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L'Edito

Remise en ordre

Par Abashi SHAMAMBA| Edition N°:5412 Le 14/12/2018 | Partager
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Les données sur la cartographie de ceux qui contribuent à l’impôt sur le revenu et le marché des fausses factures que L’Economiste a publiées tout au long de cette semaine, a suscité de très nombreuses réactions de nos lecteurs.

A quelques exceptions près, la tonalité générale est: «Enfin, il était temps». Le sentiment d’inégalité vis-à-vis de l’impôt est en effet très fort, surtout chez les salariés qui croulent sous le poids des dépenses contraintes comme les frais de scolarité de leurs enfants dans le privé, le remboursement des crédits, la solidarité familiale, etc.

Pour eux, l’adhésion à l’impôt c’est du 100% à travers le prélèvement de l’IR à la source. C’est tout le  contraire de certains contribuables soumis au régime déclaratif. Il est choquant qu’un employé qui gagne 8.000 DH nets par mois paie plus d’impôt qu’un médecin spécialiste installé à Casablanca.

Les indicateurs de la Direction générale des impôts ne laissent aucun doute sur l’ampleur de la fraude. Que l’administration des impôts ait décidé de démanteler ce qui est un paradis fiscal de fait pour certaines professions libérales, personne ne peut le lui reprocher.

Ceci dit, cette offensive doit se faire dans le strict respect du droit afin qu’elle atteigne son objectif de rétablissement de l’équité fiscale et qu’elle ne soit pas perçue comme une opération de recherche d’argent à tout prix pour le budget de l’Etat.

Aux prochaines assises de la fiscalité en mai 2019, il va falloir enfin se poser les bonnes questions bien au-delà des tarifs de l’impôt ou des niches fiscales. Comment expliquer en effet que les recettes de la TVA à l’import soient structurellement plus élevées que la TVA à l’intérieur, censée toucher une assiette beaucoup plus large?

Le commerce des fausses factures en est une toute «petite» explication. C’est une remise en ordre de tout le système fiscal assortie de la qualité des services publics attendus par le contribuable qui feront progresser l’adhésion à l’impôt.

 

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