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International

La Colombie dans l’incertitude

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4868 Le 04/10/2016 | Partager

Les Colombiens ont surpris en rejetant la paix avec la guérilla des Farc lors d'un référendum sur l'accord visant à clore 52 ans de conflit. Ce qui place le président Santos dans une position inconfortable. A l'issue d’un scrutin, le Non s'est imposé d’une courte tête avec 50,21% contre 49,78% en faveur du Oui.
Près de 34,9 millions d'électeurs étaient appelés à répondre à la question: Soutenez-vous l'accord final d'achèvement du conflit et de construction d'une paix stable et durable?, titre du document de 297 pages issu de près de quatre ans de pourparlers, délocalisés à Cuba. La participation n'a été que de 37,28%. «L'abstention a gagné et le pays a perdu», a déclaré à l'AFP Kirsty Brimelow, avocate britannique et directrice du Bar Human Rights Committee, facilitatrice dans les pourparlers. «Cela ressemble à un Brexit», a-t-elle ajouté en référence au référendum sur la sortie de l'Union européenne, qui a entraîné une crise politique en Grande-Bretagne. Cette consultation, non obligatoire, avait été voulu par Santos afin de donner la plus large légitimité possible à l'accord qu'il a signé le 26 septembre avec le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre Timoleon Jiménez ou Timochenko.
L'accord, qui avait reçu un large soutien de la communauté internationale, mais dont le devenir est désormais incertain, entendait mettre fin à la plus ancienne confrontation armée de l'hémisphère nord. Au fil des décennies, ce conflit complexe a impliqué guérillas d'extrême gauche, paramilitaires d'extrême droite et forces de l'ordre, faisant plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés. Afin sans doute de convaincre davantage, le gouvernement a, comme les Farc, plusieurs fois écarté toute renégociation. Santos avait même déclaré en septembre que si le Non l'emportait, les guérilleros retourneraient «dans la jungle».
Après le résultat, il a toutefois annoncé qu'il convoquerait, lundi, toutes les forces politiques (et en particulier celles qui se sont manifestées aujourd'hui pour le Non) afin de décider du chemin à suivre.

 

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