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    Evénement

    Corruption, informel, éducation à la traîne…
    Les boulets du climat des affaires

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4824 Le 29/07/2016 | Partager
    Des freins dans le secteur privé
    Bons points: intermédiation financière et innovation
    Conclusions d’une enquête Berd, Banque mondiale et BEI
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    Malgré tous les efforts, la corruption est citée comme la principale entrave au climat des affaires par les entreprises marocaines. Trouver des ressources humaines qualifiées est la deuxième contrainte majeure relevée par les patrons

    L’instabilité politique, la corruption, l’alimentation électrique déficiente et l’accès inadapté au financement figurent parmi les obstacles au développement des entreprises dans la région Mena. Les conclusions d’une enquête à laquelle ont participé plus de 6.000 sociétés implantées dans huit pays(1) ont été rassemblées dans la nouvelle étude: «Qu’est-ce qui retient le secteur privé dans la région Mena?». Celle-ci a été réalisée conjointement par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque européenne d’investissement (BEI), ainsi que de la Banque mondiale sur les obstacles au développement du secteur privé. Pour ces institutions, ce secteur peut être un moteur essentiel de la croissance et de la prospérité pour peu que des politiques efficaces soient mises en œuvre afin de répondre aux défis majeurs dans cette région. L’étude a consacré tout un volet aux obstacles qui entravent le business au Maroc en comparaison avec ses voisins. 

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    Le Maroc affiche l’une des intensités de corruption les plus élevées parmi les économies couvertes par l’enquête, soit 30% (contre 21% en moyenne pour la région visée par l’enquête). Par intensité de la corruption, on entend le pourcentage de transactions dans le cadre desquelles il est demandé à une entreprise de verser un pot-de-vin ou attendu de sa part qu’elle en verse un au moment de la sollicitation de services publics, de permis ou de licences. L’incidence de la corruption (c’est-à-dire le pourcentage d’entreprises ayant fait l’objet d’au moins une demande de versement de pot-de-vin) s’établit à 37%, soit un taux supérieur à la moyenne des économies visées par l’enquête (24%)

    La corruption, une gangrène: En haut du classement des entraves au climat des affaires au Maroc, la corruption demeure toujours une gangrène pour l’économie (voir infographie). Le constat a été relevé aussi par Transparency international dans son baromètre publié le 3 mai 2016. Dans l’étude de la Berd/BEI/BM, une entreprise sur cinq au Maroc identifie la corruption comme l’entrave principale, contre seulement 8% en moyenne pour la région Mena. De même, le Maroc soutient défavorablement la comparaison avec d’autres économies à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, où l’intensité et l’incidence de la corruption s’établissent, respectivement, à 16% et à 21%. En Tunisie, 60% des entreprises couvertes par l’enquête  considèrent que l’instabilité politique a fortement pénalisé leur activité. La corruption arrive à la 5e place chez les entreprises tunisiennes. Contrairement à 2015, la concurrence déloyale résultant de l’informel était le grand frein à l’investissement chez les partons marocains (cf. notre édition N°4577 du 28/07/2015). 
    Main-d’œuvre, informel, éducation à la traîne: La main-d’œuvre insuffisamment formée se classe au deuxième rang des obstacles majeurs au Maroc, les pratiques des concurrents dans le secteur informel arrivant en troisième place. En effet, 47% des entreprises indiquent être en concurrence avec des entreprises non enregistrées ou informelles, un taux sensiblement supérieur à la moyenne Mena de 16% et qui n’est dépassé que par le Yémen. 
    Les entreprises marocaines interrogées sont 13% à considérer l’insuffisance de formation de la main-d’œuvre comme l’entrave majeure au climat des affaires. Ce score contraste avec les difficultés

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    Dans le même temps, le Maroc est l’une des économies où l’intensité de la formation proposée par les entreprises est l’une des plus fortes. Avec 26% des entreprises proposant une formation en bonne et due forme, contre une moyenne régionale de 17%. Cette offre de formation reste cependant à un niveau bien inférieur à la moyenne de 37% enregistrée dans les économies à revenu intermédiaire de la tranche inférieure

    qu’éprouvent les entreprises à trouver des compétences sur le marché. De manière générale, l’éducation est un boulet. Le Maroc affiche l’un des taux d’inscription dans l’enseignement supérieur des plus faibles de la région, devançant seulement le Yémen et Djibouti. 
    Celui-ci n’atteint que 16% de l’ensemble de la population en âge de suivre des études supérieures, un taux médiocre par rapport aux 30% enregistrés dans l’ensemble des économies couvertes par l’enquête. En outre, la qualité de l’éducation est à la traîne et ne correspond pas, dans bien des cas, aux besoins des entreprises du secteur privé. Toutefois, nous sommes bons quand il s’agit de la formation!
    L’intermédiation financière fonctionne bien: D’une manière générale, l’intermédiation financière semble bien fonctionner au Maroc. 21% des fonds de roulement et des investissements sont financés par le réseau bancaire. Ce qui représente la proportion la plus élevée parmi les économies visées par l’enquête et dépasse largement la moyenne de 12% atteinte dans les économies à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. 
    Cette forte prédominance des financements bancaires s’explique par le fait que le Maroc compte la proportion la plus élevée d’entreprises non exposées à des contraintes de crédit (c’est-à-dire soit des entreprises qui n’ont pas eu besoin de prêt, soit des entreprises dont le prêt a été approuvé dans son intégralité), à savoir 87% contre 73% en

    moyenne pour les économies couvertes par l’enquête. Par ailleurs, peu d’entreprises sont découragées de solliciter un prêt au motif de conditions et de modalités non propices (procédures complexes, taux d’intérêt dissuasifs, exigences élevées en matière de sûretés …). De fait, parmi l’ensemble des économies visées par l’enquête Mena, le Maroc est celui où la part d’entreprises découragées de solliciter un prêt est la plus faible (10% seulement), alors que cette proportion varie de 13%, à Djibouti, à 49%, au Yémen. Le Maroc a également l’un des ratios de la valeur des sûretés sur l’engagement de crédit (rapport entre la valeur de la sûreté et la valeur du prêt) les plus faibles de la région couverte par l’enquête, à 166%. La moyenne régionale plus élevée, à 208%, est due aux ratios de la valeur des sûretés sur l’engagement de crédit très élevés du Yémen (281%), de l’Egypte (272%) et de la Tunisie (252%).

    Un hub régional en R&D!

    En matière d’innovation, les entreprises marocaines s’engagent le plus souvent dans des activités liées aux processus et à la commercialisation, à raison de 28% chacune, ce qui est largement supérieur à la moyenne régionale de 19 et 20%, respectivement. En outre, la proportion d’entreprises déclarant s’engager dans la R-D ou faire l’acquisition de connaissances externes est plus élevée au Maroc (10%) qu’en moyenne dans les économies relevant de l’enquête (7%). Cela pourrait s’expliquer par une intégration plus grande des entreprises marocaines dans les chaînes de valeur mondiales, par rapport à leurs homologues de la région (Tunisie exceptée) ainsi que par la part plus grande des participations étrangères.

    (1) Le rapport présente les résultats de l’enquête sur les entreprises de la région Mena réalisée en 2013 et en 2014 dans huit économies à revenu intermédiaire de la région: Djibouti, l’Egypte, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Tunisie, la
    Cisjordanie et Gaza, et le Yémen.

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