International

Les risques à surveiller selon le WEF

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5190 Le 18/01/2018 | Partager
Au Maroc, chômage, sous-emploi, cours du pétrole, instabilité sociale…
Des obstacles au climat des affaires
Les risques environnementaux inquiètent le monde
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Dans son rapport «Global Risks Report 2018», le Forum économique mondial (WEF) mentionne le chômage et le sous-emploi comme un risque et un obstacle pour faire du business. Selon les prévisions du HCP, le taux de chômage devrait connaître une légère hausse passant de 10,2% en 2017 à 10,5% en 2018

Chômage et sous-emploi, variations des cours du pétrole, instabilité sociale profonde, échec de la planification urbaine, attentats terroristes… Ce sont là les cinq risques globaux qui préoccupent le monde des affaires au Maroc, selon le rapport «Global Risks Report 2018», publié par le Forum économique mondial (WEF) le 17 janvier. Les armes de destruction massive, la déflation, la propagation de maladies infectieuses, les crises alimentaires… viennent en dernière liste. Ce qui explique qu’elles ne constituent pas une menace réelle pour le pays.

Le WEF a posé des questions sur la tendance des risques dans l’année à venir. Il a consacré tout un chapitre aux risques pour le Doing Business. Le taux de chômage constitue un facteur important de risque et plusieurs institutions alertent sur ce phénomène. D’après les prévisions du HCP pour 2018, les créations d’emplois induites ne permettront pas d’absorber la demande additionnelle en augmentation continue. Le taux de chômage devrait connaître une légère hausse passant de 10,2% en 2017 à 10,5% en 2018. Même son de cloche auprès de la Banque mondiale.

La création d’emplois restera faible car celle-ci n’est pas suffisante dans les nouveaux secteurs industriels et services pour absorber les nouveaux entrants, avait indiqué Emmanuel Pinto Moreira, économiste principal pour le Maroc (voir aussi notre édition N°5187 du 15/01/2018). Une profonde réforme du marché du travail pour qu’il soit plus inclusif et intègre le secteur informel est une piste de réforme importante. Les faibles taux de participation des jeunes et des femmes à la main-d’œuvre soulignent la nécessité de favoriser un marché du travail plus inclusif en adaptant le coût et le code du travail aux besoins de l’économie.

Dans le monde, le manque d’opportunités économiques et d’emplois est cité aussi comme un risque majeur. Les sondés font écho aux emplois de mauvaise qualité et de la montée en puissance de la «Gig Economy» ou «économie des petits boulots». Le chômage des jeunes restera un enjeu mondial important, en particulier lorsque les changements démographiques dans les pays en développement s’accéléreront.

Il continuera d’amplifier de nombreux risques notamment l’exclusion sociale, les migrations massives et les conflits générationnels. Dans la région Mena, le chômage des jeunes reste obstinément élevé autour de 30%. Selon les prévisions de l’Organisation internationale du travail (OIT), il y aura 71,1 millions de jeunes chômeurs dans le monde en 2018.

Les Marocains restent attentifs aussi à la fluctuation des cours du pétrole. Car toute baisse devrait avoir des effets globalement positifs sur la croissance économique au Maroc (source: OCP Policy Center, la chute des prix de l’énergie: Causes, conséquences et implications pour le Maroc).

L’autre inquiétude reste liée à l’instabilité sociale profonde. Les récents événements à Jerada et Al Hoceïma incitent le gouvernement à trouver des réponses concrètes et urgentes afin que le mouvement ne s’étende pas à d’autres régions. A rappeler que le Maroc a été classé 69e dans le Doing Business 2018, en recul d’un rang par rapport au classement de l’année dernière. Le gouvernement s’est engagé à se hisser à la 50e place du Doing Business d’ici 2020. Pour réaliser ce défi, une feuille de route a été tracée et comporte plusieurs mesures: généralisation des guichets uniques, réforme de la loi sur les droits réels, création d’un baromètre pour le climat des affaires…

Le WEF publie son enquête annuelle sur la perception des risques dans le monde à l’approche de sa 48e réunion qui aura lieu du 23 au 26 janvier à Davos-Klosters, en Suisse, avec pour thème «Construire un avenir commun dans un monde fracturé».
Ses experts ont interrogé près de 1.000 personnes sur la tendance des risques pour l’année 2018: 59% ont fait part d’une intensification des risques et seulement 7% une baisse des risques. Ce pessimisme s’explique en partie par la détérioration du paysage géopolitique.

Près de 93% des sondés s’attendent à une aggravation des affrontements politiques ou économiques entre grandes puissances et près de 80% prédisent une augmentation des risques de guerre impliquant les grandes puissances. Comme c’était déjà le cas en 2017, l’environnement reste, et de loin, la principale préoccupation. Les cybermenaces prennent de plus en plus d’importance et les cyberattaques à grande échelle se classent désormais au troisième rang en termes de probabilité. La cyberdépendance est classée comme le deuxième facteur dessinant le paysage des risques mondiaux au cours des 10 prochaines années.

D’un autre côté, les risques économiques occupent une place moins importante cette année. Ce qui conduit certains experts à s’inquiéter que l’amélioration des taux de croissance du PIB mondial n’engendre une certaine complaisance au sujet des risques structurels des systèmes économiques et financiers mondiaux. Malgré la croissance, l’inégalité reste classée au troisième rang des facteurs de risque sous-jacents, et l’interconnexion des risques la plus fréquemment citée est celle qui existe entre les conséquences négatives des progrès technologiques et le chômage structurel élevé ou le sous-emploi.

 

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