Economie

La stabilité financière en mode brainstorming

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5167 Le 13/12/2017 | Partager
Renforcer les capacités des établissements face aux nouveaux risques
Cyberattaques et activités transfrontalières: Nouveaux défis
Aucun risque systémique pour le Maroc

La stabilité financière et la surveillance macroprudentielle sont au cœur des priorités de Bank Al-Maghrib (BAM). Ce thème était le principal sujet du symposium régional, organisé par BAM hier à Rabat. C’est le wali Abdellatif Jouahri qui a ouvert cette 2e édition, en présence des membres du Comité marocain de coordination et de surveillance des risques systémiques, qu’il préside.

Cette instance, qui se réunit deux fois par an, en juin et en décembre, est composée de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), de l’Autorité marocaine du marché des capitaux et de la Direction du Trésor et des Finances extérieures.

Si la première édition du symposium était consacrée aux administrations, la deuxième a été élargie à l’Afrique, avec la présence de banques centrales du continent. Jouahri a attiré l’attention sur l’environnement interne et externe du système financier africain qui connaît des évolutions importantes. Celles-ci «imposent aussi bien aux régulateurs qu’aux établissements financiers de s’adapter pour faire face à l’émergence de nouveaux risques».

Pour lui, ces évolutions concernent l’impact de la transformation numérique et des innovations technologiques. «Avec la digitalisation accrue des services financiers qui favorise par ailleurs l’inclusion financière, le risque de recrudescence des cyberattaques ciblant le secteur financier devient de plus en plus critique et devrait être par conséquent pris en charge», a rappelé le wali de Bank Al-Maghrib.

Il appelle à la vigilance et à la nécessité de renforcer et d’adapter les processus de régulation et de surveillance de ces risques, en concertation avec les différents acteurs concernés au niveau national et international.

Les banques centrales africaines impliquées

En outre, les politiques de renforcement de l’intégration économique et financière en Afrique ont favorisé l’expansion des activités transfrontalières de plusieurs institutions financières africaines. «Cette expansion n’est pas sans risques sur la stabilité financière au vu des menaces de contagion transfrontalière», a-t-il asséné.

Si le Maroc a choisi un comité de coordination, d’autres ont opté pour une institution à part entière, relevant des hautes instances et qui ont le pouvoir sur tout le système financier. Si un risque systémique sur le secteur financier est identifié, cette instance peut intervenir pour faire appliquer les mesures afin de limiter l’impact.

Lors des réunions du Comité, chaque autorité présente les indicateurs de stabilité des secteurs sous surveillance, sur la base d’une maquette des risques, l’évolution des indicateurs quantifiés afin d’évaluer, de façon générale, la stabilité du secteur financier. «Ce symposium s’inscrit dans ce cadre.

Le travail effectué sur les 3 ou 4 dernières années est partagé, particulièrement l’identification des risques pour chaque secteur et la détermination des indicateurs de suivi de ces risques», a indiqué un participant. Des enjeux qui interpellent les assurances, les banques et le marché des capitaux.

En pratique, le partage d’informations sur ces secteurs et l’évaluation des indicateurs s’effectuent chaque semestre. Pour Mimoune Zbayare, directeur de la régulation et de la normalisation à l’ACAPS, «le secteur des assurances ne présente pas de risque systémique, dans la mesure où la solvabilité dépasse de 4 fois le minimum exigé.

La couverture des provisions techniques dépasse pour le moment de 100% le niveau exigé par la réglementation. Donc, ce secteur ne présente aucun risque sur la stabilité du marché financier dans sa globalité». Le rapport de stabilité est publié chaque année par l’ACAPS. Le dernier donne la situation du secteur financier à fin décembre 2016. «Globalement, le secteur financier se porte très bien. Jusqu’à maintenant, aucun risque systémique pouvant peser n’a été identifié», déclare le directeur.

Résilience

«Pour le secteur bancaire, nous avons notre cartographie des risques à examiner et nous regardons semestriellement son niveau d’exposition aux risques systémiques et prévenir toute situation qui pourrait être à l’origine d’une crise», note Halim El Jadi, chef de département de la stabilité financière à Bank Al-Maghrib. Les résultats de ces évaluations sont repris dans le rapport annuel sur la stabilité financière. Selon lui, les évaluations restent, pour l’heure, rassurantes par rapport à la situation actuelle du secteur bancaire qui a démontré sa résilience. «Nous regardons la solidité des institutions financières, nous évaluons la situation macro-économique, les aspects de contagion transfrontalière au vu de l’expansion de notre secteur financier dans les pays africains… Tous ces aspects sont analysés avec une méthodologie structurée», a-t-il fait savoir.

 

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