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    L'Edito

    Voie douce

    Par Nadia SALAH| Edition N°:5191 Le 19/01/2018 | Partager
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    A l’époque des tribus, le rêve absolu de Bled siba était de battre une monnaie dissidente. Mohamed ben Abdelkrim El-Khattabi y parvint presque: il fit imprimer une sorte de petit timbre qui rendrait fou n’importe quel collectionneur aujourd’hui.

    Durant les décennies de désordre monétaire, à la fin du XIXe siècle, Moulay Hassan Ier voulut combattre les invasions de monnaies étrangères avec le Hassani. Sans grand succès. Encore de nos jours, certaines grands-mères se servent du rial comme unité de compte. Ce rial espagnol était entré comme d’autres monnaies, au Maroc, bien avant la colonisation.

    Pas étonnant, avec ce passé, que les préventions et précautions autour de la monnaie mettent en jeu des mémoires très sensibles. D’autant plus sensibles quand les maîtres des écoles ou producteurs de culture ne prennent pas tous le temps d’expliquer le particularisme culturel et politique du pays.

    Le Maroc est tout à fait spécial. En effet, nombreux sont les pays qui, comme la Turquie ou en Europe avant l’euro, font tomber leur monnaie pour soutenir leur production nationale et donc leurs emplois: des importations plus chères impliquent de consommer les produits locaux et des exportations plus compétitives peuvent évincer des concurrents.

    La monnaie marocaine abrite de vieilles émotions teintées de sentiments nationalistes. Résultats, trois mini-dévaluations en 40 ans. Mais ce que l’on ne dit pas, c’est que ce choix écrase l’activité nationale et sert de vecteur pour exporter des emplois.

    Rabat a choisi d’aller vers un micro-flottement, avec de petits élargissements, pas à pas. Ce choix n’est pas fréquent, au contraire. Dans les années 1970, les Etats-Unis, l’Europe ou la prudente Suisse avaient préféré le choc du flottement généralisé d’un seul coup. Normalement on ne devrait pas avoir à regretter la voie douce. A condition que l’on sache maintenir le cap à l’abri des jeux politiciens.

     

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