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L'Edito

Restructurations

Par L'Economiste| Edition N°:3132 Le 20/10/2009 | Partager

Les échéances du démantèlement se rapprochant à grands pas, certaines filières sont saisies de panique. Celles qui ne sont pas prêtes plaident, qui pour des mesures d’accompagnement, qui pour un nouveau calendrier, qui encore pour du protectionnisme tout court. Tout cela est-il bien raisonnable?Oui il faut traiter la concurrence entre produits locaux et importés lorsque les combats sont inégaux. Il faut lutter contre la sous-facturation, la fraude sur les origines, le dumping… Et sur le plan macroéconomique, le Maroc, confronté à une crise de la balance des paiements, ne manque pas d’arguments pour mener une telle bataille. Mais dans ce chantier, il ne faut en aucun cas que les prix des marchandises se détachent des coûts et déforment la demande. De nombreux marchés au Maroc se sont progressivement ouverts à la concurrence depuis plusieurs années. Même s’il subsiste quelques très rares bastions réglementés, il est au demeurant suicidaire de remettre en question une dynamique pleinement vertueuse. C’est cette même concurrence qui fait que le consommateur a plus de choix, que des entreprises confrontées à la concurrence s’améliorent et, pour certaines d’entre elles, ont appris à jouer dans la cour des grands. Et même ces Chinois, que l’on diabolise à la première occasion, à la force écrasante dans pas mal d’industries, ont réussi quoiqu’on dise à démocratiser pas mal de produits. Les pays scandinaves aux coûts salariaux pourtant élevés n’ont jamais eu peur de la concurrence chinoise. Pourquoi nous?L’Etat dispose de nombreux leviers autres que des secteurs protégés ou des tarifs administrés pour les entreprises en difficulté. Activer, comme il s’est engagé à le faire, les stratégies export, pour dénicher de nouvelles opportunités, produit des ressources humaines dans des tailles critiques. Les réflexes de fermeture sont tentants, mais ils ne sont pas la panacée. Ils ne font que retarder de pénibles mais inévitables restructurations. Mohamed BENABID

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