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    International

    Libre-échange: Après les promesses, Trump va composer avec la réalité

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4978 Le 10/03/2017 | Partager
    Il a besoin d’autres pays pour développer les échanges commerciaux
    Démarches nécessaires pour continuer d’exporter vers les Etats-Unis
    Grand intérêt de la communauté d’affaires Maroc-USA
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    Diana Cammarano, PDG d’ACTE International France(1): «Plusieurs entreprises américaines se sont installées au Maroc, ce qui conforte de plus en plus son positionnement en tant que porte d’entrée vers l’Afrique» (Ph. Emmanuelle Freget)

    - L’Economiste: Comment se prémunir contre les incertitudes liées à la nouvelle politique américaine en matière de commerce international?
    - Diana Cammarano:
    Nous entendons beaucoup parler depuis quelque temps des accords commerciaux qui seraient remis en question par Donald Trump. Il veut renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) avec le Canada et le Mexique. Le président américain a signé un décret signifiant la fin de la participation des Etats-Unis au traité de libre-échange transpacifique (TPP). Cela dit, il n’est pas si sûr que le nouveau locataire de la Maison-Blanche aille jusqu’au bout de ses idées. D’abord parce qu’il a besoin d’autres pays pour développer les échanges commerciaux. Trump est bien conscient que s’il veut exporter, il doit aussi importer dans cette période de globalisation. En ce qui concerne l’accord Alena, il a permis l’abolition des barrières tarifaires entre les trois pays (les Etats-Unis, le Canada et le Mexique) et a permis de booster les échanges commerciaux. Cet accord permet également aux produits américains d’être plus compétitifs grâce notamment au niveau des salaires mexicains inférieurs à ceux des Etats-Unis et du Canada. Une grande partie des produits importés du Mexique aux Etats-Unis sont réintégrés dans des produits «made in America». Après les promesses électorales, le président américain va devoir se confronter à la réalité.
     
    - Quel impact sur les stratégies des entreprises exportatrices sur les Etats-Unis, notamment marocaines?

    - Les entreprises doivent continuer d’avancer parce que finalement le manque de confiance est le pire ennemi dans les affaires. Et même si le président américain met en œuvre les nombreuses promesses faites lors de sa campagne électorale, cela nécessitera beaucoup de temps. Il faut déjà réfléchir néanmoins à d’autres alternatives. Les Etats-Unis ont la plus grande économie mondiale, je ne pense donc pas qu’il soit  judicieux d’arrêter de cibler ce marché. Il est essentiel d’adopter d’autres stratégies  pour continuer d’exporter vers les Etats-Unis.

    - Quid de l’avenir de l’accord de libre-échange maroco-américain?
    - La nouvelle administration américaine n’a évoqué aucun changement concernant cet accord. Il faut dire qu’il y a des intérêts des deux côtés. Automobile, aéronautique, énergies renouvelables… sont des secteurs prioritaires de partenariat. Plusieurs entreprises américaines se sont installées au Maroc, ce qui conforte de plus en plus son positionnement en tant que porte d’entrée vers l’Afrique. Je ne pense pas qu’il soit judicieux pour les Etats-Unis de renoncer à tout cela, surtout compte tenu du développement économique du continent africain. Toutefois, si Trump continue dans son nationalisme économique, il faudra trouver d’autres solutions et notamment penser au «cross trade».

    -  Est-ce une manière de conquérir de nouveaux marchés à l’international?
    - De plus en plus d’entreprises ont recours au «cross trade» ou commerce triangulaire. Le concept consiste en l’optimisation des coûts de fabrication (main d’œuvre et matières premières) ou encore à la réduction des frais et délais de transport grâce aux livraisons directes. Avec un travail d’ingénierie douanière internationale, il permet également de réduire la facture douanière en tirant avantage des accords de libre-échange entre les pays d’origine et de destination finale des produits. Ce schéma industriel est particulièrement prisé par les filières de l’industrie lourde, l’automobile, l’aéronautique tout autant que les secteurs à très forte innovation technologique qui doivent préserver leur savoir-faire. Les entreprises marocaines devraient s’intéresser à cette technique. Une manière aussi de conquérir de nouveaux marchés à l’international.

    Propos recueillis par
    Fatim-Zahra TOHRY

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    (1) Prestataire en Global Supply Chain Management, expert en expertise et ingénierie des marchés cross-trade. La filiale au Maroc a été créée en janvier 2016

     

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