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Rio 2016: Le Comité olympique n'assumera pas tout!

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:4846 Le 30/08/2016 | Partager
Beaucoup de fédérations ont été souveraines dans leurs arbitrages
Depuis l'Indépendance, la boxe et l'athlétisme, seules disciplines à remporter des médailles
Entretien avec Kamal Lahlou, vice-président du CNOM
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Kamal Lahlou vice-président du CNOM «Pour expliquer la situation, c'est tout un mémorandum qu'il faut présenter» (Ph. KL)

49 athlètes, 13 disciplines et une maigre récolte pour les JO 2016. La performance de l’équipe marocaine a beaucoup été critiquée y compris par des membres du CNOM. Kamal Lahlou, vice-président apporte quelques éclairages

- L’Economiste: Le Comité est-il comptable des résultats de l’équipe marocaine? Quels sont les niveaux de responsabilité?
- Kamal Lahlou:
Je ne sais pas ce que vous entendez par comptable. En tant qu'organisation, émanation des fédérations, et en conformité avec ses statuts le CNOM est l'un des responsables mais certainement pas le principal. Il doit cependant prendre ses responsabilités dans cette situation, comme dans toute situation en relation avec l'olympisme au Maroc. Le CNOM, selon son statut, poursuit 16 objectifs dont notamment celui d'encourager le sport de haut niveau. C'est ce qu'il n'a cessé de faire.
 
- Qu’est-ce qui a été mis en place depuis Londres 2012 pour améliorer les performances des athlètes?  Avec un scénario identique, pourquoi ça n’a pas marché?
- Là, il y a lieu de rappeler des faits extrêmement importants. Et vous allez m'excuser d'être un peu long. C'est très important pour comprendre beaucoup de choses. Après les jeux de 2008, l'ensemble des intervenants avait expliqué les résultats des jeux de Beijing par un manque de moyens, Sa Majesté le Roi que Dieu l'assiste avait donné des instructions précises ayant abouti à une convention dont les signataires ont été le ministère des Finances, celui de la Jeunesse et des Sports et le Comité Olympique.  L'objet de cette convention était de consacrer un budget conséquent à la préparation de nos sportifs pour les jeux de Londres. Tout le monde se rappelle que la convention stipulait un montant de 330 millions de dirhams. Les signataires, pour l'exécution de ce budget sont le ministère de la jeunesse et des sports et le CNOM.
Immédiatement pour nous mettre au travail, le CNOM a créé une commission nationale du sport de haut niveau, que j'ai eu le privilège de présider à ses débuts.  La commission a été créée pour s'occuper exclusivement de la préparation des sportifs de haut niveau. Elle devait s'atteler à l'homologation des sélections en concertation avec les fédérations et leurs directions techniques. Il lui a également été conféré l'étude des programmes de préparation, leur pertinence, leur conformité avec les objectifs, etc.
- Cela concernait toutes les disciplines?
- Dans un premier temps, seules 6 disciplines sportives avaient été retenues dans le cadre du programme de préparation olympique. La présidence de la commission va être confiée, peu de temps après, au ministre de la Jeunesse et des Sports. Le ministre de l'époque va pousser à ce que ce chiffre passe à 18 disciplines sportives, probablement pour contenter un peu tout le monde. Après les résultats des JO de Londres qui n'ont pas été à la hauteur des attentes, sans doute conséquence d'un mauvais départ dans l'approche retenue pour la sélection des sportifs, la conception des programmes de préparation, le management des équipes. Des changements à la tête du ministère s'en sont suivis. Le nouveau ministre va hélas mettre en veilleuse l'ensemble du programme. Il aurait mieux valu sans doute, évaluer la situation et repartir sur de nouvelles bases au lieu de tout arrêter. En fait, certaines contingences sans doute politiques, vont participer de cette décision.

-Justement, comment vous appréciez la contribution de la commission?
 -La commission devait jouer le rôle de moteur dans la dynamique de la préparation, elle ne l'aura pas été suffisamment, peut-être, mais aurait pu être corrigée et redynamisée autrement. En dehors de cela, il faut aussi noter que certaines fédérations ont des accords directs avec l'Etat pour la mise en valeur de leurs sports respectifs et donc pour la préparation de leurs élites. Elles reçoivent des budgets conséquents de manière directe.
Le CNOM lui participe à toutes ses actions selon les prérogatives qui lui sont attribuées par le législateur, pas plus. Selon ses statuts, il ne lui est pas possible de s'immiscer directement dans les actions et programmes des fédérations qui sont légalement souveraines pour leurs sports respectifs de par la loi marocaine bien sûr et aussi en conformité avec les règlements internationaux.
Le comité olympique est toutefois responsable de coordonner les participations nationales lorsqu’il s'agit de manifestations multidisciplinaires comme les jeux olympiques, les jeux panarabes, méditerranéens, les jeux de la francophonie, etc. In fine, c'est une question quelque peu complexe et l’un des aspects sans doute à réviser, voire à refondre dans l'avenir.
 
