Economie

Cour des comptes/Audiovisuel: Toutes déficitaires, les chaînes publiques!

Par Amin RBOUB | Edition N°:5010 Le 25/04/2017 | Partager
SNRT, Soread-2M... Des couacs dans la gouvernance
Le pôle public n'est pas encore opérationnel

Les magistrats de la Cour des comptes ont passé au peigne fin l'audiovisuel public. La mission de la Cour a couvert une dizaine d'années (2006-2015). Une période qui a absorbé un financement public de 11,95 milliards de DH, répartis entre la SNRT, Soread 2M et le CCM. Il va sans dire que la SNRT absorbe l'essentiel du soutien public.

De 2006 à 2015, elle a encaissé 88% des financements de l'Etat. Chiffres à l'appui, la SNRT a absorbé 10,5 milliards de DH contre 430 millions de DH pour 2M. Pour sa part, le CCM a bénéficié de 995 millions de DH. Le soutien public provient essentiellement des subventions du Budget de l'Etat.

Viennent ensuite les recettes de la taxe de la promotion de l'audiovisuel et celles du fonds de la promotion de l'audiovisuel, avec respectivement 24,13 et 20,59%. Le financement de l'Etat envers l'audiovisuel public était en moyenne de l'ordre de 1,33 milliard de DH par an (entre 2006-2015).

Le constat des magistrats est sans appel: 10 ans après la décision de faire converger l'ensemble des composantes en une hyper-structure publique plurielle, diversifiée et complémentaire, «le pôle public, tel que préconisé par le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle, n'a pas été mis en place. Bien qu'elles disposent d'un même président, les deux entreprises audiovisuelles (SNRT et Soread-2M)  opèrent sans synergie et sans coordination réelle».

La Cour des comptes a également relevé de nombreuses insuffisances chez  la SNRT. A leur tête, «une dépendance accrue aux subventions publiques». Par ailleurs, le chiffre d'affaires de la SNRT a enregistré de réelles «régressions». «Il ne couvre même pas les charges d'exploitation, qui ont représenté 2 fois le chiffre d'affaires sur la période 2009-2015».

Cette situation inquiétante s'explique notamment par «la faiblesse des recettes publicitaires», qui n'ont pas dépassé 169 millions de DH en 2015. Mais aussi et surtout l'augmentation des charges du personnel qui ont atteint  520 millions de DH la même année.  Parmi les dysfonctionnements relevés auprès de la SNRT, l'absence de contrat-programme depuis 2012.

«A partir de 2012, aucun contrat-programme n'a été signé entre l'Etat et la SNRT». Or, le dernier contrat-programme (celui de 2011) précise (dans son article 3) que la SNRT s'engage à présenter avant fin 2011 un projet de contrat-programme pour 2012-2014. Depuis, rien n'a été fait. De surcroît, les magistrats relèvent «une absence totale de comptabilité analytique opérationnelle».

Il faut rappeler que le financement accordé doit correspondre au coût effectif découlant du respect des obligations. Or, il a été constaté que les contrats programmes ont été conclus sans que la SNRT ne dispose d'une comptabilité analytique lui permettant d'évaluer le coût effectif  de ses obligations. Du coup, les estimations de coûts avancées restent approximatives.

2M: Une situation alarmante!

LA chaîne d'Aïn Sebaâ (2M) n'est pas mieux lotie. Sa situation est qualifiée de préoccupante. «Les agrégats comptables et financiers de Soread témoignent d'une situation financière alarmante». En effet, 2M ne réalise que des résultats négatifs depuis 2008. Le chiffre d'affaires n'arrive toujours pas à absorber les charges. Du coup, le résultat financier est déficitaire de manière structurelle.  Depuis 2012, la situation nette de l'entreprise est inférieure au quart du capital. Mais malgré la notification du commissaire aux comptes, qui a été aussi adressée au président de Soread, la régularisation tarde à voir le jour.

 

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