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Par L'Economiste| Edition N°:1745 Le 12/04/2004 | Partager

Le PJD vient de tenir ses assises. Ce moment était attendu pour de multiples raisons, dont deux sont essentielles. La première concerne la conjoncture internationale. Les mouvements islamistes, d'une manière générale, sont dans le collimateur des opinions publiques, car ils sont considérés directement ou indirectement liés à la guerre civile internationale qui vient de se déclencher.La deuxième raison de l'attente est purement intérieure. Ce parti qui se réclame d'une idéologie radicale, pour ne pas dire plus, essaie de montrer patte blanche vis-à-vis du pouvoir; ce qui ne l'empêche pas de le tester régulièrement.Quelques jours avant le congrès, un des principaux responsables du PJD a rendu public un texte dans lequel le rôle de la monarchie marocaine est sérieusement discuté. Cependant, lors du congrès, le parti a préféré botter en touche: il s'est beaucoup plus intéressé aux questions internationales qu'à la politique intérieure: Palestine, Irak et de manière très inattendue, le Cachemire dans la politique du Pakistan. Par rapport à l'importance des enjeux qu'elles contiennent, les questions de politique intérieure furent peu débattues, évitant ainsi au PJD d'avoir à prendre position publiquement. Cette attitude a essentiellement pour but d'endormir les méfiances du régime et, des autres forces politiques.Ceci n'enlève rien à la menace que représente ce parti. Idéologiquement, il demeure incompatible avec le système monarchique marocain et reste hostile à la modernisation du pays. La prudence ne l'a pas empêché de montrer le bout de l'oreille: il a laissé les slogans s'en prendre aux Juifs en tant que tels, de préférence à l'idéologie sioniste ou Israël.Deux tests importants viennent donc d'avoir lieu vis-à-vis du pouvoir: le texte sur la monarchie et les Marocains de confession israélite. C'est dire que tôt ou tard, la confrontation demeure inéluctable. Les islamistes, dont le PJD est la composante policée, préfèrent choisir eux-mêmes le moment qui leur sera le plus favorable.Abdelmounaïm DILAMI

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