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    Economie

    Mezouar expose ses idées… ou son programme?

    Par Nadia SALAH | Edition N°:5245 Le 05/04/2018 | Partager
    La classe moyenne est désorientée, le gouvernement aussi
    «Il faut sortir par le haut» et «ça va marcher»
    Le chômage des jeunes provoque la fuite des compétences
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    L’époque est perturbée? «C’est le moment de gagner des batailles!». Salaheddine Mezouar ne dit ni oui ni non sur son éventuelle candidature à la présidence de la CGEM. Il lui manque d’avoir sa propre entreprise, mais il ne manque pas d’idées (Ph. Bziouat)

    Va-t-il y aller ou pas? En fait il ne répond ni oui ni non. Il ne dément pas, il ne confirme pas non plus. Mais, après deux heures de conférence-débat, aucun des invités de l’Association pour le Progrès des Dirigeants (APD) ne doutait de la candidature de Salaheddine Mezouar pour la succession de Miriem Bensalah-Chaqroun, à la tête de la CGEM (voir aussi encadré ci-contre sur l’officialisation de la candidature de Hakim Marrakchi avec Assia Aïouch-Benhida).

    Officiellement, le sujet de la rencontre de l’APD, le 3 avril 2018,  à Casablanca, est la «diplomatie économique»;  le thème était bien là, mais pas seul.

    L’ancien ministre du Commerce, de l’Industrie, des Finances et des Affaires étrangères, entrepreneur industriel, président d’associations professionnelles, premier redresseur-modernisateur de son parti, le RNI, basketteur capitaine de la sélection nationale…  Salaheddine Mezouar a un talent spécial pour donner de la cohérence.

    Pas de désordre, ni dans sa pensée, ni dans ses messages. Plus une habileté toute diplomatique pour éviter les mots qui vont fâcher ou qui risquent d’être mal compris. Ou encore pour oublier les questions embarrassantes, mais pas celles qui portent une polémique. ISCAEiste, c’est aussi un sociologue de formation. Puisqu’il y en a très peu au Maroc, il a indéniablement un avantage comparatif pour repérer les dynamiques sociales, collectives. Et c’est ce qu’il fait tout le temps.

    ■ Diplomatie et entreprise
    De la diplomatie économique, telle que Mezouar la voit et l’a expérimentée, il faudra retenir que le Maroc a plusieurs options, qu’il peut utiliser conjointement, l’une après l’autre… Il donne l’exemple de l’entrée à la Cedeao, dont les difficultés embarrassent un peu l’opinion publique. La voie institutionnelle directe, d’Etat à Organisation internationale, est manifestement fermée; ce qui donne le champ à des lobbies pour freiner davantage. Les relations directes entre les entreprises auraient pu et peuvent toujours améliorer les conditions d’approche. C’est d’ailleurs de cette manière, en mettant en avant ces entreprises et leur savoir-faire, que le Maroc est «revenu à la maison».
    Avec patience et/mais fermeté, l’ancien ministre corrige: «nous construisons», «nous partageons» des expériences. Il ne veut pas entendre le mot «conquête», ni ses synonymes. On a l’impression que les grands patrons invités de l’APD apprécient cette «démilitarisation» de leur fonction de chef d’entreprise. Ce qui n’a pas empêché trois ou quatre d’entre eux de raconter les mécomptes ou les avanies dont ils ont été témoins, alors qu’ils avaient le désir d’apporter leur contribution à la diplomatie.

    ■ Politique et vision
    Ces remarques font le lien avec la politique. Le gouvernement est désuni, agité de rivalités, dit Mezouar sans prendre de gants: «Certains font des calculs électoraux et veulent servir leur clientèle, d’autres gèrent leur carrière personnelle» ce qui conduit au populisme. «Il y a un problème avec l’exécutif et son incapacité à apporter des réponses» aux inquiétudes des gens.  A partir de là, Mezouar fait du Mezouar: c’est quand les gens doutent, se dispersent, qu’il faut proposer une sortie par le haut, un plan. Il est sûr que cela va fonctionner, car «aujourd’hui tout le monde a besoin d’afficher un succès», «d’être fier de ce qu’on fait au Maroc». Puisque le fonctionnement politique déçoit, les entreprises «sont en mesure d’accompagner cette mutation». Le privé est en capacité d’agir, et «donc de réussir». Même «une réussite à 30% est bonne à prendre». On aura reconnu le raisonnement d’un capitaine de l’équipe de basket.

    ■ Chômage et soutien aux entreprises
    La classe moyenne est perturbée (c’est elle qui fait le million de voix du PJD) ; les crises et le printemps arabe ont dévoré des «fonds publics investis de manière contracyclique» (pour lutter contre le cycle baissier des crises). Le basculement nécessaire aujourd’hui doit venir des entreprises, et surtout des PME. «L’Etat a plus de marge de manœuvre qu’il ne le croit lui-même» affirme l’ancien ministre de l’Industrie. Il cite le Comité de veille  et les multiples mesures prises pour que les entreprises traversent le choc de la crise mondiale, sans faire faillite, ni perdre leurs compétences (Cf. L’Economiste du 5 mai 2009). Pour le conférencier, il n’y a pas de raison pour ne pas s’inspirer de cette expérience pour améliorer le contexte d’activité des PME. Le chômage des jeunes préoccupe Mezouar, mais dit-il, «c’est la fuite des compétences qui m’inquiète le plus». Le moment est difficile, hésitant… On peut s’en servir pour faire avancer nombre de dossiers, de procédures, de règles… «Il y a des combats à gagner».

    Marrakchi en binôme avec Assia Benhida Aïouch

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    C’est confirmé. Abdelhakim Marrakchi sera candidat à la présidence de la CGEM en binôme avec Assia Benhida Aïouch, DG d’Optimum Conseil. «Nous avons de fortes convictions que nous pouvons mieux défendre les intérêts de l’entreprise», a confié à L’Economiste cet industriel qui plus est l’actuel président de CGEM International.

    Le binôme a retiré, ce 3 avril, le dossier de candidature. Il compte déposer officiellement sa demande en bonne et due forme dans les prochains jours. Le conseil d’administration de la Confédération devra se réunir le 16 avril prochain pour valider ce dossier. «J’ai la conviction que l’entreprise doit être soutenue et j’estime avoir la légitimité pour ce faire après plusieurs années de militantisme au sein de la Confédération et sa gouvernance», soutient Marrakchi.

    A ce jour, aucune candidature officielle n’a été déposée à la CGEM. Outre le binôme Marrakchi-Benhida, d’autres tandems ont annoncé leur intention de se présenter aux élections. Il s’agit du binôme Hammad Kassal-Omar Chaabi.

    Abdelilah Hifdi ambitionne également de succéder à Miriem Bensalah-Chaqroun mais le nom de son binôme n’est pas encore dévoilé. S’y ajoute le candidat surprise, Salaheddine Mezouar, qui peut changer tous les pronostics. C’est dire que le jeu se corse de plus en plus. Une fois encore, c’est la voix des urnes qui aura le dernier mot.
    N.D.

     

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