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    Evénement

    Tabac brun
    La Douane en guerre contre la triche

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4833 Le 11/08/2016 | Partager
    Une rencontre avec les distributeurs pour parvenir à une définition consensuelle
    Chorfi livrera sa vision la semaine prochaine
    Le dispositif sera intégré dans la loi de Finances 2017
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     Pour éviter que le marché de la cigarette ne soit tiré vers le bas et prévenir une baisse drastique des recettes fiscales,  la Douane veut fixer les règles du jeu (Ph. L’Economiste)

    L’Administration des douanes veut mettre un terme à la polémique autour des cigarettes à base de tabac noir. Zouhair Chorfi, directeur général, a réuni la semaine dernière les distributeurs de tabac pour leur demander de lui proposer une définition de cigarettes à base de tabac noir. Le dernier délai expire ce jeudi 11 août. L’Administration des douanes devrait ensuite examiner l’ensemble des propositions pour déboucher sur une vision consensuelle. Chaque opérateur a sa propre définition, qui prévoit une composante à base de tabac brun de l’ordre de  60 et 100%. Le challenge pour les opérateurs est de trouver une formule qui séduise le fumeur. La Douane a certainement sa propre idée. Le schéma définitif sera ensuite intégré dans le projet de loi de Finances 2017. L’enjeu de la définition du tabac noir est important car il porte sur les recettes du Trésor au titre de la taxe intérieure de la consommation (TIC). La démarche de la Douane est plus long-termiste. La volonté des opérateurs de se positionner massivement sur le tabac noir risque de tirer le marché vers le bas. Si les produits proposés arrivent à séduire les consommateurs, ils bouderont les autres marques, même parmi les «premium» car le fumeur marocain «est plus sensible au prix qu’au goût», explique un opérateur.
    Le rush de la clientèle sur le tabac brun se traduira par une baisse vertigineuse des recettes fiscales: 5 DH environ pour la marque Basic, par exemple, au lieu de 11,34 sur Marquise ou 17 DH pour les Marlboro. Et quand on sait que le secteur du tabac rapporte chaque année 10 milliards de DH au Trésor, l’on imagine aisément le manque à gagner en termes de recettes.
    Par conséquent, le gouvernement souhaite imposer les mêmes règles du jeu à tout le monde, d’autant qu’il espère attirer un nouvel industriel dans le secteur aux côtés de la Société marocaine des tabacs (SMT). Selon nos informations, l’Administration des douanes a constaté que depuis un peu plus de deux ans, les importations de tabac ont explosé puisqu’elles ont atteint environ 45% des ventes sur le marché marocain. Ce qui traduit le recul de la valeur ajoutée locale. Or, la libéralisation prévoyait une composante industrielle. Aujourd’hui, nous constatons que les opérateurs actuels sont obligés de suivre les stratégies définies par leur maison-mère. Ainsi, Philip Morris a rompu le contrat de production qui le liait avec la SMT pour la fabrication de Marlboro. Ce qui représente une perte d’environ 20% du chiffre d’affaires de la filiale marocaine d’Imperial Tobacco. Le géant américain préférant importer ses cigarettes au détriment de l’industrie locale.
    La polémique au sujet de la composition du tabac avait été suscitée par l’homologation de la marque Next comme tabac noir au prix de 15 DH par Philip Morris alors qu’elle est composée à plus de 80% de tabac blond (Voir L’Economiste du 1er septembre 2015). Le succès est inespéré. Moins d’un an, elle représentait déjà 7% de parts de marché. Soit plus que Casa et Olympic qui existent sur le marché depuis plus de 50 ans. Next a ainsi ravi des parts de marché à d’autres marques telles que Marquise, Winston et même les Marlboro car c’est du tabac blond à bas prix. Ce qui a suscité une levée de boucliers auprès des concurrents qui en ont appelé au ministère de tutelle, en l’occurrence celui des Affaires générales et de la Gouvernance. Des analyses ont confirmé les accusations du marché. Si bien que Philip Morris a été sommé de réajuster son prix en appliquant la TIC du tabac blond. Depuis le 1er juillet, le prix de Next a été aligné sur celui de Marquise, soit 20,50 DH. Depuis cette hausse, les consommateurs se sont détournés de la marque au profit de Fox (SMT), vendue à 12 DH, mais elle aussi suspectée par la concurrence de contenir une grosse part de tabac blond. Mais le ministère de tutelle a fermé les yeux pour préserver la production nationale. Après la hausse, la part de marché de Next est redescendue à 3% au lieu de 7%, tandis que Fox a bondi à 11% après huit mois de commercialisation.

    Un segment très convoité

    Le segment du tabac brun représente un gros potentiel économique. D’abord, selon les chiffres du marché, il a permis de gagner cette année près de 1 milliard de cigarettes sur la contrebande. Les clients préférant les produits locaux du tabac noir.
    Il permet d’introduire des marques à des prix très bas puisque la loi interdit de baisser les tarifs de tabac. Tous les opérateurs souhaitent homologuer de nouvelles marques dans cette catégorie. Les prix varient entre 9,5 DH (Kasbah de Habanos) et 15 DH (Ronson de JTI). Mohamed Louafa a réclamé des analyses de laboratoire ainsi que des échantillons. Chose à laquelle certains opérateurs ne se sont pas pliés car cela exige un investissement en R&D, en design, en emballage… L’objectif étant d’avoir une idée nette de la composition réelle des nouvelles marques. D’ailleurs aucune nouvelle référence n’a été autorisée dans ce segment depuis décembre 2015.

     

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