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    International

    Pollution atmosphérique
    Un lourd fardeau sur l’économie mondiale

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4854 Le 09/09/2016 | Partager
    Des décès qui coûtent 225 milliards de dollars
    Un mort sur dix dans le monde dû à la pollution
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    Une comparaison par villes des estimations pour prévoir au niveau du sol les taux de PM2,5 et des observations par satellite montrent que les mesures sont bien alignées pour les huit villes, à l’exception de Tanger. Les villes sur le tableau représentent environ 23% de la population totale du Maroc. Une comparaison avec les estimations nationales indiquent que ces villes totalisent un tiers du nombre de décès prématurés

    Le constat est là: «Nous ne sommes guère maîtres de l’air que nous respirons». En effet, la pollution atmosphérique s’est hissée au quatrième rang des facteurs de risque de décès prématurés dans le monde. Et il s’agit actuellement du type de pollution le plus meurtrier. Les pertes de revenus du travail imputables à ces décès se sont chiffrées à environ 225 milliards de dollars en 2013, selon les conclusions de la nouvelle étude «The Cost of Air Pollution: Strengthening the economic case for action», fruit d’une collaboration entre la Banque mondiale et l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME). Elle a pour but aussi de mesurer le coût des décès prématurés liés à la pollution de l’air afin de fournir des arguments économiques. Il est estimé que les maladies liées à la pollution de l’air extérieur et intérieur ont provoqué la mort de 5,5 millions de personnes en 2013. A cela s’ajoute la pollution dans les foyers (notamment ceux de l’utilisation de combustibles solides pour se chauffer et cuisiner).
    Si les jeunes enfants et les personnes âgées en sont les premières victimes, la mortalité prématurée liée à la pollution atmosphérique a également de lourdes retombées pour la population d’âge actif, en termes de pertes de revenus du travail. Selon l’étude, celles-ci représentent l’équivalent de pratiquement 1% du PIB (0,83% précisément) en Asie du Sud. Dans la région de l’Asie de l’Est et le Pacifique, qui est confrontée au vieillissement de sa population, ces pertes représentent 0,25% du PIB. En revanche, en Afrique subsaharienne, où les conséquences de la pollution de l’air viennent diminuer la capacité de gain d’une population majoritairement jeune, les pertes de revenus du travail représentent chaque année l’équivalent de 0,61% du PIB.
    Si l’on envisage les pertes sous l’angle du bien-être, selon une méthode couramment utilisée pour évaluer les coûts et les bénéfices des réglementations environnementales dans un pays donné, le coût total des décès prématurés dus à la pollution de l’air, toutes tranches d’âge confondues, est estimé à plus de 5.000 milliards de dollars. En Asie de l’Est et en Asie du Sud, ces «pertes de bien-être» représentaient l’équivalent d’environ 7,5% du PIB. Globalement, les maladies causées par la pollution atmosphérique intérieure et extérieure ont été à l’origine d’un décès sur dix en 2013, soit un chiffre six fois plus élevé que les décès provoqués par le paludisme. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, environ 90% de la population est exposée à des niveaux dangereux de pollution atmosphérique.
    A noter que les plus fortes concentrations en PM2,5 en 2013 étaient signalées en Afrique du Nord et au Moyen-Orient en raison des émissions de poussières minérales. Au niveau des pays, la plus forte concentration moyenne pondérée selon la population estimée pour cette date était en Mauritanie (70 µg/m3), suivie par la Chine (55 µg/m3) et l’Arabie saoudite (54 µg/m3). Les estimations les plus basses (égale ou inférieure à 6 µg/m3) ont été enregistrées dans plusieurs nations du Pacifique et des îles des Caraïbes, l’Australie et la Norvège.

                                                                

    Le Maroc n’est pas épargné

    Après l’OMS, c’est autour de la Banque mondiale d’évaluer le coût de la pollution de l’air au Maroc. La dégradation globale de l’environnement coûtait 3,7% du PIB. Dans le cadre de la mise à jour (Banque mondiale, 2016), l’étude a examiné l’impact de la pollution de l’air ambiant sur la santé des personnes.
    Le réseau national de surveillance de la qualité de l’air est composé de 29 stations fixes et 3 stations mobiles situées dans les grandes villes. L’impact des particules fines (PM10-PM2,5) sur la santé a été largement étudié. Sur les 13 villes équipées de stations de qualité de l’air, 8 avaient des concentrations annuelles en PM2,5 supérieures à 10 µg/m3 (Ligne directrice OMS). Deux scénarios se profilent. En termes de corrélation entre l’exposition de la population et les effets sur la santé, le nombre de décès prématurés pour ces huit villes (voir tableau) a été estimé à 2.200.
    En revanche, en utilisant des estimations d’exposition par satellite, la présente étude a estimé que l’exposition à la pollution de l’air ambiant a donné lieu à 6.014 décès prématurés au Maroc en 2013. Ce qui soulève la question de savoir si les deux estimations (l’un de suivi des données au niveau du sol pour huit villes et l’autre des observations par satellite pour tout le pays) sont cohérentes.

     

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