International

Venezuela: Le président Maduro étend son pouvoir

Par Karim Agoumi | Edition N°:5081 Le 07/08/2017 | Partager
Son adversaire la plus coriace limogée par la Constituante
Condamnation à l’international, suspension du Mercosur… de lourdes retombées

Ca chauffe au Venezuela! L’élection de la Constituante, qui s’est tenue il y a près d’une semaine sur fond de rejet de l’opposition et d’accusations de fraude électorale, vient de se solder par le limogeage de la procureure générale Luisa Ortega. Une décision de trop qui fait déjà grincer des dents la communauté internationale et qui aura de lourdes retombées politiques et économiques pour le pays.

Ortega a été en effet destituée de sa fonction par les membres de la nouvelle Assemblée constituante. Des unités de la Garde nationale bolivarienne (GNB) sont même allés jusqu’à l’empêcher d’accéder aux bureaux du Parquet général dans le centre de Caracas. Ses comptes ont également été bloqués et il lui a été interdit de quitter le pays. La principale figure institutionnelle à avoir osé défier publiquement son successeur a immédiatement été remplacée par un proche du pouvoir, Tarek William Saab.

L’élection de la Constituante et ses décisions pour le moins radicales ont tôt fait d’ébouillanter la communauté internationale, menaçant la prospérité du Venezuela. Politiquement d’abord, le «renvoi» illégal de la procureure générale a été largement condamné par les Etats-Unis mais également par le Chili, qui qualifie la destitution en question d’acte dictatorial et d’entrave à la paix pour le peuple vénézuélien.

Mais l’installation et la première action concrète de l’Assemblée ont également donné lieu à des sanctions économiques particulièrement lourdes. Ainsi, les ministres des affaires étrangères du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay ont décidé de suspendre le Venezuela du Mercosur, le marché commun sud-américain, pour avoir porté atteinte à sa stabilité démocratique.

Pour lever cette lourde sanction, les pays membres de l’organisation demandent au président Nicolas Maduro et à la Constituante de libérer les prisonniers politiques, de reprendre le calendrier électoral mais également d’annuler définitivement l’Assemblée.
Les tensions ont également touché l’intérieur du pays, donnant lieu à de nouvelles  manifestations houleuses et qui ont fait plus d’une dizaine de morts. Au total, plus de 120 personnes ont été tuées lors des manifestations contre le gouvernement qui sévissent depuis près de quatre mois.

 

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