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Par L'Economiste| Edition N°:99 Le 14/10/1993 | Partager

Les campagnes électorales et les thèmes politiques, depuis, se sont peu penchés sur les problèmes du Budget de l'Etat.

Certes, nous ne sommes plus dans les années 70, où le Budget faisait directement la, croissance, l'emploi et le niveau de vie. Mais malheureusement cela ne veut pas encore dire que le Budget est devenu incapable de défaire l'emploi comme la croissance et le niveau de vie.

Il a encore ce pouvoir, et comme toujours il s'agit d'un pouvoir particulièrement insidieux, puisque la facture n'est présentée que quelques années plus tard. Le paysage politique ne présente aucune ligne dominante qui permette de dire avec certitude quelle pourra être la conduite en matière budgétaire.

Néanmoins, il faudra noter qu'il y a dix ans, au moment où le Maroc a dû commencer à payer la facture des désordres des années 70, le programme d'ajustement a été mis en place par des équipes de toutes couleurs politiques. Ces sensibilités auront à coeur de ne pas ruiner dix ans de travail.

Du moins il faut l'espérer. Il faut l'espérer d'autant plus que le gouvernement de M. Karim Lamrani laissera sur l'année 1992 quelques dérapages budgétaires que le projet de Budget pour 1994 tente de rattraper. Mais attention, les données globales, qui ne sont pas dramatiques, cachent un phénomène plus inquiétant: les dérapages se sont produits sur les opérations liées au fonctionnement, pas à l'investissement ou à l'assistance anti-sécheresse. En revanche, les rattrapages se font sur des investissements d'infrastructures, tandis qu'une partie du gouvernement continue de penser qu'il faut vendre les services publics au-dessous de leur prix.

Inutile de souligner ce que ces façons de voir peuvent avoir de dangereux: le déficit électrique n'a pas d'autres origines.

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