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L'Edito

L'éditorial

Par L'Economiste| Edition N°:46 Le 24/09/1992 | Partager

Le Premier Ministre reçoit les partenaires sociaux. Le Mercredi 23 Septembre, c'était le tour du patronat. Etaient conviés les trois Chambres, Agriculture, Artisanat et Commerce-Industrie ainsi que la CGEM. La configuration initiale a donc été élevée d'un cran, puisqu'au départ la démarche était celle de Moulay Zine Zahidi, Ministre du Commerce et l'Industrie et de la Privatisation. Autour du Ministre, on se félicite de l'évolution qui permet aux professionnels de poser leur problème dans un cadre général de politique économique et sociale. Du côté des entreprises, si on accepte de bonne grâce de voir les dossiers prendre du galon, par contre, il est fréquemment rappelé que, par le passé, semblables consultations n'ont donné que des résultats décevants.

Du côté syndical, les journaux des partis politiques sont restés discrets sur le contenu des entretiens et aussi sur les positions de principe des syndicats. L'usage veut que ces attitudes marquent la bonne volonté dans la concertation.

Mais cet usage est-il aujourd'hui efficace? C'est la question.

On fera remarquer que la discrétion permet les ajustements mutuels. C'était vrai par le passé, quand ce qu'il est convenu d'appeler la "société civile" s'intéressait assez peu à la détermination de la politique économique et sociale. Cela l'est moins aujourd'hui et cette société civile se sent soutenue par la volonté unanimement exprimée de développer les débats, d'élargir et de rendre publique la recherche du consensus. Les partenaires économiques et sociaux ont donc à faire évoluer leurs méthodes et à appliquer un principe nouveau. Il s'agit d'accepter sans complexe le fait que dans une négociation, et par définition, on équilibre les pertes et les gains, par rapport aux objectifs idéaux que l'on se fixe. Il s'agit de renoncer donc au flou qui ménage les susceptibilités personnelles, mais malmène le respect que l'on doit à la société civile moderne.

Abdelmounaïm DILAMI

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