales syndicales les plus représentatives sur le projet de loi sur la grève». Il s’est également engagé sur «la révision de l’article 288 du code pénal, afin de renforcer les libertés syndicales». El Othmani a aussi insisté sur certaines mesures, concernant essentiellement le secteur privé. C’est le cas notamment de la nécessité de «consolider les outils de négociation et de résolution des conflits». S’y ajoute «la création de mécanismes de concertation sur la révision de la législation sur l’emploi».

     

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