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    Analyse

    Attractivité économique
    L’Etat appelé à faire sauter les verrous

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4855 Le 14/09/2016 | Partager
    Désenclavement, infrastructure, foncier… en priorité
    La région Fès-Meknès sur la bonne voie
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    Etalée sur plus de 40.000 km2, la région Fès-Meknès compte d’innombrables atouts naturels, touristiques, et agricoles. Toutefois, elle peine à décoller. Ses dirigeants promettent un tapis rouge pour les investisseurs

    Le monde des affaires de la région Fès-Meknès tire la sonnette d’alarme. Il y a 10 ans, le groupe Eco-Médias invitait les opérateurs économiques à son escale de Fès dans le cadre du cycle de conférences qu’organisait L’Economiste dans les différentes régions du Royaume. L’expérience pionnière du premier quotidien économique du Royaume avait réuni les élites politiques locales et régionales de l’époque, ainsi que le wali de la région, qui avaient répondu présents, tout comme deux ministres: Salaheddine Mezouar, alors en charge du portefeuille de l’Industrie, et Adil Douiri au Tourisme.
    La rencontre avait connu un franc succès. Les participants (plus de 400 personnes) espéraient tous une relance économique. Ils y croyaient aussi. Pour rappel, le renforcement de l’attractivité de la région, la lutte contre l’insécurité, la mise à niveau des quartiers industriels, la création d’une zone franche ainsi que d’une autoroute reliant Fès au port Tanger-Med étaient parmi les principales doléances recueillies lors de cette rencontre.
    Après une décennie, de nouvelles élites politiques ont pris les commandes de la région. «Elargie» suite à un mariage «forcé» entre Fès et Meknès, la circonscription qui jouit d’un emplacement stratégique, «souffre encore d’enclavement et manque cruellement d’attractivité par rapport à d’autres régions, Tanger et Casablanca entre autres», soulignent les opérateurs économiques. Au premier abord, Mohamed Berrada Rkhami, président de la CGEM Fès-Taza, décrit une situation alarmante du secteur industriel. «Nous assistons tous les jours à des fermetures d’usines et nous sentons une sorte de déséquilibre entre les régions en matière d’appui de l’Etat», renchérit le textilien. Même son de cloche auprès d’Abdeljabbar Achab, président de l’antenne patronale de Meknès-El Hajeb, qui pointe du doigt «les tracasseries et la bureaucratie de l’administration». «Imaginez-vous, le PDG de Yura Corporation doit obligatoirement se déplacer à Meknès pour légaliser un papier alors que son groupe va investir plusieurs millions d’euros et créer 3.000 emplois. Hallucinant!», regrette-t-il.
    Toutefois, et malgré ces maux, «la région a enregistré une hausse de 8% des investissements prévisionnels durant le premier semestre 2016, par rapport à l’année précédente», tempère Rachid Aouine, le DG du Centre régional d’investissement (CRI).
    Sur la même longueur d’ondes, Mohand Laenser, président du conseil régional, a annoncé «la création d’un grand centre de congrès ainsi que la fixation du Siam à Meknès, afin d’organiser d’autres événements». Et de poursuivre: «nous avons identifié plusieurs projets dont la restauration des médinas en s’appuyant sur l’expérience de l’Ader, la promotion de l’identité multiculturelle ainsi que le patrimoine immatériel, outre le renforcement des infrastructures et équipements touristiques». Pour ce dernier volet, Driss Faceh, président du CRT, appelle «l’Etat à faire sauter les verrous afin d’assurer un réel décollage pour la destination». Sa proposition est d’ailleurs valable pour tous les autres secteurs.
    A en croire le ministre du Budget, la région serait sur la bonne voie. Sa participation dans le PIB national est de 10%. «Avec ce taux, Fès-Meknès, appuyée surtout par son secteur agricole, se positionne «normalement» en 3e place après les régions de Casablanca-Settat et Rabat-Salé». «Autre indicateur, la consommation des ménages qui paradoxalement représente 12%», fait remarquer le maire de Fès. Ce dernier reconnaît au passage que «cette moyenne ne peut justifier les disparités énormes de la région». Pour y remédier, Driss El Azami El Idrissi promet une mobilisation du foncier communal au profit de l’industrie. De cette manière, la commune encouragerait l’investissement. Elle travaille de concert avec d’autres partenaires sur la promotion de la destination ainsi que sa connexion avec les capitales européennes et africaines. «La mise à niveau des quartiers industriels, la prime à l’emploi et l’aménagement de zones logistiques font partie de mes priorités», conclut le maire de Fès.

    Ce que propose Bouanou

    L’éradication de la rivalité entre Fès et Meknès figure parmi les principales propositions d’Abdallah Bouanou, maire de Meknès. Selon lui, il faut transformer cette rivalité en complémentarité et en avantage comparatif. « Lutter contre la concurrence destructive, baliser le terrain pour les investisseurs, renforcer les infrastructures sont des objectifs qui doivent réunir opérateurs et élus. La relance de l’industrie est mon credo. Et l’Etat doit financer des projets structurants dans cette région», conclut-il.

     

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