- Le CNOM a mobilisé 190 millions de DH au programme de sport du haut niveau pour les JO. Globalement le budget du Sport au Maroc est supérieur à celui de pays multi-médaillés (Jamaïque, 12 médailles). Peut-on identifier les principales failles du sport au Maroc?

 - D'abord, une précision doit être faite. Depuis notre indépendance, seules deux disciplines sportives ont pu gagner des médailles pour le Maroc: l'athlétisme en premier lieu et la boxe qui à ce jour, compte quatre médailles toutes de bronze. Pour expliquer la situation, c'est tout un mémorandum qu'il faut présenter. Il y a quelques années, le Maroc était quasiment au même point où est la Jamaïque aujourd'hui. Le monde entier était perplexe devant les résultats de nos athlètes et leurs performances. Cela a duré près d'une vingtaine d'années où nous étions classés parmi les 10 meilleures nations au monde. Nous avons même été 5e en 1999. Quelque chose a dû se passer depuis. Du coup avec la fédération  concernée et les autres intervenants nous avons le devoir d'étudier la question, dans la sérénité, avec transparence et objectivité.
Ensemble nous devons œuvrer très vite pour rectifier le tir, retrouver notre place et plus encore nous améliorer et tirer vers le haut l'ensemble des disciplines sportives, pour lesquelles nous avons du potentiel et des qualités physiques bien spécifiques.

- Beaucoup d’athlètes se sont plaint de la pression exercée sur eux pendant les compétitions. Confirmez-vous le déficit dans le coaching et la gestion du stress chez nos athlètes?
- Vous savez quand ça marche personne ne se plaint. Mais dès que la machine se grippe, chacun va essayer de trouver l'explication qui lui convient.  Ce n'est pas ainsi que nous allons nous améliorer. Il faut plutôt de la concertation avec l'ensemble des intervenants, y compris les sportifs qui sont d'ailleurs représentés au sein du CNOM par le biais de la commission des athlètes.

Hassan Saada, toujours pas sorti d’affaire

L’affaire Hassan Saada, tout en respectant la présomption d’innocence, nous  fait réfléchir sur l’accompagnement des jeunes sportifs marocains. Y a t-il des modules pour expliquer les différences culturelles dans les pays où ils sont appelés à voyager? Y a-t-il un coaching pour  le rôle « d’ambassadeur » qu’ils sont amenés à jouer? Ce n’est pas sûr. En tout cas la situation a eu «un retentissement négatif sur le joueur, sur ses collègue et sur l’ensemble des sportifs» confie Kamal Lahlou. Pour le vice-président du CNOM, la question ne concerne pas uniquement les candidats aux olympiades « Le sport, ce sont d'abord des valeurs.
Dès le jeune âge nous devons initier nos jeunes à ces valeurs, qu'ils soient sportifs ou pas. C'est dans cet esprit que se déploie l'académie créée au sein du CNOM. Ce qui vient d'arriver pousse à plus d'efforts d'éducation et de sensibilisation à tous les niveaux, y compris auprès des sportifs de haut niveau. Aujourd'hui, il faut s'en tenir à cela en attendant que solution soit trouvée pour rapatrier notre compatriote». Kamal Lahlou déplore toutefois que ni le comité international olympique, ni l’association des comités nationaux olympiques, n’aient aidé à solutionner le problème « Le sportif était au village olympique qui est statutairement sous l'autorité du CIO. Ensuite, il ne présentait aucun danger et pouvait, tout en étant poursuivi, rester libre et participer aux jeux pendant que se poursuit l'enquête. Là, il a été condamné au départ sans aucune preuve. Dans ces cas-ci, c'est sa parole contre la leur. Qui dit vrai, qui dit faux? La justice mais aussi le temps nous le diront. Restons optimiste » conclut-il.

Propos recueillis par
Amine BOUSHABA

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