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    Ministre fantôme

    Par Nadia SALAH| Edition N°:5295 Le 18/06/2018 | Partager
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    Ceux qui auraient cru qu’El Othmani avait viré son camarade Aziz Rabbah, ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable, se trompent.

    Il se cache. Il ne se rend pas au Parlement pour discuter du dossier des carburants. Il a été muet et il est encore totalement muet sur la crise du boycott. Il abandonne son chef de gouvernement et le reste de l’équipe à la vindicte de l’opinion, opinion qu’il dit soutenir (sic). Et ainsi de suite…

    Il faut espérer néanmoins que le ministre laissera ses fonctionnaires travailler sur cet impossible dossier de contrôle des prix des carburants. C’est un projet bien plus facile à dire qu’à faire. Surtout quand on a chassé le ministre des Affaires Economiques, celui qui tenait les commandes de la politique des prix. 

    Benkirane avait décidé de supprimer les subventions en même temps que le contrôle des prix. Il aurait pu couper la poire en deux, attendre d’avoir un observatoire sérieux des prix, un conseil de la concurrence efficace... Il ne l’a pas voulu (ne l’a-t-il pas compris ou l’a-t-il fait exprès?). Aujourd’hui,  le mal est fait. La crise politique est là. Il faut s’en occuper. Son successeur, bien mal soutenu par son propre parti politique, a promis de reconstruire un contrôle des prix. 

    De toutes parts, les revendications explosent. Ici, les pompistes indépendants veulent doubler leur marge; là, on veut un accord préalable sur le taux d’évaporation; plus loin, c’est le prix du transport de l’essence, selon la distance et la taille du camion, qui entretient la discorde. Et puis, comment va-t-on compter le coût du stock chez les uns ou chez les autres? On en passe et des meilleures.

    Il aurait été facile de continuer le contrôle. Mais une fois qu’on l’a cassé, impossible de le rafistoler sans créer de nouveaux dégâts. Encore aurait-il fallu avoir assez de compétences économiques et politiques pour le savoir avant de faire des promesses.

     

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