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    Dossier Spécial

    Déficit de profs: Le ministère part à la chasse de profils

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5106 Le 14/09/2017 | Partager
    Faute de postes budgétaires, l’on reconvertit des fonctionnaires ayant des doctorats
    Les enseignants du lycée appelés à la rescousse
    Réglementer le double emploi des enseignants
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    Le déficit en enseignants universitaires se sent surtout au niveau des facultés à accès ouvert, où chaque prof peut chapeauter jusqu’à 162 étudiants, contre une moyenne nationale de 56

    Chaque année, le ministère de l’Enseignement supérieur reçoit des postes budgétaires au compte-gouttes (300 à 400). Cela ne lui permet pas de combler les départs à la retraite. Côté enseignants-chercheurs, quelque 308 devraient céder leurs places cette année.

    La tendance s’accélèrera durant les prochaines années (422 en 2020, et 593 en 2025). D’ici 2030, environ 7.425 auront quitté les universités. Le plus grand nombre de départs sera enregistré dans les facultés des sciences (2.562), suivies de celles des lettres (1.631).

    Faute de pouvoir décrocher plus de postes budgétaires, le ministère tente de s’en sortir comme il le peut. Pour 2017-2018, la tutelle lorgne 400 enseignants de lycée, titulaires d’un doctorat. Leur statut ne changera pas, ils seront simplement affectés à des universités, pour une période de 3 ans renouvelables. Les cadres de l’Enseignement supérieur iront, également, à la chasse dans les autres administrations publiques, où un potentiel de 800 docteurs peut être mobilisable.

    Les fonctionnaires docteurs peuvent ainsi passer un concours afin d’accéder au statut d’enseignant-chercheur. Il n’y aura donc pas de création de postes, mais une simple reconversion. Le concours est ouvert depuis maintenant trois ans. Le ministère continuera, par ailleurs, à embaucher des doctorants en CDD.

    A plus long terme, l’on souhaite séduire les compétences marocaines du monde, ainsi que les enseignants étrangers. Il faudra, cependant, leur offrir des avantages alléchants. Cela dit, le déficit n’est pas la seule question à régler concernant les professeurs. Ce n’est un secret pour personne, nombreux sont les profs du supérieur qui, en parallèle à leur statut d’enseignants-chercheurs, exercent une deuxième activité (business, conseil…), alors que cela leur est interdit.

    Globalement, c’est plutôt une chance que de bénéficier de l’encadrement de profs ayant un pied dans le monde de l’entreprise. Sauf que des abus existent. Beaucoup privilégient leur carrière privée au détriment de leur fonction à l’université. Pour l’heure, les profs universitaires restent des électrons libres échappant à tout contrôle ou évaluation.

     

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