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    Législatives 2016

    Les partis politiques, une histoire de famille

    Par Jihad RIZK | Edition N°:4861 Le 22/09/2016 | Partager
    Des listes électorales pour les proches et les proches des proches
    PI, PJD, USFP… décryptage des premières candidatures à Fès
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    Hamid Chabat, ancien maire de Fès et patron de l’Istiqlal, ambitionne de positionner Naoufel, son fils aîné, sur la liste nationale du PI. Le socialiste Mohamed Ameur, ancien ministre des MRE et actuel député de Fès-Nord, place son beau-frère, Mohamed Yassir Jawhar. Enfin, Abdelilah Benkirane, SG du PJD, favorise Driss El Azami El Idrissi, à Fès-Sud. Le ministre du Budget est de plus en plus proche de son patron (Ph. L’Economiste)

    Mercredi 14 septembre, à la wilaya de Fès (comme partout dans les autres wilayas du Royaume), les premiers candidats au scrutin du 7 octobre déposent leurs accréditations partisanes et listes électorales. Auparavant, il fallait constituer une liste électorale (réunissant parfois des proches), préparer les documents nécessaires, et s’acquitter d’une caution de 5.000 DH, dans les bureaux de l’administration fiscale pour chacune des listes (nord et sud de la ville). Pour ce dernier volet, l’on rapporte une histoire anecdotique. En effet, l’un des candidats aurait passé la nuit du 13 au 14 septembre devant la wilaya afin d’être le premier à déposer son dossier et positionner sa liste en tête (surtout pour l’affichage mural pendant la campagne). Il a, toutefois, oublié de payer la fameuse caution. Lorsqu’il a demandé le reçu provisoire du dépôt de candidature, il s'est dit «frustré»: on lui a fait remarquer que son dossier est approximatif. Il est aussitôt orienté vers le fisc pour compléter ses documents. Finalement, son vœu d’être «tête de liste des têtes de liste» n’est pas exaucé. Au-delà du rêve de mieux se positionner pendant la campagne électorale, certains leaders politiques cherchent à «placer» leurs descendants, proches, ou proches des proches dans le paysage politique. A telle enseigne que des formations politiques se sont transformées en un «patrimoine parental» qui s’hérite et se transmet d’une génération à l’autre, ou carrément en entreprises familiales.

    Tu seras un homme politique, mon fils

    Liés par le sang, les réseaux familiaux fournissent l’essentiel des élites qui dominent la politique du Royaume. Tissée depuis fort longtemps, la toile des grandes familles est, au contraire, de plus en plus étoffée et concerne différentes formations politiques. La plus ancienne est celle ancrée par l’Istiqlal. Historiquement, elle remonte au 1er gouvernement marocain de l’après-indépendance. A cette époque, Haj Ahmed Balafrej, premier chef de la diplomatie marocaine et premier secrétaire général du Parti de l'Istiqlal, qui était chef de gouvernement (1958), comptait parmi ses ministres M’hmed Douiri, qui n’est autre que son gendre. Le fils de ce dernier est Adil Douiri, ministre du Tourisme entre 2002 et 2007. Le deuxième gendre de Ahmed Balafrej est Mohamed El Yazghi que l’on connaîtra plus tard ministre dans plusieurs gouvernements. Il en est de même pour Abbas El Fassi, gendre de Allal El Fassi, ex-SG du PI, plusieurs fois ministre et ambassadeur, et Premier ministre entre 2007 et 2011, qui avait lui aussi placé son gendre Nizar Baraka, ministre des Affaires générales… et petit-fils de Allal El Fassi, outre l’épouse du neveu (Ali Fassi Fihri, directeur général de l’ONEE), Yasmina Baddou, au portefeuille de la Santé (entre 2007 et 2011). Portefeuille que gérait Abdelouahed El Fassi (fils de Allal) quelques années auparavant.
    En 2012, Hamid Chabat, à la veille de son élection à la tête de l’Istiqlal, s’était «révolté» contre l’hégémonie de la famille El Fassi et ce qui était devenu «tu seras un homme politique, mon fils». Ceci alors que son épouse, Fatima Tarik, également conseillère communale à Fès (entre 2003 et 2016), briguait son 1er mandat au Parlement au nom de la liste nationale de l’Istiqlal. Pour les législatives de 2016, l’épouse de l’ancien maire ne se présente pas. Toutefois, Chabat, tête de liste à la circonscription Fès-Nord, veut positionner son fils aîné, Naoufel. Ce dernier est président de la commune de Brarha (environs de Taza) depuis septembre 2015. Il fait partie désormais des candidats inscrits sur la liste des jeunes, après l’éviction (au vote) de Mohamed Boukili, gendre de Abdelkader El Kihel, membre du comité exécutif du PI. Par ailleurs, Nidal, le fils cadet du patron de l’Istiqlal, qui était pressenti comme tête de liste des jeunes, s’est retiré de la course aux élections pour céder sa place à son aîné. Une situation face à laquelle nombreux sont les militants qui se sont levés. Et c’est ce qui expliquerait le retard qu’a pris l’annonce de la liste définitive des jeunes et des femmes de l’Istiqlal. Pareil chez d’autres formations. Ainsi, les socialistes ne font pas mieux dans ce domaine. A Fès, le parti de la rose a nommé le voyagiste, Mohamed Yassir Jawhar, tête de liste de la circonscription Nord. Yassir qui ambitionne de se faire une place au soleil, n’est autre que le fils de l’ancien membre du bureau politique de l’USFP, Mohamed Jawhar. Sa sœur est l’épouse de Mohamed Ameur, ancien ministre des MRE, député de Fès (2011-2016) et pressenti pour un poste d’ambassadeur du Maroc en Belgique.

    Les pions de la lampe

    Le tempérament autoritaire, sectaire et dogmatique du PJD plane sur les listes électorales en compétition. Ainsi, l’on retrouvera ici et là les fils, frères, sœurs, proches et proches des proches de… parmi les candidats PJD au scrutin du 7 octobre. A Fès, à titre d’exemple, le PJD a choisi Driss El Azami El Idrissi, maire de la ville et ministre du Budget, tête de liste dans la circonscription Fès-Sud. Faut-il remarquer que El Azami est, depuis la mort d’Abdallah Baha, de plus en plus proche de son SG. Le plus proche du plus proche de Benkirane est le vice-maire de Fès, Mohamed El Harti. Ce dernier est le premier dauphin de la liste de El Azami. Un autre adjoint au maire, Omar El Fassi, est tête de liste à Fès-Sud. «Parité oblige», les listes du PJD à Fès comportent entre autres une épouse du président de l’arrondissement de Mariniyyine (Fatima El Kanssouri). En outre, la tête de la liste nationale des femmes PJD est chapeautée par Majda Benarbia, vice-présidente du conseil régional Fès-Meknès, dont le mari et la belle-sœur sont des conseillers communaux. Faut-il rappeler enfin que la moitié (4/8) des députés de la ville de Fès (entre 2011 et 2016) était constituée de parlementaires PJD, sans compter deux autres élus au nom de la liste nationale.

     

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