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International

Pour une réforme des subventions énergétiques

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4887 Le 31/10/2016 | Partager
Elles sont financées par le consommateur final à travers des impôts
Des prix plancher ou des taxes pour des investissements décarbonés
Le marché de l’électricité déstabilisé
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La consommation globale d’électricité a augmenté en 2015 en raison de la croissance économique et des conditions météorologiques plus extrêmes qu’en 2014. Elle a atteint 2.989 TWh en 2015, en hausse de 1,05% par rapport à 2014. La majorité des pays de l’UE a vu une augmentation de consommation d’électricité grâce à une hausse globale de 1,8% du PIB. La tendance générale est à la hausse jusqu’à 2025.

La montée en puissance des énergies renouvelables a déstabilisé les marchés de gros de l’électricité entraînant une baisse des prix (parfois inférieurs aux coûts de production). C’est l’un des enseignements de la nouvelle édition de l’Observatoire européen des marchés de l’énergie, une publication annuelle de Capgemini.
Les 12 derniers mois, les coûts des énergies renouvelables ont continué de diminuer. L’éolien terrestre devient quasiment compétitif alors que les coûts de l’éolien en mer ont baissé pour la première fois atteignant un plancher à 87€/MWh. De plus, la baisse du coût des installations solaires photovoltaïques se poursuit avec une nouvelle chute de 20% attendue dans les trois prochaines années.
L’Union européenne a fixé un objectif de 40% de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’horizon 2030. Ce qui a favorisé les investissements dans les énergies renouvelables. En effet, depuis 2004, les flux ont atteint 750 milliards d’euros, ce qui représente un quart des investissements mondiaux alors que l’Europe ne représente que 7% de la population mondiale. Cela montre la détermination du continent à déployer rapidement ces technologies qui ne sont pas encore compétitives.
L’Observatoire examine les conséquences de l’augmentation rapide de ces énergies dans le mix électrique sur les marchés de l’électricité. Ce qui amène à se demander si une autre feuille de route conduisant au même résultat, mais avec moins d’effets négatifs sur le secteur des Utilities, aurait été préférable. La croissance des renouvelables dans un marché en situation de surcapacité, combinée à un prix du pétrole et du gaz bas, s’est traduite par une baisse des prix des marchés de gros de l’électricité qui ont atteint, début 2016, un point bas à 22€/MWh comparé à 40€/MWh en moyenne en 2015.
Sur la dernière décennie, les énergies renouvelables ont conforté leur place dans le mix mondial de la production d’électricité. Mais l’absence de coordination en matière de politique de transition énergétique menace la sécurité d’approvisionnement électrique en Europe. Le Vieux continent doit notamment gérer la montée en puissance massive des énergies renouvelables au fonctionnement intermittent, fortement soutenues par des subventions publiques qui grèvent la facture des ménages. Sur les marchés de gros en revanche, les prix se sont effondrés, pesant sur la santé des grands énergéticiens. Ces derniers doivent accélérer leur transformation numérique pour gagner en productivité et en rentabilité. Parallèlement, des centrales au gaz et au charbon, nécessaires pour passer les pics de consommation, ferment par manque de rentabilité ou du fait de normes environnementales plus strictes.
Face au risque de capacités de production insuffisantes, des mécanismes  prévoient de rémunérer les producteurs d’électricité pour maintenir leurs moyens de production disponibles, même s’ils ne sont pas rentables. En France, ce mécanisme de capacité pourrait entrer en vigueur le 1er janvier 2017 après l’obtention du feu vert de Bruxelles, qui avait ouvert une enquête pour aide d’Etat en novembre 2015.
Avec la dérégulation des marchés, les Utilities (le secteur comprend la production, le trading, la distribution et la commercialisation d’électricité et de gaz ainsi que le traitement de l’eau) sont exposées pour une grande partie de leur chiffre d’affaires aux bas prix des marchés de gros. Leur situation financière s’est donc dégradée. «Des efforts supplémentaires en R&D et en industrialisation sont nécessaires pour tirer parti de la baisse des coûts des énergies renouvelables. Il est aussi urgent de réformer l’actuel système de subventions qui coûte cher et ne se justifie plus pour des énergies qui sont en train de devenir matures», selon Colette Lewiner, experte du secteur Energie et Utilities chez Capgemini. En parallèle, il est nécessaire «de réformer le marché européen du carbone, en imposant par exemple des prix plancher ou des taxes pour inciter à des investissements décarbonés».

 

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