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L'Edito

Violences

Par L'Economiste| Edition N°:3542 Le 01/06/2011 | Partager

Dans quel étrange monde vivons-nous?
Le même jour, lundi soir, deux communiqués officiels sont diffusés.
Le premier vient du président sud-africain, Jacob Zuma: les bombardements de la coalition occidentale sur Tripoli l’empêchent de mener sa mission de médiation. Les coalisés contre Kadhafi ne se sont pas excusés de ces bombardements, qui auraient pu mettre en danger le président sud-africain.
Les Marocains n’ont pas, c’est le moins que l’on puisse dire, d’affection particulière pour le leader libyen, dont le voisinage n’a jamais été facile, même par-delà l’Algérie. Mais bombarder le médiateur est une autre affaire.
Pourtant la condamnation de la violence, ce lundi-là, n’a pas concerné les bombardements, mais des coups de bâtons qu’ont reçus les manifestants casablancais et tangérois.
C’est bien vrai, l’Union européenne a diffusé un communiqué de mise en garde visant… le gouvernement marocain et personne d’autre.
Personne n’ignore que pour être dans le vent, il faut glorifier les manifestations et les grèves… sauf que pour le faire sans danger, il faut être bien à l’abri dans son bureau et ne pas avoir besoin de gagner de quoi faire vivre sa famille.
C’est ce qu’ont dit, le même jour, les victimes des désordres, les familles de malades refoulées par la Santé publique, les parents d’élèves qui n’ont pas les moyens de payer l’école privée et qui voient l’avenir de leurs enfants compromis par les négligences répétées et jamais sanctionnées de l’enseignement public… Même très, très largement majoritaires, ces gens-là n’existent pas pour les communiqués européens. Seuls les contestataires ont droit de cité et de soutien. Leurs pareils qui contestent en Europe, eux aussi, goûtent du bâton, sans que Bruxelles s’en émeuve.
Il y a quelque chose de pathétique dans le vieillissement des civilisations: elles ne savent plus utiliser les valeurs qu’elles ont inventées et qui avaient si bien fait progresser l’Humanité.

 

Nadia SALAH

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